Bio ou pas bio ? C’est l’éternelle question du consommateur. Face à la multiplication de produits dans les surfaces de distribution de toutes tailles, le consommateur n’arrive pas toujours à retrouver son chemin dans l’offre agroalimentaire. Par ailleurs, les français se sentent de plus en plus concernés par les problèmes environnementaux et cherchent à manifester cette prise de conscience dans les produits qu’ils choisissent d’acheter. Mais parfois cela semble complexe : il faut savoir se retrouver dans les labels, les prix ne sont pas toujours à la portée de la population et les informations sur ce type de produits ne sont pas claires. Alors, que doit-on faire ?
À l’occasion de la Foire Internationale de Bordeaux, une conférence autour du sujet « Faire mes courses bio. Mode d’emploi » a été organisée par l’Association ArBio (Interprofessionnel biologique d’Aquitaine). Les visiteurs du salon ont eu l’opportunité de poser des questions aux cinq circuits de distribution présents dans la conférence : Biocoop, Paysans.fr, Cata33, Auchan et M. Bruneau organisateur des marchés bio en Aquitaine.
Consommons bio pour que les prix baissent ! Le débat s’est très vite concentré autour de la question des prix des produits « bio ». Pour Christophe Durand, gérant de trois magasins Biocoop dans la Cub, ce problème est essentiellement causé par les modes de consommation actuels. « Si les gens se mettent à consommer bio, la production devra suivre et en conséquence les prix devraient baisser » a-t-il dit. L’Aquitaine n’est pas une région très dynamique en ce qui concerne la production « bio », même si globalement c’est un marché en progrès. Le gérant spécialisé bio affirme être là surtout dans une démarche pédagogique, conscient qu’il est nécessaire de promouvoir la consommation afin de vraiment faire évoluer le marché.
Qualité certifiée et prix justifié. L’association ArBio a aussi installé un stand dans l’espace « Cuisine et terroirs d’Aquitaine ». Antoine Verger, représentant de l’association, a affirmé que cette année, et pour la première fois, ils ont voulu mettre bien en avant l’association. Le stand, très spacieux, est là pour exhiber les produits aquitains qui possèdent le label AB et pour parler au grand public de la qualité de ses produits. Pour Antoine Berger, le problème du prix des aliments bio n’est pas vraiment un problème : « les prix sont élevés parce que c’est cher de faire du bio, pour désherber un même terrain à la main il faut 200 heures de travail, alors qu’une machine peut faire le même travail en 3 heures ». Le prix est donc justifié par la main d’œuvre nécessaire pour cultiver bio. Alors, pour que toutes les familles puissent accéder aux produits issus de l’agriculture biologique, il existe des initiatives qui leur permettent d’avoir, pour à peu près 20 euros, un panier qui nourrit une famille de 4 à 5 personnes.
Le bio ne connaît pas la crise. Selon une récente enquête CSA - Agence Bio, le marché « bio » ne connaît pas la crise. En Aquitaine, il existe 1125 terrains d’agriculture biologique et 230 transformateurs. En guise d’exemple, l’entreprise « Maison Meneau »
localisée à Saint-Loubès produit des sirops « bio » avec les fruits d’Aquitaine, du sucre des îles et sans résidus chimiques garanti. Pour l’association, l’espoir de l’agriculture biologique repose sur ces entreprises de proximité qui leur permettent d’affronter les critiques concernant les émissions de carbone dans le transport des produits bio, souvent venus des quatre coins de la planète.


















