On a beau « être au taquet » et « ne plus arriver à faire face », s’étrangle Gérard Flak, administrateur de la Banque alimentaire de Bordeaux et de la Gironde (BABG), chargé du développement et de la communication. Ce mardi, c’est une date anniversaire. Dans le fond du immense hangar de la zone industrielle Alfred Daney, l’assemblée est très attentive. Pourtant, lors des tables rondes, entre cris d’alarmes, misérabilisme et discours politiciens pré-régionales, le climat est lourd...
Pourtant, la Banque alimentaire de Bordeaux, avec 4.500 tonnes de produits collectés et redistribués, est la deuxième plateforme du réseau national qui en compte 79.
La dépendance aux donations, qui plus est par temps de crise, donne peur à la BABG de perdre pied. 45% en plus de bénéficiaires à Bordeaux en un an et demi : l’association lance des bouées où elle peut dans le raz-de-marée de la précarité.
Quatre projets dans cet esprit ont été dévoilés : créer de petits « îlots » d’entreprises agricoles dans le Médoc pour y stopper net la paupérisation ; mettre sur pied des ateliers de re-conditionnement de produits frais (fruits, légumes, viandes) trop vite retirés du circuit ; proposer des stages et/ou formations pour les personnes défavorisées ; mais aussi, pourquoi pas, créer une maison du partage qui accueilleraient des précaires le temps d’un bon repas.
Pour ce 25ème anniversaire, choisir une table ronde comme moyen d’expression, avec l’ensemble des partenaires et décideurs politiques, n’a pas véritablement mis au centre des débats l’urgence de la situation, transformant par instants cette réunion en meeting politique. Mais « les bénévoles sont fatigués, nos moyens ne suivent plus », s’inquiète M. Flak et hausser la voix, prendre le micro a permis de faire pour le plus grand nombre le diagnostic de la précarité en Gironde et de solliciter les hautes instances pour ces nouveaux projets de réinsertion sociale.
















