La circulaire d’application du décret du 23 décembre 2009 qui précisait l’horaire de fermeture des débits de boissons « ayant pour activité principale l’exploitation d’une piste de danse » a été signée vendredi dernier et vient d’être publiée. Désormais, la règle est la même pour tout le monde : les boites de nuit fermeront leurs portes à 7h du matin. Et elles devront ranger les bouteilles une heure ½ plus tôt, soit 5h30. Règle qui s’applique donc aussi aux boîtes de nuits girondines.
Satisfaction
Du côtés de celles-ci, c’est la satisfaction. « Je trouve ça formidable, lance Soma Riba, gérant du Méga Macumba de Mérignac. Ça va mieux se passer le samedi et en fin de semaine : les gens auront le temps de partir, de manger un morceau. Ça va nous faciliter la vie, fluidifier les départs et réduire les risques. Les gens pourront finir leur verre tranquillement plutôt que de se presser de boire avant de repartir ». Le Méga Macumba fait partie des discothèques girondines qui ont signé avec la préfecture de Gironde une charte fixant l’arrêt de la vente d’alcool dès 4h. Une charte pour se conformer à l’arrêté dit « 2-7-6 » pris par le préfet Dominique Schmitt le lendemain de la signature du décret du 23 décembre 2009. Celui-ci s’alignait sur le décret pour l’horaire de fermeture mais maintenait l’interdiction de vendre de l’alcool dès 4h. Un arrêté vivement dénoncé par la profession.
C’est pourquoi dès l’annonce lundi de la publication de la circulaire, plusieurs patrons de boites de nuit bordelaises ont engagé une procédure pour faire annuler devant le tribunal administratif de Bordeaux l’arrêté préfectoral. Un avocat bordelais, Me Brigitte Gaillard, a été mandaté. « En arrêtant de vendre de l’alcool dès 4h, on perd une heure et demi de chiffre d’affaires », dénonce l’un des plaignants, Eric Pirez, gérant du Lusi Klub. Du côté du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL), qui regroupe 80% des gérants de discothèques, on a réagit sitôt la circulaire publiée : « j’ai envoyé il y a 48h une lettre au préfet lui demandant d’annuler son arrêté, déclare cet après-midi le président du SNDLL, Patrick Malvaes, patron de la discothèque La Guérinière, à Gujan-Mestras.
Arrêté caduc
Lequel a aussi engagé un recours « qui sera déposé aujourd’hui ou demain » contre l’arrêté. « La fermeture à 7h avec interdiction de vendre de l’alcool à 5h30 est de droit commun, analyse Patrick Malvaes, pour lequel l’arrêté préfectoral outrepasse le pouvoir de police du préfet. « Mais je suis confiant : le préfet est légaliste, il va revenir sur son arrêté ». Bien vu : contacté ce jeudi en fin d’après-midi, la préfecture a annoncé que celui-ci a vécu, comme la charte

- L’arrêté « 2-7-6 » a vécu. Un nouvel arrêté doit normalement être publié
- Photo Bordeaux Actu - Stéphane Moreale
qui en découle.
Le SNDLL s’est battu très en amont du décret du 29 décembre, pour obtenir une harmonisation de la législation. « Dès avril 2009 on avait présenté une proposition de loi en ce sens », confie le président du syndicat. Proposition une première fois retirée par le gouvernement Fillon, qui finalement a rejoint le point de vue des patrons de discothèques. Le directeur de cabinet du premier ministre aurait sur ce plan joué un rôle essentiel. Patrick Malvaes, qui affirme avoir aussi converti l’adjointe au maire de Bordeaux Véronique Fayet à ses arguments lors du dernier Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, reconnaît cependant que tous les problèmes ne sont pas réglés avec la publication de la circulaire. Et notamment celui de la vente d’alcool et de la violence à la sortie des boites. « Peut-être faudrait-il s’inspirer de ce qui se passe aux États-Unis. Là -bas les voitures de police stationnent sur place. Et ils ont adopté un système de bracelet pour les mineurs : tous les mineurs en portent un dans la boite, après présentation obligatoire de leur carte d’identité. Ceux qui portent un bracelet n’ont pas droit à l’alcool ». Le président du syndicat en appelle cependant à la responsabilité de ses adhérents : « il faut être intelligent. Vendre une bouteille à 5h15 est irresponsable. Il faudrait même arrêter de vendre de l’alcool dès 5h. Je serai intraitable avec un patron qui respectera pas le décret. »















