Il serait exagéré de dire que vous ne connaissez que lui. Christian Audigier, pourtant, tient désormais sa place dans l’univers médiatique français. Ce n’est pas près de changer puisqu’après les Etats-Unis il veut conquérir la France. Un service communication y veille. La preuve, sa fiche wikipédia est mise à jour en temps réel. En début d’été - vous n’étiez pas couché - vous l’avez vu chez Laurent Ruquier. Il devenait sympathique à force d’être, tout au premier degré, content de lui. En septembre, il investissait la mode parisienne, offrant aux salons de l’habillement un vaste lounge bar,
comme un pendant temporaire du Palais des Sports. Maintenant, il assure s’intéresser au Club Méditerranée, pour un rachat en partenariat avec Bernard Tapie.
D’excès et d’égo
L’homme fait de son ego surdimensionné un argument de vente et l’instrument d’une promotion commerciale d’un type nouveau. D’autant plus étonnante, cette promotion, qu’elle se déploie tous azimuts. Le spectacle permanent crée le buzz, le buzz crée la marque, on achète la marque et non plus des t-shirt, des jeans, des ponchos, du vin, des cartables ou des crayons .... enfin, tout ce qui peut se glisser sous l’habillage Chritian Audigier dont, depuis peu, c’est l’air du temps avec la grippe A, des produits antibactériens pour les mains.
C’est le Français qui, après plusieurs vies, pas toutes terminées dans les meilleures conditions, a fait fortune en Californie en battant les américains sur leur propre terrain, la démesure.
Tout cela à base de dessins, mais quels dessins ! Riches, foisonnants, flamboyants. En première vision, on croit que deux motifs se chevauchent, voire trois, tant l’oeil est envahi. Puis la rigueur des traits apparait, l’extrême précision de la construction se perçoit. Qui dira qu’il introduit du descartes dans le friendly ? La fulgurance des lignes, ne serait-ce la rectitude des tracés, évoque Matthieu, le peintre qui fut aussi créateur des défuntes pièces de 10 francs grand format.
ED Hardy à Bordeaux
A Bordeaux, c’est chez Fashion Store, 2 rue de la Merci, que l’on peut trouver, en exclusivité, les vêtements ED Hardy, marque de Christian Audigier. Il sera plus difficile de se procurer les bagages et autres cartables. Les lycéens bordelais, ou leurs parents, ont parfois de vraies timidités. Pourtant quel spectacle si les élèves alignaient une trentaine de motifs plus excitants les uns que les autres, et tant pis si, combiné avec des ponchos de la même eau, ça entraine, c’est sur, convocation immédiate chez le proviseur.
Pour l’instant, malheureusement, ce n’est que dans les salons d’exposition qu’on peut voir d’aussi formidables panoramas. Idée : La pratique de l’exposition estivale et viticole se généralise. De plus en plus de châteaux en font, au risque d’offrir du banal parfois. Exposer la collection complète des cartables Audigier, le succès assuré.
Vins et Champagne aussi
Le vin, parlons en justement. La verve du styliste déborde des vêtements, le vin passe sous ses couleurs. La cave de Montpeyroux, Languedoc, a compris le parti à tirer de bouteilles customisées Audigier. Le graphisme est bon pour introduire sauvignon, syrah et autres cabernets dans des lieux où l’on trouve plus fréquemment gin-tonic et rhum-coca.
Nos caves girondines n’ont pas encore les mêmes audaces. Dommage peut-être, d’autant que même les champagne se lancent, avec du premier cru en plus, Champagne Dumangin sous habillage d’argent et graphisme d’apparat.
Comme on ne prête qu’aux riches, et que l’homme a toutes les audaces, certains dans le lounge bar susurraient que Philippine de Rothschild pourrait lui confier prochainement l’étiquette de Mouton Rothschild, puisque chaque année celle-ci s’orne de l’œuvre d’un artiste différent.




















