Les habitants de l’Inde s’appellent les Indiens, et leur féminin est Indiennes. Cette réponse tient en un mot, mais elle se heurte vite à des confusions fréquentes entre nationalité, religion et histoire. Voici comment s’y retrouver.
Comment appelle-t-on les habitants de l’Inde ? Les Indiens
Le gentilé officiel est Indiens au pluriel, Indien au singulier masculin, et il devient Indienne ou Indiennes au féminin. Il s’applique à toute personne de nationalité indienne, qu’elle vive à New Delhi, à Lyon ou à Montréal. Un Indien reste Indien quel que soit son lieu de résidence.
Pour l’orthographe, le pays prend une majuscule, et le gentilé aussi lorsqu’il désigne une personne. L’adjectif, en revanche, s’écrit en minuscule : on parle de la cuisine indienne ou du cinéma indien. Cette règle évite la plupart des fautes dans les textes rédigés en français.
Les dictionnaires et la presse retiennent tous ce mot. Pour une autre ville, consultez le gentilé des habitants de Dubaï. Les textes officiels français parlent aussi de la République de l’Inde pour nommer l’État, mais le gentilé reste le même.
Indien ou hindou : ne pas confondre
C’est l’erreur la plus répandue. Beaucoup de personnes utilisent hindou pour parler d’un habitant de l’Inde, alors que le mot renvoie à une appartenance religieuse. L’hindouisme est la religion majoritaire du pays, mais il ne conditionne pas la nationalité.
Un Indien peut donc être hindou, musulman, sikh, chrétien, jaïn ou bouddhiste, puisque l’Inde compte une grande diversité de croyances. À l’inverse, un hindou né à Maurice, au Népal ou au Canada n’est pas forcément Indien. Le mot renseigne sur la religion, jamais sur la nationalité.
Nationalité, religion, origine : trois notions distinctes
Indien renvoie à la nationalité ou à l’origine. Hindou renvoie à la religion. Le préfixe indo- évoque l’Inde dans des termes savants, comme indo-européen ou indianiste.
Attention à la confusion avec les Amérindiens

C’est le second piège, et sans doute le plus tenace. Les Amérindiens sont les populations autochtones du continent américain, et leur nom n’a rien à voir avec l’Inde. La confusion remonte à la fin du XVe siècle, quand Christophe Colomb, convaincu d’avoir atteint les Indes, appela « Indiens » les peuples rencontrés. Le mot est resté, alors que l’erreur géographique a depuis été corrigée.
En France, Indiens employé seul renvoie presque toujours aux habitants de l’Inde. Pour parler des peuples du continent américain, on dit Amérindiens ou Indiens d’Amérique, et l’expression reste claire dès qu’on précise le lieu.
Au Québec et au Canada, la situation est plus délicate. Le mot Indien a longtemps désigné les peuples autochtones, et il figure encore dans la Loi sur les Indiens, texte fédéral. Dans le langage courant et les médias, on préfère aujourd’hui Premières Nations, Inuits ou Métis, qui désignent des peuples distincts. Un texte québécois qui écrit seulement les Indiens sera donc compris comme renvoyant aux Autochtones, et non aux habitants de l’Inde. Pour ces derniers, mieux vaut écrire les Indiens de l’Inde.
D’où vient le mot « Inde » ?
Le nom Inde vient du latin India, lui-même emprunté au grec Indós. Ces formes remontent au vieux perse Hindu, qui désignait la région située au-delà du fleuve Indus, aujourd’hui en grande partie au Pakistan. Le fleuve porte en sanskrit le nom de Sindhu, qui signifie « fleuve » ou « étendue d’eau ». Le s du sanskrit est devenu h en perse, puis le h a disparu en grec, d’où le i de l’Inde.
Le pluriel Indes a longtemps désigné un ensemble bien plus vaste. Les Indes orientales couvraient une grande partie de l’Asie, tandis que les Indes occidentales désignaient les Antilles et l’Amérique. Aujourd’hui, le singulier l’Inde désigne le pays, alors que le pluriel ne survit que dans des expressions anciennes comme la Compagnie des Indes. Le gentilé, lui, n’a pas changé : Indiens.
Pour répondre sans hésiter, retenez que les habitants de l’Inde sont les Indiens. Hindou renvoie à la religion, Amérindiens aux peuples du continent américain, et le contexte permet presque toujours de lever le doute.