Il s’agissait ainsi de réaffirmer la reconnaissance du rôle majeur des associations dans la société et de valoriser l’action de nombreux bénévoles à travers un échange qui se voulait interactif et constructif. C’est dans l’amphithéâtre Robert Badinter du Conseil général plein à craquer que s’est donc ouvert ce premier forum girondin des associations.
Dans son discours d’ouverture, Philippe Madrelle, président du Conseil général de la Gironde, donne le ton : " Nous avions convenu de nous rencontrer, très en amont de l’annonce faîte par le Chef de l’Etat d’une réforme, dont nous craignons légitimement les dégâts considérables qui s’annoncent si les lignes de force ne bougent pas et si nos institutions, Communes, Départements et Régions subissent une volonté à peine marquée de destruction de la décentralisation républicaine ".
Pour dresser un portrait des associations, trois universitaires de haut niveau étaient présentes :
Brigitte Bauzemy, Docteur en sociologie, Centre d’Analyse et d’Intervention sociologique (CADIS) - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Axelle Brodiez Dolino, historienne, CNRS-LAHRARA (Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes)
Viviane Tchernonog, Chercheur au CNRS, Centre d’Economie de la Sorbonne
" Il se crée une association toutes les 30 minutes <...> les associations sont à la fois agents économiques et acteurs du monde politique <...> de puissant contre pouvoirs sans légitimités démocratiques qui ont une forme ambigüe et adaptable " a expliqué Brigitte Bauzemy. Jusqu’aux années 60, les associations ne connaissent pas un essor important, mais à partir de cette époque, elles prennent leur envol pour représenter aujourd’hui 14,2 millions de bénévoles et 1,2 million de salariés, avec une professionnalisation de plus en plus marquée. " On est passé d’une logique idéologique à une logique sectorielle <...> La Croix-Rouge reste en tête talonnée par Emmaüs " décrit quant à elle Axelle Brodiez-Bolino.
On compte aujourd’hui 2,3 millions associations, représentant une très grande diversité d’activités et un poids économique considérable. Une étude a été réalisée sur 1,1 million associations : il en ressortirait un retrait progressif de l’Etat, une montée en charge des collectivités locales et une " privatisation " progressive. On peut donc s’attendre a une contraction des financements locaux.




















