Bordeaux Actu : Pouvez-vous nous présenter l’association Musiques de Nuit et nous parler de ses actions ?
Patrick Duval : C’est une association loi 1901 qui existe depuis 1984. Elle vise principalement la diffusion de musique du monde et de jazz mais ses champs de compétences se sont élargis au monde artistique en général. Elle organise des stages master class, le festival des Hauts de Garonne et de Cussac et environ 40 concerts par an.
BA : Comment ’ Musiques de nuit ’ a été amené à organiser le Carnaval ?
PD : Il y a une dizaine d’années, le ministère de la culture a lancé une politique de la ville forte, plutôt axée sur la culture et qui avait pour but de faire vivre les quartiers. La présence d’Alain Juppé à Bordeaux en 1996 et les actions conjointes du Conseil général de la Gironde et du Conseil régional d’Aquitaine avaient permis de lançé des projets culturels pour la ville de Bordeaux, particulièrement.
Le Carnaval en a profité et était ainsi relancé de plus belle, mais il est finalement la seule opération qui ait survécu... Cependant à cette époque là , cet évènement lui-même s’essoufflait. L’idée d’un prologue, baptisé ’ Quartiers Musiques ’, est née pour redynamiser l’évènement.
BA : Pouvez-vous nous parler de la préparation de ce ce carnaval 2008 ?
PD : Les chars de la parade et ’ Monsieur Carnaval ’
sont confectionnés au garage Moderne à Bacalan*. les deux compagnies ’ Manège déjanté ’ et ’ De la Kata ’ sont associées pour la remise des clés et la crémation finale au sein de l’édition du Carnaval 2008. ’ Manège Déjanté ’ dirigé par Loïc Papion (les membres de l’équipe : Gaëlle Der Vaus, Audrey Azaïs) et ’ De la Kata ’ présidé par Laurent Chiffolean (les autres artistes de l’association : Céline Perez, Aurélie Dubos, Laetitia Cardoso et Caroline Roldan). Le clou du spectacle, Monsieur Carnaval, est inspiré par ’ l’Artoy ’, un style artistique. Le grand défilé réunissant tous les quartiers et ses habitants paradera à Bordeaux Centre pour finir rive droite, à côté du Mégarama. Les grand repas de quartiers seront accompagnés de la fanfare Pourpour et placés sous le signe de la convivialité. Cet évènement rassemble la diversité des populations à l’image de la ville multicolore.
BA : Et comment s’organisera cette 13e édition de ’ Quartiers Musiques ’, le prélude du carnaval ?
PD : Et bien, déjà , vendredi à 20h se déroulera un
repas en musiques avec la fanfare Pourpour au Centre social et culturel de Saint-Pierre, et des soirées seront organisées au cÅ“ur des quartiers avec le concours actif de leurs habitants. Ces soirées allient concert et repas dans les structures sociales des communes partenaires. Chacun des lieux est mis en scène par l’atelier décoration animé par Lorenzo. Pour y participer, il suffit de réserver auprès des structures organisatrices. Puis, samedi à 9h, c’est ’ Blabladej ’ au Centre social Génicart et à 15h, un petit concert avec la Fanfare Pourpour à la Médiathèque Roland Barthes de Floirac et à 20h aura lieu un repas en musiques avec la Fanfare Pourpour à la MJC du CL2V (Centre de Loisirs des 2 villes) et enfin lundi 18 février à 10h, ca sera la rencontre avec la fanfare Pourpour pour un concert auprès de 230 élèves à l’école Pasteur de Floirac.
BA : Dans les éditions précédentes quels sont les évènements, les personnalités et les musiques qui vous ont particulièrement marqué ?
PD : J’ai été ravi de programmer les Nubians en 2004.
Ce duo de guadeloupéennes, s’il n’est pas très connu du public français, a recueille un vif succès aux Etats-Unis avec près de 150.000 albums vendus rapidement après sa sortie chez Virgin. Je me rappelle particulièrement d’Hélène Fossard, une des deux Nubians, qui s’était livrée à une déambulation à Mollat qui avait donné lieu à des lectures improvisées et suivie d’un cortège de fans et de curieux qui s’est grossi peu à peu : une performance dont je garde un excellent souvenir. Et le texte de Perrec, lu par Samy Fray, reste aussi une émotion très forte.
BA : Qu’en est-il des soutiens financiers ?
PD : Cette année, les financements du ministère de la culture ont baissé de 30% et l’année prochaine il se réduiront encore, c’est-à -dire qu’ils ne représenteront presque rien. Or, une grosse parade et les résidences d’artistes supposent un budget conséquent... Et, il faut savoir que les seuls billets d’avion depuis le Québec représentent à eux seuls 15.000€ !
BA : Comment l’association se positionne vis-à -vis de la candidature de Bordeaux au titre de Capitale Européenne en 2013 ?
PD : Musique de nuit a déposé deux projets dans ce cadre auprès de Richard Coconier. La première idée serait de créer une sorte de ’ Carnaval des carnavals ’ pour développer des festivités dont l’ampleur serait comparable au Carnaval à Québec. D’autre part, l’association veut
participer à la mise en place d’une sonorisation mondiale qui réunirait des musiques du monde, mais sans le côté ’ traditionnel ’. C’est plutôt le côté ’ éléctrique ’ qui fait le lien entre tous ces groupes de musique.
BA : Que pensez vous du projet d’Alain Juppé qui avait été baptisé le ’ Festival des suds ’ ?
PD : Je pense que Bordeaux n’est pas une ville du sud, elle regarde vers le sud... Bordeaux a toute sa place au sein de la façade Atlantique. La musique de Galice, de Bretagne, du Nord du Portugal et d’Espagne communique avec la scène bordelaise. Il existe un jumelage entre Bordeaux et Porto très fructueux pour la vie musicale bordelaise.
BA : A un niveau plus personnel, qu’est-ce que vous appréciez comme musiques ?
PD : J’écoute beaucoup de musiques mais je n’ai pas assez de temps pour voyager, ce que je regrette beaucoup.
J’apprécie énormément le jazz, la musique africaine te brésilienne et récemment un peu de classique.
Souvent lorque je lis un livre, il m’évoque une musique. Par exemple, un roman qui se déroule aux Etats Unis m’a rappelé les textes du rappeur Common et, ’ Chicago ’ m’a ramené vers la musique de Melvin Taylor. Mes goûts personnels croisent parfois les orientations de l’association puisque j’estime que Stéphan Winter, qui détient un label à Munich, fait un travail d’une qualité exceptionnelle et il développe une collaboration avec Musiques de nuit.
BA : Quels sont les projets de l’association à long terme ?
PD : L’association a été trop baptisée ’ structure nomade ’ ces derniers temps, et il est temps de l’ancrer. Et des opportunités pourraient se présenter aux environs de Cenon...
Musiques de Nuit - 21 rue Grateloup - 33800 Bordeaux
Tél. : 05 56 94 43 43
[(Pour consulter le site de ’ Musiques de Nuit ’, cliquez ici)]























