Les gardiens de prison ont manifesté leur ras-le-bol par une présence constante quotidienne devant les maisons d’arrêt, centres de détention, prisons, sous la haute surveillance de leurs collègues, gardiens de la paix.
Quelques échauffourées ont été constatées et des charges choquantes, ici et là , entre collègues, quelle tristesse, ont été enregistrées, décidément, le maintien de l’ordre républicain n’a pas de prix, alors qu’ils appartiennent quasiment, à la même catégorie de fonctionnaires.
Ainsi , les surveillants de prison dont la tâche ingrate est souvent mal connue voire ignorée du grand public, ont le rôle difficile de garder ces condamnés, sans leur consacrer le temps pour lequel leur fonction le prévoit, et les préparer aussi à leur réinsertion.
Bien que la loi leur interdise de se mettre en grève, ils ont déjoué le système, en manifestant devant leurs établissements pendant leur temps de repos, afin d’attirer l’attention des responsables politiques, de la population, des médias, ce qui a eu pour effet d’engager des négociations avec le ministère de la Justice, en particulier, in fine, avec la ministre Rachida Dati.
Malgré des efforts consentis pour l’embauche d’effectifs supplémentaires, le compte n’y serait pas ! La surpopulation carcérale : plus de 62 000 détenus qui vivent dans des conditions de promiscuité souvent dénoncées, y compris au plan européen, ne sont guère rassurantes. Une succession de rapports ont été élaborés sur une situation qui ne cesse de se dégrader : des solutions préconisées pour y remédier progressivement tardent à se réaliser.
Il en est dans ces domaines, comme bien d’autres, un jour arrive où la coupe est pleine, elle déborde ! Pourquoi ne pas engager le dialogue avant d’en arriver à des débordements dus, en grande partie, à une exaspération qui ne fait que grandir au fil des jours. Alors, que justice soit rendue pour ceux qui exercent un métier reconnu difficile et représentent le seul lien , parfois le dernier, avec ceux qui ont souvent commis l’irréparable, mais n’en demeurent pas moins, des êtres humains !
Difficile problème qui se révèle : celui des prisons françaises, du personnel pénitentiaire, de la détresse qui s’empare de ces deux populations : les incarcérés et ceux chargés de les garder !
A ce jour, les revendications semblent s’apaiser, des accords se dégager, même si le compte laisse à désirer, les responsables doivent rester attentifs à ces difficutés révélatrices d’une société en mal de vivre, d’exister, tel que le décrivait cet écrivain contemporain japonnais « Abe Kôbô » : « La souffrance de l’emprisonnement réside dans le fait que l’on ne peut, à aucun moment, s’évader de soi-même ».















