« Désormais, les fêtes sont terminées, il n’y a plus de touristes donc plus de bateaux sur le bassin, on est tranquilles pour un moment. Mais à Pâques, ça peut revenir : il faut être prudent ». Damien Boulan, ostréiculteur au Cap Ferret, résume l’état d’esprit qui semble aujourd’hui dominer parmi les producteurs d’huîtres du Bassin d’Arcachon.
« Quid si les souris meurent encore ? »
« Le 31 décembre, on a reçu l’annonce par texto : »le test souris est remplacé « . En fait, le test chimique qui est mis en place existait déjà , et s’il passe en priorité, le test souris reste en deuxième rideau, poursuit Damien Boulan. Or, aucune explication ne nous a été donnée sur ce qui va se passer si le test souris est de nouveau positif : si les souris meurent, qu’est-ce qu’on fait ? On ferme ? » Selon le jeune ostréiculteur du Cap Ferret, l’enthousiasme de la profession qui a suivi l’annonce du Ministère semble aujourd’hui laisser place à la prudence : « on ne fait pas comme si tout allait bien désormais dans le meilleur des mondes. »
Car en effet aujourd’hui deux méthodes coexistent pour vérifier l’état sanitaire des huîtres. Le test souris et un procédé d’ « analyse chimique », qui vise des familles différentes de toxines. « L’analyse chimique sert à identifier des toxines connues, explique Isabelle Auby, adjointe du chef du laboratoire Ifremer d’Arcachon Roger Quentin. Par exemple les toxines diarrhéiques, qui comptent quatre familles. Par cette méthode d’analyse 9 groupes de toxines sont recherchés. En fait cette méthode existe depuis longtemps. Le test souris va rester d’actualité pour les autres toxines, dites paralysantes, telles des molécules lipophiles. Et il demeurera valable le temps que le Ministère jugera ».
Causes toujours inconnues
Un temps qui pourrait être long ! Car on ignore toujours pourquoi les tests souris de l’été dernier se sont révélés positifs.

- Les ostréiculteurs du bassin, de l’enthousiasme à la prudence
- Photo Bordeaux Actu - Stéphane Moreale
« On ignore encore le pourquoi des tests positifs de ces derniers mois, et ce malgré le gros programme d’investigation en cours, poursuit Isabelle Auby. Cela ne peut pas être une substance chimique, car cela sous-entendrait qu’elle était en grande concentration dans les eaux du bassin, ce qui n’a pas été le cas. Est-ce un champignon ? Une bactérie ? On ne sait pas ». Les chercheurs ne savent pas plus quel rôle a joué dans la survenue de l’agent (ou des agents) toxique(s) le réchauffement des eaux entre le printemps et l’automne derniers. Autant d’incertitudes qui font que l’on risque d’entendre encore parler un bon moment du test souris...
















