Mai 2009, la grêle s’abat sur les vignobles girondins provoquant la destruction de près de 15 000 hectares viticoles. En juin le sénateur de la Gironde Philippe Madrelle défendait les intérêts des viticulteurs bordelais sinistrés au Sénat. Interpellant le ministre de l’agriculture et de la pêche Bruno Le Maire, il demande l’octroi d’aides exceptionnelles de trésorerie qui permettront d’alléger les charges sociales et financières des exploitations de la Gironde. Réponse : déjà fait !
Des mesures déjà existantes, comme l’achat de vendanges. Le gouvernement propose quelques mesures fiscales en réponse à la destruction des vignes. Dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties, échelonnement des dettes fiscales et sociales, ou recours à une procédure déjà existante « agriculteurs en difficultés ». Pour le reste, le ministre de l’agriculture veut mobiliser des dispositifs existants pour aider le monde viticole girondin. Son objectif est que les exploitations les plus touchées puissent conserver leurs marchés tout en complétant leur vendange. Donc la possibilité de faire des achats de vendanges et de recourir à des contrats de fermage temporaires.
La grêle, un fléau pour la vigne dont on entend trop souvent parler. Selon le ministre, un soutien financier supplémentaire n’est pas possible car il existe une assurance pour ce type de risque. Mais de trop nombreux viticulteurs ne contractent pas cette assurance grêle. Malgré les aides du gouvernement depuis des années : même si la souscription à un contrat multirisque n’est pas obligatoire en France, il est fortement conseillé, et depuis 2009, l’Etat prend en charge 40% de la prime d’assurance des viticulteurs pour les inciter à y souscrire. Un supplément de 5% pour les jeunes agriculteurs et une récente réforme la complète pour la porter à 50% de la prime.
La politique d’incitation toujours à l’ordre du jour. Le gouvernement n’a pas dit son dernier mot et a signé un accord dans le cadre du bilan de santé de la politique agricole. Cet accord permettra, dès 2010, l’utilisation de crédits communautaires pour la prise en charge partielle des primes d’assurance. Cet accord viendra renforcer la politique d’incitation déjà mise en place par l’Etat et mettra peut-être fin aux dégâts causés dans les caisses des viticulteurs. Mais pas aux dégâts causés aux vignes, quand on sait que les jeunes plantations mettent deux ans avant d’être exploitées.
Espérons que cela suffira à aider efficacement les viticulteurs sinistrés et ceux qui sont dans des zones à risques ou qui ont replanté, et sans assurance pour le moment.















