La passion peut parfois amener à l’expérimentation, voire à l’exploit. C’est peut-être ce qui pourrait arriver prochainement à Franck Labeyrie.
La science s’emmêle. Après avoir écouté les explications de Nicolas

- Une bouteille de blanc ayant séjournée au fond du Bassin d’Arcachon
- PHOTO BORDEAUX ACTU - BERNARD LAMARQUE
Labarthe quant à la technique d’immersion des huitres pour leur élevage sur l’île aux oiseaux et le banc d’Arguin, le viticulteur d’Haux s’est dit " pourquoi pas du vin ? ", et tant qu’à faire dans le bassin d’Arcachon avec l’aide de l’ostréiculteur. Il trouve même un scientifique du vin, Jean-Christophe Simon de la faculté d’oenologie de Toulouse, qui décide de l’aider à analyser cette expérience et d’en tirer des conclusions. Conclusions scientifiques qui serviront à prouver de l’efficacité de la rapidité de maturité du vin ainsi élevé, ou l’aveu de son inefficacité. La crainte de Franck Labeyrie résidait dans la capacité du bouchon à tenir face aux pressions en eaux profondes. A la première remontée pour tester, la surprise est totale : les bouteilles sont comme " décorées " par des coquillages qui sont accrochés au verre. C’était début 2008.
Peur de perte d’intérêts. Mais voilà : après un article dans Sud Ouest quelques jours après cette immersion, des habitants et défenseurs du bassin d’Arcachon manifestent, craignant apparemment pour une éventuelle invasion des fonds du bassin par les bouteilles de vin. Le préfet de l’époque Francis Idrac écrit à Nicolas Labarthe une lettre l’invitant à stopper cette expérience, qui sonne même " comme un injonction " selon Franck Labeyrie. L’ostréiculteur prend peur mais Franck Labarthe arrive à le raisonner en convainquant les Affaires Maritimes de lui obtenir une "
AOT " (autorisation d’occupation temporaire). Le viticulteur-expérimentateur explique pourtant, à l’entendre, qu’il s’agissait juste " d’une idée amusante " et qu’il " n’avait rien derrière la tête au départ ". Et avoue, bien volontiers, qu’il ne prétend rien inventer : les populations antiques immergeaient déjà le vin pour le conserver, et Henri Maire a déjà réalisé des expériences à ce sujet, avec des constats positifs de ce dernier. Et il ajoute que son idée est devenue surtout une ambition marketing avec l’aide de son ami Laurent Morin, le patron des productions

- Château du Coureau 2005 utilisé par Mika pour réaliser la caricature de Franck
- PHOTO BORDEAUX ACTU - BERNARD LAMARQUE
de Pirates Aventures. Et que s’il pouvait aller plus loin, c’est de ne plus utiliser de souffre car l’eau contient très peu d’oxygène, est à température constante, profite de très peu de luminosité et exerce différentes pressions...
Tests de dégustations avant et pendant Vinexpo. Première étape imminente : le double test de dégustation pendant l’événement mondial du vin, le salon Vinexpo qui démarre le dimanche 21 juin. Le vin produit à Haux ainsi sorti son immersion dans le bassin d’Arcachon sera dégustée sur place par la dizaine de maires du bassin invités lundi 22 juin, puis le lendemain très officiellement sur le stand des Rhums Clément. Un exposant de Vinexpo qui aurait " accepté de suite ", contrairement aux deux précédents à qui avait demandé Franck Labeyrie. Puis l’analyse sera effectuée rapidement ensuite par les universitaires Toulousains. Le protocole d’analyse serait en cours de finalisation.

















