Après le bilan carbone de la filière en 2008 et le Plan Climat « Vins de Bordeaux 2020 » adopté en 2009, le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) poursuit ses efforts pour convertir les acteurs de la filière viticole, en premier lieu les producteurs, au respect de l’environnement. Comment réduire la consommation de produits phytosanitaires ? D’eau ? D’énergie ? Dans la viticulture, la notion de développement durable reste encore en friche même si des progrès significatifs ont été réalisé notamment dans l’usage de produits phytosanitaires. Certains châteaux du vignoble bordelais sont même des pionniers du développement durable, tels Larose Trintaudon, cru bourgeois du Haut-Médoc. Mais la complexité des réglementations et leur instabilité, le déficit de formation et d’information ont de quoi décourager les plus volontaires.
Pratiques respectueuses
C’est pourquoi le CIVB va lancer cette année une opération pilote avec une vingtaine de propriétés du vignoble. L’opération vise à obtenir la certification environnementale de la norme internationale ISO 14001 via la mise en oeuvre d’un « système de management environnemental » (SME). Cette norme définit des pratiques respectueuses de l’environnement mais encore peu appliquées en viticulture. Pour présenter cette opération et ce fameux SME aux viticulteurs du Bordelais, le CIVB avait convié vendredi au Palais des Congrès des spécialistes des questions environnementales et des pionniers qui appliquent sur leurs propriétés une gestion respectueuse de l’environnement. Histoire de prouver qu’il est non seulement possible mais aussi inévitable de se mettre à la « viticulture verte ».

- Le management environnemental doit devenir la norme dans la viticulture, estime le CIVB
- Photo Bordeaux Actu - Stéphane Moreale
Les 300 participants à cette journée pédagogique ont pu écouter Brice Amouroux, de Larose Trintaudon, exposer l’expérience menée depuis plusieurs années dans ce château du Haut-Médoc. « Nous avons limité la consommation d’eau par le repérage des fuites. Nous réalisons régulièrement des tests pour simuler par exemple une fuite dans une cuve de produits phytosanitaires. Cela nous permet de former notre personnel aux bons gestes ». Brice Amouroux conclut : « on ne doit pas seulement travailler la qualité de nos vins mais aussi leur image ! ».
Une image qui passe par la conversion de toute la chaîne aux bons principes : « nous demandons à nos prestataires extérieurs d’appliquer nos pratiques. C’est pour eux la condition pour continuer avec nous ». « Nous trions 100% de nos déchets, assure de son côté Alain Sixtre, directeur de du lycée agro-viticole de Blanquefort et viticulteur au château Dillon, dans le Haut-Médoc. Nous avons construit une station de traitement de nos effluents ». Pour Alain Sixtre, « notre devoir de formateur est d’inculquer ce respect de l’environnement à nos étudiants et nos personnels ».
Former le management

- Pour l’instant la question du repérage des vins "ISO 14001" est laissée de côté
- Photo Bordeaux Actu - Stéphane Moreale
C’est pourquoi Château Dillon a fait réaliser un audit externe de son management : « on ne parle pas assez de l’importance de celui-ci pour mener à bien ce qu’il faut appeler un changement culturel total ». Ceci implique une formation et une implication de tout le personnel ainsi qu’un diagnostic et une veille réglementaire difficiles à mener seul. C’est pourquoi le CIVB va mettre à disposition des viticulteurs des outils : « un financement de la recherche, une aide à l’expérimentation, précise Laurent Chartier, chargé d’études au CIVB. Une mise en commun de l’information, une veille réglementaire, une assistance individuelle, des audits croisés et de la formation doivent inciter les propriétés à s’engager sur la voie d’une gestion précautionneuse de la terre ». Le CIVB est en contact avec l’Ademe et la région Aquitaine pour obtenir un partenariat financier.

















