Précisons tout d’abord qu’easyJet totalise 182 avions de 3,5 ans d’âge (revendus au bout de 7 ans d’exploitation) avec un taux de remplissage moyen de 86 %, 7 000 salariés, 440 routes et 45 millions de passagers par an. Un poids lourds des coûts légers dans le monde.
easyJet : « compagnie ’ low cost ’ mais de qualité ! »
François Baccheta avoue ne pas très bien s’y reconnaitre dans cette appellation « low cost », que les gens ont tendance à traduire par basse
qualité, alors qu’il n’en est rien : « ce qui permet de réduire les coûts c’est d’avoir de la qualité ». Qualité de matériel, qualité de personnel et qualité de gestion en s’affranchissant des contraintes réseaux. Tout d’abord, les avions doivent être récents car ils consomment 40% en moins que les anciennes générations, et le poste principal de dépense dans le transport aérien reste le kérosène.De plus, les progrès de la technique facilitent désormais la maintenance, sans rien sacrifier à la sécurité. Ensuite, avoir la maitrise de la formation de son P.N.C. (personnel navigant cabine : hôtesses, stewards, différent personnel naviguant, technique, pilotes, mécaniciens et navigateurs).
La résilience (ndlr : la capacité à se développer malgré des environnements qui auraient du être délabrants) de la compagnie réside dans l’absence de contrainte de correspondance, dans le choix judicieux des routes ouvertes, dans la structuration élastique du trafic qui se fait à partir de bases (bordeaux-Mérignac n’est pas une base). Ainsi dans cette période de crise qui a durement affecté le transport aéronautique, la compagnie easeyJet a tout de même fait des bénéfices (croissance de 13%) ! Et cela justement grâce à sa stratégie à bas coûts qui répond à des critères très précis de vols domestiques et courts/moyens courriers. Comme le résume François Baccheta, « le low cost est une stratégie et non un qualificatif ».
Mérignac et les nouvelles routes
Pascal Personne fonde pas mal d’espoir sur le low cost d’autant que l’aéroport est en train de construire un terminal dédié aux compagnies low cost : le terminal Billi.

- François Baccheta et Pascal Personne, Directeur de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac
- Photo Bordeaux Actu - Bernard Lamarque
Ce terminal dédié va permettre d’abaisser les « coûts de toucher » de 5 € par personne sur les terminaux A et B à 3,30/3,50 € sur Billi. Le low cost a permis cette année de minimisé la perte de fréquentation affichée par les compagnies réseaux. Les retombées du trafic aérien en termes économiques ne sont pas négligeables car on estime qu’un flux d’un million de passagers crée un millier d’emplois induits et l’objectif est bien à 3 ans d’avoir 1 million de passagers sur Billi, qui accueillera uniquement les low cost, laissant ainsi les terminaux A et B au seul trafic réseau.
Après avoir lancé en juin dernier le premier vol entre Bordeaux et Bâle-Mulhouse, easyJet poursuit sa croissance dans la région en passant de 6 à 8 routes vers des centres économiques européens. Pour preuves : Londres Gatwick vient s’ajouter à Londres Luton, et la destination de Milan, poumon industriel et économique de l’Italie du Nord, est créée.
Bordeaux-Mérignac/Londres Gatwick : 1 vol quotidien à partir du 28 mars 2010
Bordeaux-Mérignac/Milan Malpensa : 4 vols par semaine à partir du 30 avril 2010

















