Aujourd’hui, le Conseil des Vins de Saint-Emilion a décidé de valoriser et de protéger ce capital. En effet, l’orientation actuelle vers une agriculture durable et respectueuse de l’environnement conduit à la mise en place de projets de territoires axés sur la problématique environnementale.

- Marteen Van-Helden de l’INRA donne des explications entouré par Xavier David Beaulieu du château Coutet à sa gauche et Philippe Bardet à sa droite de la Commission Technique du Conseil des vins de Saint Emilions
- Photo Bordeaux Actu - Bernard Lamarque
Une réflexion sur l’aménagement du paysage viticole et l’amélioration de la biodiversité fonctionnelle a donc été initiée par Le Conseil des Vins de Saint-Emilion, en collaboration avec les maires des communes des appellations Saint-Emilion, Saint-Emilion Grand Cru, Lussac Saint-Emilion et Puisseguin Saint-Emilion, les administrations, l’E.N.I.T.A.B, les Organismes de Recherche et tous les acteurs locaux.
Ensemble, ils mettent en place un projet collectif innovant et ambitieux sur le thème de la préservation et l’amélioration du paysage et de la biodiversité fonctionnelle dans le vignoble et de la gestion viticole qui en découle. Il s’agit d’une démarche novatrice puisqu’elle concerne un large territoire et a pour volonté d’impliquer tous les acteurs. Le territoire concerné regroupe les AOC Saint-Emilion, Saint-Emilion Grand Cru, Lussac Saint-Emilion et Puisseguin Saint-Emilion, soit 11 730 ha dont 7 630 ha de vignes.
Après la folie meurtrière du tout mécanique des années 1970 ou l’on est passé de la polyculture à la monoculture de la vigne et l’utilisation de produits chimiques toxiques non seulement pour les agents pathogène de la vigne, mais aussi pour les sols et donc pour l’homme on revient aujourd’hui à des comportements moins dévastateurs.

- Guillame Gérard de la DRAFF,Maxime Silvestrini et Philippe Bardet à Saint-Christophe des Bardes
- Photo Bordeaux Actu - Bernard Lamarque
On s’est aperçu qu’il y avait un rapport direct entre la biodiversité et l’indication de la présence de ravageur de la vigne. Ces observations ont eu lieu dans le cadre d’études sur la flavescence dorée maladie de quarantaine pouvant entrainer la perte d’un vignoble entier, suite à sa recrudescence en 1997, 1998 et 1999. La philosophie est de transformer les interstices (parties non-cultivés en vigne : habitat, dépendance, prés, pelouses, chemins, bosquets d’arbres) en zones écologiques réservoirs. On retrouve sur certaines parcelles dans Saint-Emilion, celles qui sont restées avec des façons culturales traditionnelles des pousses spontanées de tulipes romaines, de glaïeuls qui sont arrivés avec la colonisation romaine. Depuis que l’on est revenu à l’enherbement les rapaces ont fait leur réapparition, la faune se reconstitue, mais pour la flore ce qui est perdu, est perdu, on peut citer en exemple le poireau de vigne (baragane) qui ne reviendra pas là ou il a disparu.
Pour aider à cette remise en état écologique du vignoble, l’association Arbre et Paysage en Gironde intervient pour mettre en place des haies dans des endroits choisis en accord avec les propriétaires qui sont demandeurs.
On a rapidement détruit tous ce que les "anciens" avaient mis en place après des siècles d’observation patiente et raisonnée. Malgré tout, certaines propriétés ont su résister au pratique culturales mutilantes : labours profonds, emploi de désherbants. Et comme l’indique Philippe Bardet : " Il existe au château Figeac un concentré de tout ce qu’il faut faire à Saint-Emilion " soit pour 135 hectares de propriété seulement 40 hectares de vigne. L’appât du gain a créé des paysages lunaires comme on en trouve dans le Médoc et à Pomerol et Jean-François Quenin souligne que l’appellation est comptable de son inscription au Patrimoine Mondial de l’Unesco car c’est tout un territoire qui a été classé.
Le château Cheval Blanc et son directeur Pierre Lurton s’associent d’ailleurs particulièrement à cette démarche, car il en comprend tout le sens et l’intérêt et que les plus grands noms doivent être les locomotives de cette restructuration écologique des paysages.

















