Non, ce n’est pas pour moi... trop cher. Le produit, comme diraient les experts, ne fait pas partie de mes habitudes de consommation, trop onéreux.
Et c’est vrai le caviar est cher, plus encore que les truffes, c’est dire... 1500 ou 2000 euros le kilo, voire plus. Alors, les pots dans lesquels il est vendu ont beau être petits, 30 ou 50 grs le plus souvent, cela fait une belle dépense.
Saint Valentin, mode caviar
« Il est des occasions dans lesquelles il faut savoir ne pas compter. La saint Valentin en est une ». C’est ce qu’ont du se dire beaucoup d’Amoureux, car cette année la tendance est au caviar. Elle ne touche pas seulement ceux qui « ont vraiment les moyens », consommateurs patentés, mais bien ceux qui, plus modestes, veulent marquer l’événement par un acte de douce folie. Tous les âges sont atteints, couples déjà installés et désireux de « se retrouver », ou jeunes couples en phase de séduction, sans oublier, mais alors ce sera lundi, ceux qui auront à se faire pardonner d’avoir oublié l’événement.
Curiosité, cette mode semble spontanée. Pas d’assaut marketing comme pour d’autres produits. Les producteurs sont restés étrangement discrets. Le public a senti avant eux que la coupelle de caviar, centre de table somptueux d’un tête-à -tête câlin, est un atout maître pour une saint Valentin réussie. D’autant que, finalement, la dépense n’est guère supérieure à celle d’un restaurant classique et laisse beaucoup plus de liberté pour d’autres plaisirs
Le Public avant les Producteurs
Bien sur quelques sites internet associent vente, amour et caviar. Caviar-passion est le plus actif, Madeleine-market également, mais rien d’agressif. Ce n’est qu’en s’adressant à un moteur de recherche qu’on trouve leurs offres Saint Valentin. Il en va de même pour Agapades, régional de l’étape de l’internet gourmet puisque basé à Banquefort.
Dans l’ensemble, si ce n’est Diva qui annonce des tarifs spéciaux pour la Fête, peu de communication. Les boites Love (Prunier) sont certes magnifiques mais s’inscrivent, au fil des ans, dans une continuité, d’ailleurs objet de collection.
C’est spontanément que la clientèle a pris de chemin des épiceries fines, et donc (puisque lorsque l’on parle de Bordeaux) des quelques boutiques commercialisant Sturia ou de L’Epicerie, rue Michel Montaigne, pour Perlita, ainsi que de grands magasins pour lesquels certaines maisons renommées, à l’instar de Petrossian avec Don Petrof, conditionnent sous marques spécifiques.
En revanche, la restauration bordelaise n’est pas encore atteinte par la vague caviar à la différence de Paris où, par exemple,
le Café Prunier l’inclut dans un menu, cher mais pas plus que les bonnes offres girondines. Sur la ville il n’est que le Gabriel pour en proposer une touche, bien légère, dans son menu de saint Valentin.
Que faire de la petite boite ?
Si vous aussi, vous vous laissez tenter, soit que vous soyez amoureux, soit que vous vouliez dignement fêter l’année du tigre et le nouvel an chinois (et oui, les deux motifs concourent pour vous tenter ce week-end), qu’allez-vous faire de votre petite boîte ?
Il est des astuces pour faire de l’abonde avec ce produit coûteux. Dans certaines préparations, il ne semble être qu’un élément de décoration, d’autres recettes, au contraire, sont conçues, pour le mettre en valeur ainsi, celles que proposent les chefs de l’APPrA. Les meilleurs cuisiniers amateurs, ou les plus audacieux, pourront s’y essayer, pour les autres, les solutions les plus simples sont parfois les meilleures.
Essayons les œufs à la coque au caviar ou, comble de la simplicité, des tranches de pomme de terre simplement cuites à l’eau, bien supérieure aux traditionnels blinis pour exalter le goût des petits grains dont on les recouvre. Mais surtout, contrairement à ce qu’on lit parfois, ni crème ni beurre ajouté qui ne ferait que superposer deux sensations grasses, du moins c’est ce que disent les spécialistes.
Que boire avec ?
Qu’est ce qui « passe bien » avec le caviar. L’épreuve est difficile, tous les sommeliers le reconnaissent. Calon-Ségur, château de Saint Estèphe dont l’étiquette s’orne d’un cœur est tout recommandé pour la saint Valentin, mais « c’est un rouge », pas en accord. La tradition et l’histoire suggèrent la vodka tandis que certains tiennent pour le champagne, soutenant que pour tout met il est un grand champagne qui va avec. Il n’est que de savoir choisir. Ce n’est que reporter la difficulté.
Des solutions nouvelles encadrent l’Aquitaine. Venant du sud, la Blanche d’Armagnac, Blanche de Briat par exemple, joue de la sensation habituelle alcool-caviar mais y ajoute ses subtilités olfactives. Des Charentes aussi arrivent des propositions. Michel Berthommier de L’Esturgeonnière au Teich qui a fait de Perlita une marque réputée du Caviar d’Aquitaine, vante une alliance entre deux jeunesses, celle d’un caviar frais et celle d’un jeune cognac Ile de Ré de la maison Camus.
Mais pour s’en tenir aux vins, que choisir ? Bordeaux souffre parfois de ses blancs. Naturellement les plus grands Pessac-Léognan s’associent, dit-on, avec bonheur au caviar, Hostens-Picant également, mais dans l’ensemble, puisque le caviar doit, de plus en plus, devenir un produit emblématique de la Région, il reste à définir un type de blanc confortant l’adage qui veut que les meilleurs accords mets-vins associent des produits géographiquement voisins.






















