Le secteur du photovoltaïque a le vent en poupe. Au salon Conforexpo, qui a refermé ses portes ce week end, les stands des professionnels ont drainé un public nombreux venu s’informer. S’informer justement, est plus que jamais conseillé avant de se lancer dans un investissement de plusieurs milliers d’euros qui peut cacher des désillusions. « On a de plus en plus de retours de particuliers qui ont eu une mauvaise expérience avec des professionnels du secteur, avertit Stéphane Bernhard, spécialiste des questions d’environnement à l’association CLCV (Confédération de la Consommation, du Logement et du Cadre de Vie), une des plus importantes associations nationales de consommateurs et d’usagers. Sur le créneau du développement durable, beaucoup de professionnels démarchent les particuliers qui se laissent trop facilement convaincre par les avantages présumés. Les plaintes que nous recevons concernent les malfaçons dans la pose, avec notamment les problèmes d’infiltration, et d’autre part les techniques de ventes de ces professionnels. Ceux-ci mettent en avant le crédit d’impôt et le rachat de l’électricité par EDF. Mais le crédit d’impôt est soumis à conditions, et le retour sur investissement n’est possible que sur le long terme... quand il est possible ! »
Faire plusieurs devis
« Nous devons expliquer les avantages et inconvénients du système. On incite les gens à faire un maximum de devis, à comparer les prix », explique Sylvain Krummenacher,

- Sylvain Krummenacher technicien ADEME
- Photo Bordeaux Actu - bernard Lamarque
de l’Ademe Aquitaine. Les équipements photovoltaïques doivent répondre désormais à des normes QUALIT-ENR (qualité énergies nouvelles renouvelables), définies par l’association du même nom, qui a instauré une charte qualité : qualité bois, qualité solaire (solaire thermique), qualité PAC (pompe à chaleur), qualité PV (photovoltaïque). Qualité Énergies a aussi mis en ligne sur son site Internet la liste des artisans qualité PV. L’Ademe a quant à elle ouvert cette année des espaces info-énergies qui dispensent au public des conseils objectifs sur la technologie. L’acheteur doit avant tout vérifier la norme du matériel acheté. Les produits doivent être certifiés EN 61215 ou NF EN 61646. « Il faut impérativement comparer les fournisseurs et vérifier les normes, insiste Sylvain Krummenacher. Il doit aussi exister une garantie pour l’onduleur, qui transforme l’énergie solaire en énergie électrique. Avant toute installation, vérifier qu’elle respecte la réglementation de la commune en matière d’urbanisme. Il faut aussi penser à compléter l’assurance responsabilité civile qui vous couvre en cas de problèmes électriques ». Il peut en effet arriver que la dégradation d’un module génère un incendie.
Attention aussi aux contrats signés dans les foires ou les salons : il n’existe pas de délai de rétractation dans ce cas. Bien se renseigner aussi sur l’entreprise qui fera les travaux. « C’est un secteur en plein essor et certains professionnels ne sont pas assez sérieux », avertit Stéphane Bernhard. « Il faut faire très attention à l’étanchéité, insiste un commercial d’Habitat Solaire, distributeur d’installations photovoltaïques basé dans l’agglomération bordelaise. Le plus gros risque d’infiltration se situe entre le panneau et la tuile, au niveau des chenaux ; c’est le même problème que pour les Velux. Le mieux est d’exiger que la pose soit faite en zinc sur mesure. L’autre point faible, c’est la connectique, qui perd 0,8% d’efficacité en moyenne chaque année ».

- capteurs photovoltaïque
- Photo Bordeaux Actu - bernard Lamarque
S’assurer que l’entreprise assure un suivi longue durée de l’installation, avec garantie d’intervention rapide.
Évaluer la rentabilité du projet
Mais la première question à se poser est celle de la rentabilité de l’installation et avant tout de la quantité d’électricité qui sera produite par le système. Une rentabilité d’abord fonction de l’indice de luminosité. L’Ademe a mis en ligne une carte de France de l’ensoleillement. Mais celle-ci est relative. Il faut prendre aussi en compte l’inclinaison du panneau, donc de la toiture. « il faut dans l’idéal une inclinaison du toit à 45° de pente (80%) et orienté sud pour que le photovoltaïque fonctionne à 100% de ses capacités, poursuit le commercial d’Habitat Solaire. C’est le top en montagne. À Bordeaux, l’inclinaison n’est que de 18-20° (33%). Mais ça fonctionne quand même. Détail important : vérifier qu’il n’y a pas de résidence ou de forêt qui vous fasse de l’ombre ! » « Il est impératif de prendre le temps de la réflexion, insiste Stéphane Bernhard. Les commerciaux sont très habiles, il faut se documenter avant de signer quoi que ce soit ! »
