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le jeudi 2 juillet 2009

LGV | SUD OUEST | Le Grand Projet de Ligne à Grande Vitesse remet les gaz ... pour dix ans

Les millions investis dans les études de réalisation de Ligne à Grande Vitesse dans le sud ouest, avec notamment Bordeaux, au carrefour de ce chantier, ne partiront pas en fumée. C’est en tout cas ce que laisse présupposer la lettre de Nicolas Sarkozy envoyée à Alain Juppé, favorable au projet.

Il y a un mois, Alain Rousset, président du Conseil régional Aquitaine, s’adressait par écrit au président de la république : « J’ai appris par la presse régionale samedi 30 mai que madame Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur en exercice et élue municipale de Saint-Jean-de-Luz, avait ordonné aux préfets des Pyrénées-Atlantiques et de Région de suspendre les études et réunions de concertation concernant la LGV au Sud de Bayonne. Les élus d’Aquitaine dans leur quasi unanimité, comme les acteurs socioprofessionnels, sont indignés devant une telle injonction. »

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TGV en gare de Bordeaux
Photo Bordeaux Actu - Bernard Lamarque

Au même moment, Nicolas Sarkozy déjeunait avec Alain Juppé à la Tupiña, chez Jean-Pierre Xiradakis lors de son passage à Bordeaux pour introduire le Congrès de la Mutualité. En pleine campagne européenne, le maire de Bordeaux évoquait le dossier LGV Sud Europe Atlantique (SEA), devant lequel le président n’est pas resté insensible, puisqu’il a demandé aussitôt l’accélération du projet à son secrétaire général Claude Guéant. Aujourd’hui, le président Sarkozy en fait une affaire personnelle, en répondant à Alain Juppé par courrier : « la branche centrale Tours-Bordeaux devrait faire l’objet d’ici fin juillet du lancement du second tour de l’appel d’offres de mise en concession ». L’aval du président apparaît pour l’ensemble des collectivités locales un énorme soulagement. En effet, depuis 15 ans, le sujet traîne, et les crédits promis par l’Union Européenne risquaient, à l’annonce maladroite de Michelle Alliot-Marie, de s’envoler en fumée.

Où en est le dossier :
- L’appel d’offres pour la mise en concession de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux a été lancé le 14 février 2008
- Les offres des candidats pour le premier tour ont été remises le 15 septembre 2008, le second tour étant promis fin juillet en vue du démarrage des travaux en 2011
- Les études des branches Bordeaux-Toulouse, Bordeaux-Espagne et Poitiers-Limoges sont en cours dans l’objectif de lancer les enquêtes publiques.

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Caténaires de la ligne actuelle Bordeaux Irun
Photo Bordeaux Actu - Bernard Lamarque

Il faut dire que le dossier Ligne à Grande Vitesse Grand Projet pèse quasiment 10 milliards d’euros dans son ensemble. Les chiffres dévoilés par les défenseurs du projet sur le site www.defendonslalgv.fr, à l’initiative des président et vice-président de la Communauté Urbaine de Bordeaux Vincent Feltesse et Ludovic Freygefond, parlent de 7,2 milliards d’euros pour la LGV Sud Europe Atlantique (SEA). Les travaux concernent la liaison Tours-Bordeaux, et en créant 15 000 emplois et 300 km de lignes nouvelles, en 2016, Bordeaux serait désormais à 2 heures de train de Paris (contre 3 heures aujourd’hui). Bordeaux, au cœur de projet, sera relié, dans un même temps, à Toulouse en 1 heure (il faut 2 heures 15 en TGV aujourd’hui) et à Hendaye en 1 heure 30 (contre 2 heures aujourd’hui). Dans un deuxième temps, à l’horizon 2020, il faudra seulement 45 minutes (contre 1 heure 40 actuellement) pour rejoindre Limoges depuis Poitiers. Le projet nécessite 2 milliards d’euros, pour 115 km de ligne nouvelle et 5000 emplois crées. C’est donc essentiellement un gain de temps qui ressort des avantages liés à la réalisation de cette ligne rapide, si l’on s’accorde tous à reconnaitre aussi l’intérêt écologique de la manœuvre : avec des temps aussi courts, c’est « le report du trafic aérien et routier vers le transport ferroviaire ».

Il appartient désormais aux 58 collectivités locales concernées à s’engager financièrement aux côtés des concessionnaires privés, choisis par Réseau Ferré de France à l’issue des appels d’offres. Avec le soutien de l’Etat et les 700 millions d’euros promis par l’Union Européenne, Alain Juppé, pour la ville de Bordeaux, et Alain Rousset, pour la région Aquitaine, ont ici un grand boulevard pour travailler conjointement sur les dix ans à venir.

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