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le mercredi 20 janvier 2010

SYLVICULTURE | Christian Pinaudeau, secrétaire général du SSSO, dénonce le double langage du gouvernement

« Le gouvernement pousse le bouchon un peu loin », estime le secrétaire général du syndicat des sylviculteurs du Sud Ouest (SSSO). Celui-ci exige du gouvernement des garanties qu’il juge vitales pour la survie des propriétaires-exploitants forestiers.

1 - Bordeaux Actu : Quelle est la situation de la sylviculture, un an après la tempête Klaus ?
Christian Pinaudeau : Les sylviculteurs sont aujourd’hui plus sinistrés qu’après la tempête de janvier 2009. En février 2009, le ministre de

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Jean-Louis Martres, président du SSSO (au Parlement européen le 2 septembre 2009 sur cette photo) et Christian Pinaudeau, Secrétaire général sont sur la même longueur d’ondes pour exiger des garanties du gouvernement au profit de la sylviculture
photo Cabinet d’Alain Lamassoure

l’Agriculture Michel Barnier [remplacé depuis par Bruno Le Maire NDLR] annonçait que le gouvernement allait débloquer un milliard d’euros pour sauver la forêt des Landes. Pas un centime n’est parvenu jusqu’aux poches des sylviculteurs. Sur ce milliard d’euros, il y avait 100 millions de prêts bonifiés, destinés aux acheteurs de la filière, pour stocker le bois ou l’envoyer dans l’industrie papetière. La première enveloppe a été débloquée 9 mois après la tempête : beaucoup trop tard ! Mais de toute façon, ces prêts n’étaient pas destinés aux sinistrés, les sylviculteurs. Le plan du gouvernement est donc un échec total.

2 - Bordeaux Actu : Où en est le cours du bois ?
Christian Pinaudeau : Il s’est effondré. On est passé de 35 euros la tonne à un prix compris entre 2 et 5 euros la tonne. Les cours se sont effondrés de 90 à 95% ! La plupart des sylviculteurs ont une autre activité : il faut attendre jusqu’à 40 ans pour exploiter le bois planté. Suivant que l’activité bois était l’activité principale ou pas, il y en a qui ont tout perdu, d’autres ont perdu entre 40% et 50% de leurs revenus.

3 - Bordeaux Actu : Combien de bois tombé reste-t-il en forêt ?
Christian Pinaudeau : On a sorti 14 millions de tonnes de bois. Il en reste 25 millions. À combien les sylviculteurs vont-ils pouvoir le vendre ? À 1 euro la tonne ?

4 - Bordeaux Actu : Qu’exigez-vous, aujourd’hui, du gouvernement ?
Christian Pinaudeau : Il y a eu un communiqué qui annonce des subventions pour reboiser. Mais ce sont les entreprises chargées du reboisement qui vont les toucher, pas les sylviculteurs ! On a donc posé des conditions sur lesquelles on attend des réponses. Nous demandons le versement d’une indemnité minimale de 1000 euros par hectare. Nous exigeons aussi la réforme de l’assurance-forêt couvrant les sylviculteurs en cas de sinistre : elle n’existe quasiment pas, et quand elle existe, elle est hors de prix. On ne peut pas nous obliger à reboiser sans garantie ! S’il on n’obtient pas satisfaction sur ces deux points, alors nous demanderons à pouvoir reconvertir nos terres vers l’agriculture, le photovoltaïque ou l’éolien, ce que nous n’avons pas aujourd’hui le droit de faire.

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