Quarante créateurs présentant chacun leurs dernières réalisations et leurs œuvres maîtresses, quel somptueux plateau. Un salon de la mode n’est pas seulement un lieu que l’on parcoure, où on vient voir ou acheter. Bien sur, la création se nourrit de ces ventes mais les exposants ne sont pas là dans ce seul but.
Le salon est aussi un espace de dialogue, d’enrichissement mutuel, par le contact et le dialogue avec un public souvent exigeant, par la comparaison des approches entre les participants. En ce sens, le « Petit » Salon Bordelais, offre un équilibre parfait entre les créateurs originaires du grand sud-ouest et ceux venus des autres régions.
Des créateurs venus de toute la France
C’est pour cela que ce week-end, il sera possible de découvrir des griffes venues de toute la France.
Des parisiennes telle Anne Throude connue pour ses robes avec dentelle ciselée main ou - intemporel mais toujours renouvelé - le concept du tailleur revisité par (no) smoking ou encore la fantaisie de Myphilosophy plus ouvert sur l’imaginaire avec une pointe de délire charmant tandis que sous une apparente simplicité Tessa Delpech cache un grand raffinement.
Mais aussi des créatrices venues d’autres métropoles, l’ouest nantais avec From the moon dont le nom seul dit la part que le rêve prend dans ses créations ou Missage B, aux lignes strictes prolongées par des nuages de folie, ou encore … Quel dommage qu’il ne soit pas possible de citer tous ces créateurs venant faire, à Bordeaux, l’hommage de leur talent. Mentionnons cependant MHB-créations et Nathalie Milandou Benois qui, imagine vêtement et accessoires en alliant des matières ayant chacune une histoire : raphia, tissus africains, cuir, lin, soie …
En dialogue avec ceux du Sud Ouest
Naturellement un brin d’affection supplémentaire se portera sur les créatrices bordelaises et plus généralement celles du sud-ouest. Plus de quinze sont présentes dans ce salon. Pour certaines ce sera un premier tremplin, telle Ann Kristin, franco-norvégienne qui teste sa toute première collection sous la griffe Rianka
. A ses cotés, des marques déjà plébiscitées ainsi Salma Mataya que Bernard Laplace fait prospérer depuis près de quatre ans ou les somptueuses créations de Sarramona dont certaines ne sont pas sans évoquer les plus belles réceptions des temps jadis, alors que pour Venga-Venga
, Roxane et Alice détournent dans un esprit trash les formes les plus classiques.
Petit interlude avant de discuter chiffons avec Adeline Grolier, créatrice d’Adèle ligne et de définir avec elle une création originale, nous voici chez Friandise-créations avec des sacs, des sacoches et autres portefeuilles qui ne doivent rien au cuir ou aux matières dites nobles puisque réalisés dans des chambres à air
chinées dans les casses automobiles et, mon dieu, ça a de l’allure, un chic étrange mais bien réel. Rapprochons-nous du monde des arts, de tous les arts puisque Eliane Lavail créatrice des bijoux Maguy Bilato est musicienne
, sans égale pour diriger un cœur de chanteurs, qu’elle a pratiqué la danse classique et exploré toutes les formes artistiques tout en s’exprimant aussi à travers de nombreuses activités manuelles, telles le tricot, la broderie ou le patchwork. Ses bijoux sont comme elle, nourris de toutes ces formes artistiques, éclectiques mais toujours somptueux.Flora, elle, privilégie nacre, pâte de verre, pierres fines, verre de Murano, céramique, pour de longs sautoirs multiformes, de gros colliers « ethnique-chic » ou encore des pièces uniques originales
, bustiers ou « robe bijoux » que l’on pourrait trouver provocantes à force d’être ajourées si elles n’étaient aussi seyantes pour qui sait les porter.
Petit détour au Pays Basque pour admirer les éventails Shan-Papiyon peints à la main par Stéphanie Pasquier. Sous son inspiration cet ustensile que l’on n’envisageait plus que sous vitrine, reprend vigueur et jeunesse. Il retrouve sa place dans nos usages courants, leur apportant une touche de beauté. Tout à coté, puisque à Bayonne, Isa Mayso excelle dans les formes enveloppantes formant comme un écrin à qui les porte. Venue de Bayonne également J.n’Julie propose des accessoires de mode, chapeaux, écharpes, mitaines, étoles, colliers, sacs, qui tous, en mohair, laine bouillie, tissus polaire ou tulle, allient fraîcheur et légèreté

- J.n’Julie
. Lumineuse, spontanée, joyeuse car toujours réalisée en tissus écologiques, la gamme de M’zel Soleil, venue de Charente, est à elle seule un message que Gaëlle lance pour la défense de l’environnement, objet de ses études initiales, avant que la mode l’absorbe toute entière.
Au départ, Lalabulle était uniquement un monde coloré et enfantin pour les grandes filles mais avec le temps les tissus élégants et les voilages ont su se faire une place dans ce petit univers, tandis que pour Oti-création un vêtement est le fruit de deux recherches, celle menée crayon à la main de lignes harmonieuses et cohérentes et celle des tissus en harmonie avec les croquis. Les résultats parlent d’eux même.
Terminons cette rapide visite, loin d’être exhaustive et qui laisse de coté de nombreuses merveilles, par deux coups de cœurs. Ils sont équitablement répartis. L’un pour l’extérieur. Little Littha relève le défi de créer une collection de vêtements et d’accessoires tricotés main et commence par les bébés et les jeunes enfants. L’autre pour une aventure bordelaise car s’en est une que le pari de StoriArt d’adapter, avec une qualité sans défaut, des œuvres d’artistes contemporains renommés sur des accessoires de mode en satin de soie.

Dernier conseil pour préparer une visite agréable, le site internet du Petit Salon de la Mode, consacre une fiche illustrée à chaque créateur. Plus que cet article encore, cela vous donnera des envies de rencontre.

Infos pratiques : TNT manufacture de chaussures - 226 boulevard Albert-Premier à Bordeaux - ligne C, terminus Terres Neuves























