Comment appelle-t-on les habitants de la Suisse, et comment bien l’écrire ?

Groupe de personnes souriantes devant les Alpes enneigees

La question paraît anodine, mais elle cache quelques pièges d’orthographe et de vocabulaire. Entre le gentilé national, les appellations cantonales et la différence entre habiter en Suisse et être Suisse, mieux vaut savoir de quoi on parle. Voici les repères utiles.

La réponse : un Suisse, une Suissesse

Les habitants de la Suisse s’appellent les Suisses, comme les habitants de l’Inde, dont on peut comparer les nuances du gentilé indien. Au masculin singulier, on dit un Suisse, au féminin une Suissesse, et au pluriel des Suisses ou des Suissesses. Le gentilé est donc régulier, sans exception à retenir.

Côté orthographe, la majuscule s’impose quand le mot est un nom : « un Suisse a gagné la course ». Elle disparaît quand il devient adjectif : « une montre suisse », « le chocolat suisse », « une citoyenne suisse ». C’est la même règle que pour les Français et les Allemands.

Le féminin « Suissesse » est tout à fait correct et courant, même si certains préfèrent écrire « une femme suisse » ou « une citoyenne suisse ». Dans les deux cas, personne ne vous reprendra.

Habitants, citoyens ou résidents : la nuance à connaître

Le gentilé « Suisse » désigne d’abord une personne qui a la nationalité suisse, pas forcément quelqu’un qui vit dans le pays. Un Suisse installé à Montréal reste un Suisse. À l’inverse, un ressortissant étranger qui habite à Lausanne depuis vingt ans n’est pas Suisse tant qu’il n’a pas obtenu la nationalité.

Pour parler de tous ceux qui vivent dans le pays, on emploie « habitants de la Suisse » ou « résidents en Suisse », une formulation proche de celle qui sert à désigner le nom des habitants de Dubaï. Cette distinction n’a rien de théorique : plus d’un quart de la population résidente est de nationalité étrangère. Dire « les Suisses » pour désigner l’ensemble des habitants est donc un raccourci inexact.

Une personne étrangère devient Suisse par naturalisation, et elle porte alors le même gentilé que les autres. Les binationaux, eux, sont Suisses à part entière, même s’ils possèdent un second passeport. La nationalité suisse a d’ailleurs une particularité : on est citoyen d’une commune, d’un canton et de la Confédération en même temps, car le droit de cité se transmet à ces trois niveaux.

Un Suisse à l’étranger, un étranger en Suisse

Le gentilé suit la nationalité, pas l’adresse. Pour désigner quelqu’un qui vit en Suisse sans passeport suisse, parlez d’un résident étranger ou d’un habitant de la Suisse, jamais d’un Suisse.

Genevois, Vaudois, Zurichois : les gentilés des cantons

Drapeaux cantonaux colores flottant devant une mairie suisse

Les Suisses se définissent souvent par leur canton avant leur pays. La Confédération suisse compte 26 cantons, et chacun a son gentilé, parfois peu intuitif. Voici les plus fréquents.

Canton Gentilé Langue principale
GenèveGenevois, GenevoiseFrançais
VaudVaudois, VaudoiseFrançais
ValaisValaisan, ValaisanneFrançais et allemand
NeuchâtelNeuchâtelois, NeuchâteloiseFrançais
ZurichZurichois, ZurichoiseAllemand
BerneBernois, BernoiseAllemand et français
Bâle-VilleBâlois, BâloiseAllemand
TessinTessinois, TessinoiseItalien
GrisonsGrison, GrisonneAllemand, romanche, italien

On rencontre aussi des termes régionaux. Les Romands sont les Suisses francophones, qui vivent en Suisse romande (Genève, Vaud, Neuchâtel, Jura et une partie du Valais et de Fribourg). Les germanophones relèvent de la Suisse alémanique et sont des Alémaniques, parfois appelés « Suisses allemands ». Quant au mot « Helvète », il désigne à l’origine un peuple celte de l’Antiquité. On le retrouve aujourd’hui dans l’adjectif « helvétique » et dans un usage littéraire ou plaisant.

Comment dit-on « Suisse » dans les autres langues du pays ?

La Suisse a quatre langues nationales, et le gentilé change avec elles. En allemand, un Suisse se dit « Schweizer » et une Suissesse « Schweizerin ». En italien, on dit « svizzero » et « svizzera », avec les pluriels « Svizzeri » et « svizzere ». En romanche, la langue parlée surtout dans les Grisons, on trouve « Svizzer » au masculin et « Svizra » au féminin.

Ces formes servent à comprendre les médias, les documents officiels ou les panneaux que l’on croise en voyageant. Elles montrent aussi que le gentilé français n’est qu’une des façons de dire la même appartenance.

Les erreurs fréquentes à éviter

La première erreur consiste à écrire « suisse » en minuscule quand il s’agit d’un nom de personne. On écrit « les Suisses votent », mais « les villes suisses ». Autre confusion répandue : employer « Suisse » pour tout habitant du pays, alors que le terme renvoie à la nationalité.

On entend aussi « Suisseux » ou « Suissard », qui relèvent de l’humour ou du registre familier, voire péjoratif, et que l’on évite à l’écrit. Enfin, ne confondez pas « Suisse romande » (zone linguistique) et « Romands » (ses habitants francophones) avec le nom du pays tout entier.

En résumé, un Suisse est une personne de nationalité suisse, une Suissesse son équivalent féminin, et chaque canton ajoute son propre gentilé : Genevois, Vaudois, Zurichois, Bernois. Selon le contexte, choisissez le mot qui correspond à ce que vous voulez dire : nationalité, canton, langue ou simple lieu de résidence.