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par Jean-Pierre Dubarry le mercredi 7 février 2007

SALON DES VIGNERONS

Quand des Bordeaux montent à Paris

Crise viticole, le client devient capricieux et zappeur. Plus qu’avant encore, il faut aller à sa rencontre et lui faire partager l’amour du terroir et la convivialité du vin. C’est l’objet des salons où, par delà les dégustations, se crée un lien humain entre le vigneron présent et ses clients.

Ces salons se sont multipliés depuis dix ans. Ceux des Vignerons Indépendants réunissent souvent plus de 200 propriétés, en même 1000 fin novembre à Paris. D’autres sont de taille plus modeste, tels les « Salons des vins et terroirs de France » organisés par Vinomédia. Cette petite entreprise, d’origine lyonnaise, a su en quelques années couvrir la France d’un réseau d’une vingtaine de salons. Certains Châteaux viticoles les font presque tous, jusqu’à 15 dans l’année. Ainsi, ils diversifient, multiplient et fidélisent leur clientèle. Les ventes au cours du salon couvrent et un peu au-delà généralement, les frais de la participation, lesquels sont conséquents, il faut le reconnaître, entre 1500 et 2000 euros en comptant l’inscription, les transports et l’hébergement. Mais le salon sert aussi à faire vivre le fichier de clientèle et le bouche à oreilles, lesquels donneront des flux réguliers de commandes.
Ce dernier week-end, c’est le tour de Paris d’accueillir le salon, près de 70 vignobles sont présents dont une quinzaine de bordelais avec en figure de proue, le Château Luchey Halde, star montante des Pessac-Léognan. Les autres châteaux parfois moins connus n’en suscitent pas moins un vif intérêt des parisiens. Des jeunes couples, des copains en groupe s’initient à la dégustation, d’autres visiteurs plus murs commentent les senteurs et les tannins.

A la recherche de la discussion et du partage

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« Alain Lafaye du Château Croix de Bertinat (Saint Emilion) détaillant comment son partenariat avec le Biarritz Olympique lui permet de concilier amour du rugby et démarche commerciale »
PHOTO BORDEAUX ACTU - JEAN-PIERRE DUBARRY

Ce qu’ils aiment aussi, et peut-être plus encore, c’est qu’ils font connaissance et discutent avec des viticulteurs et que chacun de ces viticulteurs a quelque chose à dire, à faire partager, sur son vin et sur son travail, quelque chose d’authentique.
C’est Xavier Piton rappelant que l’on trouvait toujours du Château Belles Graves (Lalande de Pomerol) à bord de la Calypso et maintenant de l’Alcyone, car le Commandant Cousteau était cousin germain de son grand père.
C’est la famille Artaud expliquant que son château Morelle (Pessac-Léognan) est un pur cabernet sauvignon car c’est ce qui correspond le mieux au terroir mais que ce ne pourra être mentionné que sur la contre-étiquette.
C’est Alain Lafaye du Château Croix de Bertinat (Saint Emilion) détaillant comment son partenariat avec le Biarritz Olympique lui permet de concilier amour du rugby et démarche commerciale.
Le Château Chevalier des Ardouins, pour 5 euros la bouteille, permet d’effleurer la « grande histoire » puisque le nom de cette propriété du Blayais vient du propriétaire gouverneur de la Citadelle sous la Restauration. Ce qui amène à évoquer le chef d’Å“uvre de Vauban et son prochain classement comme Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. Le Château Bonnin (Lussac Saint Emilion), lui, nous rappelle les joies modestes des humbles. Patricia et Philippe ayant suscité des larmes de bonheur du grand père, lorsque celui ci a su qu’ils achetaient la propriété où il avait été métayer.

Des affaires de familles
Diane Zurawsky raconte comment le Château Degas se transmet de mère en fille depuis 4 générations et comment sa grand-mère l’a appelé à partager la responsabilité de ce domaine de 90 hectares, elle qui avait tout juste vingt ans et qui, formée au marketing, a pu se convertir à l’Å“nologie grâce à l’Institut de Vayres.

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« Sylvie Milhard est la cinquième génération à s’occuper du Château Vieux Mougnac »
PHOTO BORDEAUX ACTU - JEAN-PIERRE DUBARRY

Autres exemples d’attachement à la terre familiale, Sylvie Milhard est la cinquième génération à s’occuper du Château Vieux Mougnac tandis que Patrice de Taffin est fier d’être la septième génération au Château l’Escarderie (Fronsac) et d’avoir, à 45 ans, renoncé à son activité dans l’assurance pour conserver le domaine dans le giron familial, reconversion réussie sur le plan économique comme sur le plan personnel.

C’est alors que chacun perçoit que le vin qu’il boit a une histoire, souvent l’histoire d’une famille, elle-même intimement liée à sa terre, que ce vin et ses caractéristiques ne sont pas le produit d’un processus standardisé mais le fruit de choix raisonnés reflétant la personnalité de celui qui les faits. Bref que, même si la crise viticole pèse sur tous, chacun a la ressource pour y faire face.

1 - www.vigneron-independant-aquitaine.com
2 - www.vinomedia.fr/salons/particulier/calendrier.asp
3 - www.belles-graves.com
4 - www.vieuxmougnac.com

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