Propriétaire de 18 hectares de vignes, composées de cépages blanc et proposant une gamme de plusieurs vins dont le château Busqueyron, Jean-Marc Maugey ne s’est jamais imaginé un seul instant en arriver là (lire la vidéo en cliquant ici) : déclasser un
millésime 2006 en vin de table afin de prouver son aptitude à la consommation, et bien plus encore : de prouver scientifiquement que les motifs de refus de l’appellation Bordeaux étaient erronés.
Liberté contre infamie. En 2006 donc, Jean-Marc Maugey se voit refuser l’appellation Bordeaux en 1er et 2ème passage en Commission décernant l’agrément, puis en Commission régionale, pour des raisons de « goût de moisi ». Il le fait alors analyser par le laboratoire Excel de Mérignac agréé COFRAC. Résultat : aucune maladie n’est décelée, mais son millésime 2006 est quand même déclassé en 2008. Il décide alors de l’appeler « Mycelium », ce qui lui vaudra des critiques acérées sur la relation entre le goût atypique du vin et ce nom qui prête à confusion, le mycelium étant un
champignon inoffensif pour la santé. Malgré cette situation périlleuse, Jean-Marc Maugey ne reculera pas devant l’infamie qui lui est alors portée, les décrédibilisant, lui, ses méthodes et son vin. Farouche défenseur des principes et droits fondamentaux, Jean-Marc Maugey décide alors de créer le Vin de la Liberté en appellation Vin de Table.
Agrément : objectivité relative ? Même s’il déclasse son vin et qu’il est toujours ajournée par l’INAO, non seulement il le vend malgré tout ces déboires, mais démontre combien il est bon et exempt de tout problème de qualité en faisant une dégustation commentée en direct devant nous. Et la morale de cette malheureuse histoire vient tout naturellement : aucune contre-expertise n’est possible en Commissions d’agrément, les dégustateurs officiels étant les seuls juges... Autant dire que l’objectivité est quand même assez relative. Autre idée pour s’en sortir : Jean-Marc Maugey propose d’être locataire de ses vignes contre une partie proportionnelle de sa production : de la confiance qu’on lui donne pour qu’il continue et que le « locataire » profite, moyennant juste quelques euros !
95 % de 4 hectares détruits par la grêle. Et comme un malheur n’arrive pas
sans un autre, même si le dernier n’est pas un cas isolé, Jean-Marc Maugey a subi des dégâts dûs à la grêle de ce printemps, lors de la véraison, au moment où les raisons ont commencé à trouver leur couleur : une fois de plus, il a décidé de faire face à son destin et ces nouveaux démons en retaillant la vigne en plein hiver. « Tout a repoussé, mais avec une productivité moindre » s’exclame t-il.
Alors, à quand la liberté de bénéficier d’une « contre-visite » réalisée par des dégustateurs indépendants ? Et surtout, pourquoi ne pas prendre en compte ses résultats s’ils sont réalisés dans des conditions légales ? La récente réforme de l’agrément n’a apparemment pas abordé ce « détail », mais a quand même décidé de changer de nom... Pas d’organisation.
Jean-Marc Maugey Château Busqueyron - Vin de la Liberté 16 route du lavoir 33750 Saint-Germain du Puch Tél. : 06 15 18 46 95



















