15 hectares du chateau Haut Selve à Saint Selve, 20 hectares de Grand Bos à Castres-Gironde, quelques dizaines d’hectares du chateau Méjean à Ayguemorte-les-Graves... Voilà des exemples de conséquences sur les
paysages viticoles du choix de fuseau qui serait fait par RFF aux environs de ces communes.
Etat des lieux
8 à 10 propriétaires touchés sur environ 15 kms dans l’axe Nord-Sud pour environ 100 ha sur 3 800 plantés aujourd’hui, sachant que l’emprise de la voie de chemin de fer de la LGV est de 300 m de part et d’autre, voilà ce que serait l’ampleur des dégâts. Et ce malgré les tentatives de proposition de solutions partielles proposées par le syndicat, comme en témoigne le Secrétaire général Dominique Guignard : " le fuseau Ouest a été refusé car il traverserait alors le Parc naturel de Gascogne ". Outre les futurs problèmes hydrauliques, micro-climatiques, oenotouristiques et de paysages saccagés, ceux-ci se rajouteront à des zones récemment miraculeusement déclarées " boisées protégées " par des élus locaux. Si
des zones artisanales seront facilement déplacées, les indemnisations des exploitants viticoles en suffiront peut-être pas. Mais il s’agit aussi d’une partie de l’histoire du vin de Bordeaux qui serait grignoté... Laurent Fidèle, Délégué territorial U.T. Sud-Ouest de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) rappelle que rien n’est totalement décidé : " Nous en sommes à la phase préalable à l’enquête publique ".
Pot de fer contre pot de terre ?
Les enjeux de la LGV semblent faire de cette situation " pot de fer contre pot de terre ". Mais la situation sur place est encore floue, tellement certains élus locaux ont été assurés de la sauvegarde de leur commune de façons contradictoire parfois, voire abondent carrément dans le sens des choix de RFF. " Mais il faudrait quand même savoir si les collectivités considèrent si, oui ou non, la viticulture est une ressource économique pour la région ! " dénonce avec force Roland Feredj, Directeur général du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB). Le directeur du syndicat Jean-Louis Vivière rappelle des conditions de concertation pas toujours bien respectées : " Nous avons toujours

- Les propriétaires concernés et des représentants du syndicat des Graves, solidaires de leurs confrères voisins
- photo Bordeaux Actu - Stéphan Foltier
participé aux réunions de concertation, et les projets de fuseaux ont été modifiés sans que nous ayons été concertés. en fait, les décisions se sont prises entre juin et septembre ". Tout en pointant du doigt un semblant de vice de forme, même s’il n’y a pas de situation de litige juridique quelconque qui justifie un " grief ", pour le moment : " La population a été très peu informée <...> Même un membre de l’administration participant au processus avait été très surpris par la situation ! "
Le syndicat des Graves compte maintenant sur des tracés légèrement modifiés pour sauver quelques dizaines d’hectares. Mais sans entériner ce projet : attendant quand même la décision de lundi, ils envisagent d’intervenir auprès d’autres élus départementaux ou parlementaires, et auprès des candidats aux élections régionales de mars 2010. Et que répondront les Verts ?


















