Les infirmiers, plus de deux mille, spécialisés en anesthésie, en mouvement depuis plusieurs semaines, ont manifesté leur mécontentement d’une manière spectaculaire.
C’était ce mardi 18 Mai, devant le refus de la ministre de la santé de recevoir leurs représentants, les manifestants, venus en nombre de toute la France, ont envahi la gare Montparnasse et bloqué les rails, empêchant tout trafic des trains, en particulier des TGV.
Impressionnant, la foule amassée sur le parvis rendant inaccessible le hall déjà noir de monde.
Ainsi, des dizaines de milliers de voyageurs en rade dans plusieurs villes dont certains battaient le pavé à Paris. Certes, la cause des grévistes est à prendre en compte puisque leur spécificité a été reconnue il y a quelques années voire encouragée, après des incidents regrettables et maintenant, à nouveau, remise en cause par une nouvelle réforme.
Donc, une fois de plus, la SNCF a été la cible de dysfonctionnements graves obligeant les usagers soit à renoncer à leur voyage, à le reporter ou contraints, pour certains, à prendre une chambre d’hôtel, d’autres résidant en banlieue étant pénalisés pour regagner fort tard leurs domiciles, situations qui se renouvellent trop souvent ces derniers mois.
Si l’on comprend aisément les motivations de cette profession, devant la réponse de non réception par la ministre de la santé elle-même, ce qui aurait peut-être évité une réaction à chaud des grévistes.
En effet, les esprits se sont échauffés et ce coup d’éclat d’occuper les voies montre que les gares sont toujours d’un accès vulnérable, mais aussi que pour se faire entendre, il faut, c’est fort regrettable, en arriver à de tels débordements et agissements. Les premières victimes sont les usagers des transports en commun pris en otages qui sont souvent solidaires des motifs de revendications mais supportent de moins en moins ces gênes et entraves au respect du droit au travail.
Sans jeu de mot excessif, de la part des grèvistes en quasi état de belligérance, il aurait fallu raison gardée et le réseau aurait été sauvegardé, ne serait-ce qu’après une heure d’occupation le message était passé y compris dans les médias.
Une fois de plus, dans cette douce France, qui ne l’est plus tant que cela, la déraison l’emporte parce que le ras-le-bol atteint son paroxisme pour cette catégorie d’infirmiers dont la rémunération n’est certainement pas à la hauteur de l’exercice de leurs responsabilités. C’est évident, la santé n’a pas de prix, mais le prix de la santé a un coût, même si les réformes en cours tendent vers davantage de rationalisation, en ne prenant pas suffisamment en compte, l’aspect humain tant pour les soignés que pour les soignants.
Souhaitons que les réunions programmées au ministère puissent aboutir rapidement sur une résolution de ce conflit et apportent un apaisement car ainsi que l’énonce cette maxime chinoise : « Quand le peuple ne craint plus le pouvoir, c’est qu’il espère déjà un autre pouvoir ».















