« Nous sommes passés du statut d’objets politiques non identifiés à celui de candidats d’une grande biodiversité ». La tête de liste régionale des Verts, pardon, d’Europe Écologie, Monique de Marco, a fait dans la métaphore écolo ce matin pour présenter, au sous-sol du 46 rue du Pas-Saint-Georges à Bordeaux les cinq porte-paroles départementaux du mouvement né lors des dernières élections européennes de l’inspiration géniale de Daniel Cohn-Bendit. Une dynamique qu’Europe Écologie entend bien faire fructifier lors des prochaines régionales :

- De gauche à droite : Bernard Péré, tête de liste dans le Lot-et-Garonne, Bérénice Vincent, Monique de Marco, Marie Bové, Jacques Papon, tête de liste dans les Landes et David Grosclaude
- Photo Bordeaux Actu - Stéphane Moreale
« notre objectif serait de dépasser notre score aux européennes, voire d’arriver en tête ! » lance à demi-sérieuse Monique de Marco. La tête de liste régionale d’Europe Écologie qui est aussi conseillère régionale et conseillère municipale de Talence sera-t-elle la première Verte authentique à accéder à une présidence de région ? « Selon les derniers sondages, 74% des Français verraient bien un écolo à la tête d’une région », lance l’enseignante en technologie qui milite « depuis plus de vingt ans » dans le milieu associatif et écologiste.
Des critiques mais pas de reproches

- Monique de Marco espère réitérer le score des écologistes aux dernières Européennes
- Photo Bordeaux Actu - Stéphane Moreale
L’avenir dira si Europe Écologie réitérera en mars prochain son score des européennes. Le vent est porteur avec les répliques sismiques du sommet de Copenhague, dont on n’a pas fini de parler. Mais l’effet de surprise côté socialistes risque d’être un peu éventé. Chat échaudé craint l’eau froide et on peut compter sur l’averti Alain Rousset pour ne pas négliger ce partenaire désireux d’émancipation. D’émancipation, oui, de rupture certes pas. Voilà le petit talon d’Achille de la formation qui a vu renaître de leurs cendres les Verts, tendance canal historique, aux côtés de membres tous neufs venus de la société civile. Comment faire entendre sa différence vis-à -vis d’un partenaire avec qui on gouverne l’Aquitaine depuis les dernières régionales de 2004 avec sept élus ? Tout est dit dans le slogan de campagne : Gagnons l’Aquitaine à l’écologie. « Nous avons pour ambition de réorienter les politiques à la Région argumente Monique de Marco.

- Marie Bové, tête de liste emblématique en Gironde, venue de la société civile
- Photo Bordeaux Actu - Stéphane Moreale
« On ne peut à la fois financer ce qui est durable et ce qui ne l’est pas, complète le journaliste et membre du Parti Occitan David Grosclaude, tête de liste d’Europe Écologie dans les Pyrénées Atlantiques : les aéroports low cost, l’autoroute Langon-Pau, l’agriculture productiviste. » « Nous avons des critiques à formuler à l’encontre des choix d’Alain Rousset mais pas de reproches, précise Bérénice Vincent, tête de liste en Dordogne et conseillère régionale déléguée à la biodiversité. On ne va pas se faire la guerre, on a un bilan commun avec Alain Rousset qu’on assume. Cela n’est pas un exercice d’équilibre », conclut l’institutrice, qui est aussi maire-adjointe de Bergerac. Cela y ressemble pourtant beaucoup ! Les candidats d’Europe Écologie en Aquitaine vont ainsi devoir cheminer sur un mince fil de funambule, entre la critique diplomatique de l’encombrant allié socialiste et le labourage du terrain en vue d’un accord équilibré avec ce dernier au second tour.














