C’est un personnage public très discret. Jean d’Orléans, descendant direct de Louis-Philippe et, à ce titre, héritier de la couronne de France, est à 44 ans un homme pourtant très occupé. Marié cette année et père d’un petit garçon il y a quinze jours, il parcours le pays et l’Europe de conférences en expositions. Il était récemment à Paris au Salon du Figaro pour présenter son livre « Un prince français », qui « se vend pas trop mal », avoue-il. Une petite performance quand on sait que le rayon des livres historiques et politiques est très concurrentiel, entre Max Gallo, Edouard Balladur, Jacques Chirac et Valérie Giscard d’Estaing.
« Les politiques ne connaissent pas assez leur Histoire »
Passionné d’Histoire, le prince, qui a étudié la philosophie à la Sorbonne et l’économie aux États-Unis, ancien banquier, se partage aujourd’hui entre son appartement parisien, son domaine près des Ardennes et son action « pour la protection du patrimoine, culturel et naturel ». Son livre, voyage au coeur de l’Histoire de France, est pour ce « prince éclairé » l’occasion de commenter l’actualité. « De façon générale, on a perdu la connaissance de l’Histoire. Si on ne sait pas d’où l’on vient, on ne sait pas où l’on va. Et les politiques, malheureusement, connaissent mal la leur ».
Le débat sur l’identité nationale ? « C’est une vrai question qui doit être regardé par rapport au projet. Une société s’agrège non parce qu’on a une Histoire passée commune mais une Histoire future commune. Or aujourd’hui il n’y a pas de projet politique pour ça », analyse le prince, qui en profite pour égratigner la façon contemporaine de faire de la politique : « la communication doit être la main du bras du politique. Si on communique pour communiquer, cela n’a pas de sens ». Bien qu’invité régulièrement par ses homologues européens, Jean d’Orléans goûte peu la peoplelisation de la société : « c’est un peu la société du zapping, même si c’est peut-être nécessaire de rêver un peu ». Interrogé sur le régime politique idéal, l’héritier de la couronne de France avoue on s’en doute une préférence pour la monarchie parlementaire. Surtout espagnole : « le roi d’Espagne est un homme proche du peuple, accessible... comme tout chef d’État se doit de l’être »








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