1 - Bordeaux Actu : Quelle est la situation de la sylviculture, un an après la tempête Klaus ?
Christian Pinaudeau : Les sylviculteurs sont aujourd’hui plus sinistrés qu’après la tempête de janvier 2009. En février 2009, le ministre de

- Jean-Louis Martres, président du SSSO (au Parlement européen le 2 septembre 2009 sur cette photo) et Christian Pinaudeau, Secrétaire général sont sur la même longueur d’ondes pour exiger des garanties du gouvernement au profit de la sylviculture
- photo Cabinet d’Alain Lamassoure
l’Agriculture Michel Barnier [remplacé depuis par Bruno Le Maire NDLR] annonçait que le gouvernement allait débloquer un milliard d’euros pour sauver la forêt des Landes. Pas un centime n’est parvenu jusqu’aux poches des sylviculteurs. Sur ce milliard d’euros, il y avait 100 millions de prêts bonifiés, destinés aux acheteurs de la filière, pour stocker le bois ou l’envoyer dans l’industrie papetière. La première enveloppe a été débloquée 9 mois après la tempête : beaucoup trop tard ! Mais de toute façon, ces prêts n’étaient pas destinés aux sinistrés, les sylviculteurs. Le plan du gouvernement est donc un échec total.
2 - Bordeaux Actu : Où en est le cours du bois ?
Christian Pinaudeau : Il s’est effondré. On est passé de 35 euros la tonne à un prix compris entre 2 et 5 euros la tonne. Les cours se sont effondrés de 90 à 95% ! La plupart des sylviculteurs ont une autre activité : il faut attendre jusqu’à 40 ans pour exploiter le bois planté. Suivant que l’activité bois était l’activité principale ou pas, il y en a qui ont tout perdu, d’autres ont perdu entre 40% et 50% de leurs revenus.
3 - Bordeaux Actu : Combien de bois tombé reste-t-il en forêt ?
Christian Pinaudeau : On a sorti 14 millions de tonnes de bois. Il en reste 25 millions. À combien les sylviculteurs vont-ils pouvoir le vendre ? À 1 euro la tonne ?
4 - Bordeaux Actu : Qu’exigez-vous, aujourd’hui, du gouvernement ?
Christian Pinaudeau : Il y a eu un communiqué qui annonce des subventions pour reboiser. Mais ce sont les entreprises chargées du reboisement qui vont les toucher, pas les sylviculteurs ! On a donc posé des conditions sur lesquelles on attend des réponses. Nous demandons le versement d’une indemnité minimale de 1000 euros par hectare. Nous exigeons aussi la réforme de l’assurance-forêt couvrant les sylviculteurs en cas de sinistre : elle n’existe quasiment pas, et quand elle existe, elle est hors de prix. On ne peut pas nous obliger à reboiser sans garantie ! S’il on n’obtient pas satisfaction sur ces deux points, alors nous demanderons à pouvoir reconvertir nos terres vers l’agriculture, le photovoltaïque ou l’éolien, ce que nous n’avons pas aujourd’hui le droit de faire.















