Les comptes de la Cour ou plutôt les contrôles qu’exercent les magistrats de l’auguste chambre se livrent annuellement à la publication de rapports concernant la gestion de nos gouvernants et des édiles locaux.
A la tête de la Cour des Comptes, un 1er Vice-Président nommé, en principe, pour ses connaissances, son expérience qui font autorité sur ses pairs et qui conserve une certaine liberté d’expression et de propositions.
Le Président en exercice Michel Seguin, plusieurs fois député, ministre, ancien Maire de cette ville mythique par ses images Epinal, en y mettant les formes, lui-même en a, lance des observations dont certaines apparaissent tels des pavés dans la mare de ses amis politiques.
Ainsi cette semaine, c’est au niveau des régions que le bas blesse, car la reprise des trains régionaux, les fameux TER, coûte cher et n’atteindrait pas la rentabilité escomptée.
Il convient de souligner qu’au nom de la sacro-sainte décentralisation, l’Etat s’est déchargé sur les assemblées régionales qui ont hérité du bébé, en l’occurrence du matériel assez vétuste qu’il a fallu réformer et changer. Ces acquisitions ne sont pas gratuites et représentent un investissement non négligeable. Par contre, l’entretien des voies, reste à la charge de l’Etat, géré par RFF ( Réseau Ferré de France ) qui ne peut faire face à tous les besoins recensés d’autant que la maintenance n’avait cessé de se dégrader au fil des années.
Alors la vénérable Institution dénonce tout de go que la gestion par les régions serait presque calamiteuse en occultant le passé, en oubliant de relativiser la nouvelle situation. En effet, certains critères d’appréciation tels que l’augmentation de la fréquentation, plus de 27%, ce qui n’est pas négligeable, n’a pas été pris en compte. La satisfaction des voyageurs ne se chiffre pas, elle doit s’apprécier à sa juste valeur.
Ainsi, la France qui détient certainement le plus beau maillage de voies ferrées du monde n’a pas su préserver ce patrimoine y compris l’entretien des ouvrages d’art remarquables, à l’image de ces viaducs construits par Effel ; témoins d’un siècle inventif, ingénieux appartenant aux grandes gloires de l’ère du chemin de fer et qui s’intègrent parfaitement aux paysages naturels de la douce France.
Alors, messieurs les magistrats qui dénonçaient certaines dérives, considérez aussi que la France profonde existe, au travers de ses habitants régionaux, locaux qui sont des administrés à part entière. Porter des jugements d’un bureau douillet, au nom de la saine gestion, certes indispensable, ne doivent pas omettre que les élus d’une région représentent une population à qui l’on doit, tout de même, quelques égards !
Veuillez, messieurs les censeurs, méditer cet extrait de l’évangile selon St Jean :
« Cessez de juger sur l’apparence, jugez avec équité ».















