260 exposants contre 240 l’année dernière, au moins 20.000 visiteurs attendus : le 11ème Salon des Vins organisé à Bordeaux par les vignerons indépendants est l’un des plus jeunes de ce type mais il est rapidement devenu le 7ème, en nombre de visiteurs, de France. « La progression est forte, il y a l’image du vigneron indépendant, le logo, l’authenticité : les gens ont compris le message », résume Jean-Luc Dartiguenave, propriétaire du château Les Tuileries, Cru Bourgeois de Saint-Izan-de-Médoc, et président de la fédération des Vignerons Indépendants de la Gironde.

- Jean-Luc Dartiguenave Président de la Fédération de Vignerons indépendants de la Gironde
- Photo Bordeaux Actu - Mireille Rajoely
Un lieu incontournable
Il y a 25 ans, les organisateurs des salons et foires aux vins étaient perçus comme des précurseurs. Aujourd’hui un salon est un lieu incontournable pour le viticulteur dit « indépendant », qui commercialise seul sa récolte. Ainsi à Bordeaux, sur trois jours, c’est au minimum 100.000 bouteilles qui sont vendues. Chaque exposant dispose d’un stand achalandé de 600 bouteilles, sans compter ce qui reste dans les camions ! « Le salon, c’est le lieu idéal pour la prise de contact, la création d’un carnet de clients », avoue Jean-Luc Dartiguenave. « Pour se faire connaître c’est indispensable », reconnaissent Denis et Alexandra Blondeau, viticulteurs en Bourgogne, propriétaire de 7,5 hectares de vignes entre Saint-Aubin et Mersault. Cela fait 10 ans que le couple fait le salon de Bordeaux : « Il y a des Bordelais qui ne crachent pas sur le Bourgogne ! Nos clients, on les voit surtout sur les salons ».
« Les salons, c’est capital, c’est la rencontre du vigneron avec quelqu’un qui vient découvrir le vin », renchérit Dominique Ortal,
propriétaire avec son mari Claude de 220 hectares de vignes du côté de Perpignan. Un de ses vins, Clos Saint-Georges, constitué à 80% de syrah et à 20% de grenache noir, a été remarqué à la fois par les guides Hachette et Gilbert & Gaillard. Les salons, c’est l’endroit pour parler de ses vins, les faire connaître et fidéliser le client. « Je les fais tous, poursuit Dominique, y compris à l’étranger : Dusseldorf en Allemagne, Londres... » Et l’incontournable Vinisud de Montpellier. « Nos salons rassemblent 450.000 visiteurs » relève Jean-Luc Dartiguenave.
Fonds de caisse
Un salon des vins de l’importance de celui de Bordeaux est donc devenu un incontournable pour des vignerons frappés durement par la crise. « Il y a eu la crise structurelle de la viticulture, qui n’est pas effacée. Et maintenant la crise financière mondiale. Tous les viticulteurs la subissent, reconnaît Jean-Luc Dartiguenave. Les marchés à l’export ont reculé de 30% au moins. L’intérêt des salons, c’est de constituer pour le viticulteur un fond de caisse qu’il va pouvoir faire fructifier s’il le travaille bien ». Ce qui n’est pas évident car le vigneron doit maîtriser les techniques de vente, l’expédition des caisses, la fidélisation du client... « Un salon ça se prépare longtemps avant. Pendant, il faut savoir jauger le client, le démarcher, le fidéliser ».
Le syndicat des Vignerons Indépendants organise donc de nombreuses séances de formation pour ses adhérents, y compris pour la partie administrative, de plus en plus complexe. Et, de plus en plus, sur la démarche environnementale qui devient un peu la « marque de fabrique » des vignerons indépendants. Signe des temps, la grande distribution cherche de plus en plus à se rapprocher de ces derniers : le logo « Vigneron Indépendant » est devenu vendeur.















