" On devait s’occuper de ce squat en priorité ", souligne Jérôme Lobao, mais pour l’instant rien n’est fait, si ce n’est qu’un contact a été établi avec les familles pour leur demander ce qu’ils étaient capable de faire et s’il voulait rester en France. Mais cela ne s’est pas très bien passé car c’est accompagné par la traductrice de la police qu’on est venu les voir.
Pour l’instant, ils sont sans électricité car ils s’alimentaient sur le gymnase en branchement sauvage et EDF a coupé l’électricité du gymnase. Ils se sont rebranché plus loin, mais les branchements sauvages sont dangereux. " le préfet prenne la décision d’attribuer un groupe électrogène sur ce site, car il y en a un grand nombre stocké à Ambès qui ne servent pour l’instant à rien. En attendant la prochaine tempête... " propose Jérôme Lobao. Pour lui, c’est une solution qui n’est pas trop onéreuse et on pourrait demander une participation pour payer le gasoil à ces roms, comme signe d’intégration.
La Maitrise d’Œuvre Urbaine et Sociale (M.O.U.S.)
C’est un montage qui permet d’avoir des moyens financiers pour éradiquer les logements insalubres, 2 MOUS ont été décidé sur la CUB une MOUS Générale pour les squats et une MOUS spécifique pour les Roms et il existe des fonds européens pour le relogement des roms qui sont loin d’être négligeables, car l’Europe est très intéressée au relogement des Roms. On se demande si ses fonds ont été sollicités ? Le but de ses MOUS c’est d’avoir des petites structures collectives de 20 personnes, mais le problème est que c’est contraire au mode de vie de ces Roms qu’ils soient roumains ou bulgares, qui se regroupent par famille. C’est mieux que des grands camps ou les villages d’insertion qui ont été créés en région parisienne ou chaque place coûte 27 000 € par personne à Bagnolet par exemple.
Ici, on va s’occuper de 40 personnes avec accompagnement social, mais qu’est-ce qu’on va faire des autres , car il y a environ 470 personnes dans les squats ( 400 bulgares et 70 roumains). Il y a 10 squats, un plus petit de 5 personnes et 2 personnes en bordure de Garonne qui vivent dans des conditions déplorables. Aujourd’hui même si on dit qu’on va s’occuper d’eux, on leur met la pression en leur demandant de partir et particulièrement rue Lucien Faure. " On ne peut pas dire qu’on va faire une MOUS d’un côté et demander l’expulsion des gens de l‘autre. De notre côté nous ferons appel et nous demanderons qu’il y ait de l’eau et de l’électricité dans tous les squats ".
Ce sera le combat de Roms Europe pour les mois qui viennent au niveau national. Pour le relogement il semblerait que la préfecture veuille acheter 30 Algeco pur 1 million d’€, ce qui n’est pas donné !
MOUS et autorisation de travail
On ne peut pas créer une MOUS sans donner des autorisations de travail, car reloger les gens c’est bien, mais il faut les donner une chance de travailler. C’est extrêmement compliqué pour monter les dossiers, il manque toujours une pièce. Et souvent, les dossiers sont refusés parce qu’il n’y a pas de domiciliation administrative, et pour cause. Avec ces contradictions et absurdités (qu’en aurait dit Camus ?), il y a aussi la taxe OFII dont il n’est pas certain qu’elle soit légale. Elle sert à financer des retours volontaires ou humanitaires qui souvent ne le sont pas. Il y a 60 personnes qui ont rendez-vous pour partir, et on sait pertinemment qu’ils vont revenir car ces retour par avion sont accompagnés d’une dotation de 300 € par adulte et 100 € par enfant, sachant qu’un aller simple pour Sofia coûte 1700 €. La dépense n’est pas négligeable, même s’il y a sûrement des tarifs préférentiels... Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas le même tarif entre un intra-communautaire et un non intra-communautaire qui touche 2000 € par adulte et entre 500 et 1000 € par enfant.
La Halde au secours des Roms
Roms Europe vient d’écrire au Premier Ministre pour la suppression des mesures transitoires afin que Roumains et Bulgares puissent travailler.
Il y a en France entre 8 000 et 10 000 Roms et il n’y en a que 3 000 qui pourraient travailler. La plus grande communauté de ces émigrés roumains est en Espagne avec 50% seulement 2% en France. La Halde, la Haute autorité pour la lutte contre les discriminations a rendu un rapport en fin d’année qui préconise la fin anticipée des mesures transitoires applicables aux ressortissants Roumains et Bulgares, la suppression de leur soumission à la taxe OFII, qu’ils puissent s’inscrire dans les pôles emploi, la révision du système de retour au pays d’origine et l’accès sans délai à l’AME aux femmes enceintes et aux personnes malades. Des demandes qui paraissent bien légitimes pour une plus grande égalité des hommes, dans un pays qui prétend être un exemple de ses droits.



















