1/ Bordeaux Actu : Un Cahier des charges européen va voir le jour dans 2 ou 3 mois. Quels en sont les principaux points ?
P.A. Simonneau : Ce qui est innovant ici ce n’est pas tant la culture du raisin que la vinification. La nouvelle réglementation va s’attacher à poser une limitation des intrants de synthèse (tous les produits de vinification tels que les levures), des doses maximum (de sulfite notamment) et l’interdiction de certains traitements chimiques : l’électrodialyse, la concentration des vins à froid…. Pour que le vin soit commercialisé, un contrôle du respect de ces normes aura lieu lors de chaque mise en bouteille.
2/ Bordeaux Actu : Comment va se positionner cette réglementation face aux Chartes préexistantes, en particulier celle de la FNIVAB qui traite déjà d’une vinification bio ?

- P.A. Simonneau (deuxième à gauche) annonce un cahier des charges européen pour les vins bios d’ici fin mai
P.A. Simonneau : Il n’y aura pas de heurt entre les deux. Les adhérents de la FNIVAB ont mis en place en 2003 une charte destinée à précéder la réglementation européenne. L’objectif est de clore cette charte lorsque le Cahier des charges sera effectif. Mais ce ne sera pas le cas si la réglementation européenne se montre trop laxiste. Ce risque existe dans la mesure ou il s’agit d’un cahier destiné à s’appliquer à tous les pays membres. Or ceux-ci n’ont pas forcément les mêmes exigences.
3/ Bordeaux Actu : Au niveau du coût et du rendement, la culture et la vinification bio ne deviennent-ils pas trop exigeants pour les vignerons ?
P.A. Simonneau : Si bien sûr. Le bio demande plus de main d’œuvre : moins de produits chimiques implique davantage de travail. De plus, les produits de traitement bio seront lessivés à la première pluie alors que les pesticides de synthèse permettent une protection des sols de 2 à 3 semaines. Et puis, avec le chimique, on obtient une vigne plus exubérante qu’avec le bio.
En contrepartie, tandis que les vignes hydropiques attirent les insectes et les champignons, les bio ont un système d’autorégulation qui limite leur prolifération. Enfin, les producteurs bénéficient de primes à l’hectare qui les aident à produire bio. Tous ces avantages incitent à la culture bio qui se développe grandement (plus 45% de surface viticole bio en 2 ans).
4/ Bordeaux Actu : Qu’en est-il de la consommation ?
P.A. Simonneau : Elle est en hausse elle aussi. Notre époque connaît un véritable engouement pour le bio. Aujourd’hui celui-ci se vend mieux que le vin traditionnel. Les consommateurs s’attachent à la qualité du vin et à la protection de l’environnement.

- Un logo permettra aux consommateurs de repérer les vins bios conforment au cahier des charges
- Photo Bordeaux Actu - Stéphane Moreale
5/ Bordeaux Actu : Quand le Cahier des charges doit-il entrer en application ?
P.A. Simonneau : Il devrait être prêt d’ici 2 à 3 mois, donc pour la récolte 2010. Les consommateurs seront mis au courant par l’apposition sur les bouteilles d’un nouveau logo qui se substituera ou s’ajoutera au connu « AB ».















