C’est dans le magnifique bureau « habillé » de bois précieux, travaillé et ciselé du Président de la Chambre de commerce et d’Industrie de Bordeaux, place de la Bourse,

- Laurent Courbu en imperméable gris, aux côtés d’Hugues Martin, Francis Idrac et Alain Rousset, pour la pose de la première pierre du pôle des métiers de bouche à Bordeaux Lac
- PHOTO BORDEAUX ACTU - STEPHAN FOLTIER
poste ô combien convoité tous les 5 ans, que Laurent Courbu s’explique sur l’insertion d’un encart dans le Sud Ouest de mardi dernier, qui exprime le mécontentement de la CCI sur les projets locaux ralentis d’équipement des transports.
Tout d’abord, l’extension du tramway n’ira pas jusqu’à l’aéroport, seul un bus desservira les limites de la zone industrielle de Mérignac pour aller jusqu’à l’aéroport. « Nous sommes inquiets car nous y voyons un double problème : l’accès à l’aéroport et le désenclavement de la zone routière autour de l’aéroport, mais aussi la desserte de ce bassin d’emplois et pour toutes les entreprises présentes, comme entre autres Cofinoga, Décathlon qui a fait le choix récent de s’implanter ici. Face à cela, aucune décision, et il suffit de voir l’engorgement du trafic dans ce secteur entre 8 heures et 9 heures 30. du coup, la zone de chalandise de l’aéroport est réduite, et les Charentes en sont même exclues ! ».
« Le monde économique n’est pas consulté »
" Nous avons récemment appris par la presse la mise à 2x3 voies de la rocade en deux tranches, et que le projet

- Le Président Courbu ici à côté de la Baronne De Rotschild en train de présenter les tableaux de sa famille exposés dans un pavillon de « Bordeaux Fête le Vin » en juin 2006
- PHOTO BORDEAUX ACTU - STEPHAN FOLTIER
laissait de côté pour l’instant la partie Mérignac - Pont d’Aquitaine. Nous souhaitons donc que tous les éléments soient bien pris en compte en même temps. Et nous avons aussi appris par la commission infrastructure de la CCI (dont font partie la DDE, l’aéroport, etc.) que le tramway ne desservirait pas l’aéroport... Nous n’acceptons pas que le développement économique soit sacrifié par du saupoudrage de connivences locales et du clientélisme politique ! Nous comptons par conséquent nous faire entendre au prochain conseil de CUB du 30 mars, et nous organiserons une réunion préalable où nous inviterons les principaux décideurs, Alain Rousset, Alain Juppé et Michel Sainte-Marie, et la presse. Les deux reproches essentiels face aux décisions politiques sont que cela ne donne pas une vision structurée de ces projets et que le monde économique n’est pas consulté ".
Bordeaux Actu : Monsieur le Président, au niveau de l’équipement commercial en région Bordelaise, quels sont les objectifs et comment vous positionnez-vous face au projet du « village des marques » ?
Laurent Courbu : " La CDEC* veille à l’objectivité des décisions, et la CCI de Bordeaux est plutôt pour un investissement raisonné. sur ce projet, nous nous sommes prononcés pour car c’est une zone en vraie difficulté et le chômage est à un niveau important, alors que ce projet prévoit environ 500 emplois.
nous avons déjà visité des modèles similaires à Barcelone et à Bologne, situés sur des grands axes de circulation. Les zones de chalandise sont alors de 200 voire 300 kilomètres autour, ce qui améliorerait l’attractivité du territoire et serait même préférable pour tous. Alors, bien sûr, il y a des recours qui ont été déposés, mais le recours, c’est l’arme des faibles... « _ B A : » Et pour Quai des marques, aux hangars des quais ? "
L C : « Nous sommes réservés. D’abord, il faut rappeler que l’équipe lauréate pour le projet des hangars MAP / Eiffage a volé en 6 mois, et Eiffage a rempli ces hangars comme il a pu, notamment avec des bureaux ce qui était loin des volontés annoncés ! Une fois Eiffage débarrassé pour avoir vendu au groupe Affine, il échappe au CDEC et risque maintenant de porter tort au centre ville. Il vaut mieux cela qu’en friche, mais ce nouveau propriétaire doit faire le bon choix... Et d’ailleurs, je verrai bien un centre d’hydrothérapie, un centre de soins, un de remise en forme, des magasins de sports, de vente et de réparation de vélo, etc. »
B A : « Dans le prolongement, concernant le port, votre proposition en réponse à l’appel d’offres, a été rejetée. Pourquoi ? »
L C : La zone a été élargie au bassin à flots numéro 2 et à l’ancien port pour des opérations immobilières dessus. Selon nous, il est particulièrement important de garder une cohérence entre le port et l’activité en périphérie, dont la filière nautique. Ainsi, il pourrait y avoir des ateliers de maintenance nautique, de corderie, des magasins d’accastillage, de voilerie, etc. ".
B A : « L’association de commerçants La ronde des Quartiers voudrait utiliser son budget Internet d’une certaine manière et vous d’une autre, semble t-il ? »
L C : « Nous soutenons financièrement et en logistique les associations de commerçants de Bordeaux, et nous pensons que le site d’ » Ecobizz « qui existe déjà peut suffire pour le projet de la Ronde des Quartiers, mais ils peuvent agir d’une autre manière, nous ne les empêchons pas ».
B A : " En tant que Président de la CCI de Bordeaux, vous êtes Président de Bordeaux Ecole de Management. Mais

- Les dirigeants de l’Union SB-CABBG et Laurent Courbu qui vient de recevoir son maillot de partenaire
- PHOTO BORDEAUX ACTU - STEPHAN FOLTIER
elle va devoir déménager bientôt, n’est-ce pas ?
L C : " Oui en effet. c’est une école qui fonctionne bien. elle est dans le top 10 des écoles de management en France, avec 2300 élèves, des formations de 3ème cycle et des masters comme dans les métiers du vin. Les locaux sont devennus exigüs, et nous comptons les installer à la ZAC de la Bastide II, juste à côté du pôle de gestion Bordeaux IV. La décision a été prise et nous avons placé une option sur le terrain.
Pour le financement, nous envisageons deux pistes : soit un co-financement par le Conseil régional d’Aquitaine puisqu’il s’agit d’enseignement supérieur, soit un bail emphytéotique administratif qui est une formule rapide et peu coûteuse pour pouvoir mener à bien le projet.
B A : « Quels étaient vos responsabilités avant de devenir Président de la CCI ? »
L C : " Il faut toujours se rappeler d’où l’on vient. je viens d’une famille du bâtiment, et j’ai rapidement milité dans la Fédération de ce secteur d’activité, et je me suis toujours attaché à m’investir dans des actions qui ne sont pas égoïstes. J’ai été membre de l’UPG (ancêtre du MEDEF 33) et entre-temps élu à la CCI. Puis le MEDEF a souhaité que je sois tête de liste aux avant-dernières élections.
B A : « Votre meilleur souvenir ? »
L C : « C’est bien évidemment à la fin des années Chaban, au sein d’un petit groupe de chefs d’entreprises, nous avons rédigé un livre blanc pour le réveil de Bordeaux en y inscrivant de nombreuses idées en noir et blanc et publié à frais d’auteur. Notammen la nécessité de s’occuper particulièrement des 3 B : Bacalan, Bastide et Benauge. Des idées qui ont pour la plupart été reprises par Alain Juppé ».
B A : « Et quel a été votre modèle ? »
L C : « Antoine Ribou, un industriel de l’emballage puis de l’agro-alimentaire, mais il fut plus un repère pour moi qu’un modèle ».
B A : « Et quelle est votre actualité à la chambre de Commerce et d’Industrie ? »
L C : " La publication des comptes 2006 se fera pendant notre assemblée plénière au début du mois d’avril. Ils sont assez exceptionnels, et pour cela, je rends hommage à Dominique Babin, le Directeur général.
















