« Le recul des crédits à la consommation est historique, moins 15% en 2009, après une baisse de 2% en 2008 : c’est la première fois que nous observons deux années successives de baisse malgré des taux historiquement faibles ». S’il fallait une preuve supplémentaire de la profondeur de la crise économique qui frappe le pays, Flavien Neuvy, responsable de l’Observatoire Cetelem, nous la fournit sur un plateau. Le numéro un européen du crédit à la consommation, filiale de BNP-Paribas,
concède par ailleurs refuser actuellement 30% des demandes de crédits que ses clients lui soumettent : « le chômage fragilise les situations », admet Flavien Neuvy.
Moral dans les chaussettes
Dans ce contexte, il n’est guère surprenant que le moral des ménages se situe lui-aussi à un niveau historiquement faible depuis 10 ans, comme le relève Cetelem dans son enquête annuelle menée auprès de 7900 ménages dans 12 pays d’Europe. Et déclinée dans 8 régions métropolitaines : Nord-Pas-de-Calais, Auvergne, Alsace, PACA, ÃŽle-de-France, Rhône-Alpes, Aquitaine et Bretagne. Cette étude publiée aujourd’hui indique un indice de confiance en l’avenir en légère hausse par rapport à 2009 (4, 4 contre 4,1). Mais très bas donc. Sans compter que le sondage a été mené en octobre et novembre dernier, soit avant les dernières publications, moribondes, des chiffres de l’emploi.
Les vrais enseignements de l’étude se trouvent ailleurs : dans l’analyse des comportements d’achats. Il semble en effet que la crise économique qui sévit depuis deux ans influe sur ces derniers, ce que confirme une des données publiées par Cetelem : à la question « Pensez-vous que la crise actuelle va durablement affecter votre façon de consommer », les sondés répondent oui à plus de 70% en moyenne. Contre 56% pour les Britanniques. Les Aquitains ne se démarquent pas de leurs voisins des 7 autres régions testées : ils répondent oui à 69%.
Point commun à tous : les Français, déjà champions de l’épargne (17% du revenu disponible brut est épargné) entendent continuer à remplir leur bas de laine : « les intentions d’épargne restent très élevées, à 30% » relève Flavien Neuvy.
Conscience environnementale
Fait nouveau : les consommateurs sondés estiment à 69% que le coût écologique du produit influence désormais leur comportement d’achat ! Et sur ce point les Aquitains décrochent la palme de la prise de conscience environnementale (69% citent le coût écologique comme critère important, contre 65% pour la moyenne nationale). Et ils sont 60% (premier au classement) à avouer acheter « de temps en temps » un produit « socialement responsable ».

- Signe de l’engouement des consommateurs, les grandes surfaces multiplient les rayons réservés au bio
- Photo Bordeaux Actu - Stéphane Moreale
On s’en doute, le prix et la qualité demeurent les deux premiers critères. Mais, et c’est le deuxième fait nouveau : ces deux critères ne vont pas forcément de pair avec l’achat d’un produit neuf. Le marché de l’occasion se développe non plus seulement pour les voitures mais de plus en plus pour les produits culturels, les jouets, les meubles ou encore l’habillement. Les braderies, vides-greniers et l’achat-vente sur Internet remportent un succès croissant. Avec la crise le consommateur devient malin ! « Mais cela ne constitue pas un frein à l’économie, insiste Flavien Neuvy. Au contraire cela fluidifie le marché : le consommateur vend de l’occasion et achète du neuf avec l’argent qu’il retire de sa vente ». Et cela évite de passer par des intermédiaires. Dans l’immobilier, les agences estiment qu’une transaction sur deux se fait de particulier à particulier, via Internet !
















