Les trois prisonniers d’une journée : François Fillon, Christine Lagarde, François Baroin ont pu apprécier, au plus fort de l’été, cette convocation pendant leurs vacances, sachant que de la forteresse, la vue est imprenable sur la grande bleue et, prendre de la hauteur est toujours salutaire pour traiter les délicates questions budgétaires.
En effet, au menu du jour, un devoir de vacances délicat, sans aucun doute difficile à appréhender, qui aura des répercussions, dans les semaines à venir.
En dehors du coup médiatique sarkozyien que cela n’a pas manqué de créer, cette convocation, en pleine chaleur, en l’absence d’information spectaculaire, si ce n’est celle ayant fait ces derniers jours « la une » des journaux concernant l’application de mesures sécuritaires, l’état des finances du pays demeure préoccupante.
On comprend que le cher Président, en pleine canicule, en fasse une de ses toutes priorités, et organise une réunion de la plus haute importance, loin des regards et des ministères.
On imagine bien nos trois ministres contraints de quitter leurs lieux de résidences de vacances, le sourire aux lèvres, arrivant dans la salle de réunion, ayant, n’en doutons pas, obligé leurs collaborateurs à leur rédiger des notes et documents afin d’élaborer le budget 2011.
Même si rien n’a filtré, la triste réalité économique oblige à constater une révision de la croissance à la baisse pour 2011. Pas de mystère concernant la poursuite de la réduction des dépenses publiques et la remise en cause de certaines niches fiscales voire certaines exonérations qui pourraient être supprimées.
De plus, si l’on ne veut pas toucher à l’augmentation de certains taux de TVA, comme quelques figures politiques le préconisent, chacun sait que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, il faudra bien rechercher des solutions autres, car aux dernières nouvelles, il resterait à trouver 4 millards d’euros.
Qui devra payer ce manque à gagner, certainement les plus touchés, comme à l’accoutumée, seront les classes moyennes, contribuables les plus nombreux, ceux qui consomment davantage et participent donc à relancer la croissance.
Mais il ne faudrait pas que la situation continue à se dégrader, par la diminution des aides financières en direction des populations fragilisées, en supprimant des prestations indispensables, génératrices d’emplois.
Il y a plus de deux siècles, le Baron Louis déclarait : « Faites-moi une bonne politique, je vous ferai de bonnes finances », souhaitons que les devoirs de vacances du Président et de ses ministres concernés réunis au fort de Brégançon aillent dans ce sens, nos concitoyens apprécieront les décisions et jugeront les actions suivant leurs convictions.














