Bordeaux Actu pub
fontsizeup fontsizedown Enregistrer au format PDF Impression Envoyer l'article par mail Suivre la vie du site syndiquer le forum 0 réaction
par Jean-Pierre Dubarry le lundi 23 mars 2009

AGROALIMENTAIRE

L’agroalimentaire Aquitaine en salon et en action

Retour du Salon de l’Agriculture de Paris

Le Salon de l’Agriculture, édition 2009, s’est achevé début mars. Le recul est maintenant suffisant pour faire un bilan, d’ailleurs favorable. Pierre Cambar, est directeur de l’AAPrA, l’organisme dont l’Aquitaine s’est dotée pour promouvoir l’agro-alimentaire régional. Dans une très large mesure, il a été le maître d’Å“uvre de la présence Aquitaine au salon. Il en tire, pour nous, les principaux enseignements.

Bordeaux Actu : Le salon de l’Agriculture est maintenant passé. Quel bilan en faites-vous ?
Pierre Cambar :
D’abord, c’est à souligner, le Salon, dans son ensemble a été un succès. Une fréquentation en hausse de 15% - alors que la stagnation, voire le repli, affecte la plupart des activités - montre bien qu’il existe, entre les Français et l’Agriculture un lien très

JPEG - 67.3 ko
Vincent Poussard en action
PHOTO BORDEAUX ACTU - BERNARD LAMARQUE

fort.
Naturellement, l’Aquitaine a eu sa part du succès et devrait tirer profit de cette réussite. Vous savez que la région avait la présence la plus importante de toutes les régions de France. Sa visibilité au regard du flux de visiteurs aura des conséquences bénéfiques certaines pour notre agro-alimentaire et pour le tourisme.

Parlons de cette participation. Quels objectifs ?
Pierre Cambar :
Le salon est une manifestation « grand public ». C’est aux attentes de ces très nombreux visiteurs que devaient répondre nos deux pôles de présence sur le salon.

Bordeaux Actu : Pourquoi cette dispersion en deux endroits qui a surpris beaucoup d’aquitains en visite ?
Pierre Cambar :
Cela tient à l’organisation même du salon. Celui-ci occupe plusieurs halls du Parc des expositions de la Porte de Versailles et chacun de ces halls a sa thématique propre. Nous avions notre stand de représentation au milieu du hall 1. C’est le hall de prestige. Celui consacré aux gros animaux. Il est aussi le plus couru par les visiteurs, souvent les familles ne s’intéressent qu’à celui là.
Ce stand unit trois finalités. Il est un point de ralliement pour les aquitains (et leurs amis) présents au salon. Les éleveurs dont les bêtes participent au Concours Général ont plaisir à s’y retrouver et chaque participant peut, sans difficulté, utiliser un box pour un rendez-vous d’affaires ou d’amitié.
C’est également le lieu pour organiser des réunions de prestige destinées à « communiquer » (selon le terme consacré).
Mais c’est aussi, et surtout, le lieu qui doit retenir l’attention des visiteurs, leur donner une bonne image de l’Aquitaine et de ses produits.

Bordeaux Actu : Justement, qu’avez vous fait pour cela ?
Pierre Cambar :
Pour comprendre, il faut se remettre dans l’ambiance. L’endroit est favorable. Les alentours attirent les visiteurs, avec, tout près du stand,

JPEG - 53.1 ko
Pierre Cambar
PHOTO BORDEAUX ACTU - BERNARD LAMARQUE

l’alignement de ces magnifiques bêtes que sont les Blondes d’Aquitaine ou les Bazadaises, taureaux et vaches primés au Concours Général, et, un peu plus loin, les porcs basques (avec des porcelets aux cris parfois stridents qui attirent). Si l’endroit est favorable, il est aussi concurrentiel. Tout autour, d’autres exposants, notamment ceux des grands produits de l’élevage, multiplient les animations, les jeux, voire les cadeaux.

Bordeaux Actu : Alors l’Aquitaine ?
Pierre Cambar :
Nous avons choisi une présentation mettant en valeur la qualité des produits aquitains. D’abord par le visuel et les très belles photos formant affiches décoratives. Puis en accueillant autour du stand quelques produits caractéristiques, de grande renommée, que le public peut acheter. Ainsi, les Cabécous de Dordogne, nouveaux venus cette année aux cotés des fromages d’Ousso-Iraty.

Bordeaux Actu : C’est là l’un des trois objectifs que vous avez explicités lors de votre prise de fonction à la tête de l’AAPrA : la communication sur les produits d’Aquitaine. Qu’en est-il de l’objectif l’éducation du goût ?
Pierre Cambar :
Nous avons réuni les deux objectifs dans une formule originale. Pendant tout le salon, en permanence, des chefs renommés ont réalisé en public des préparations mettant à l’honneur des produits d’Aquitaine.

JPEG - 53.3 ko
PHOTO BORDEAUX ACTU - BERNARD LAMARQUE

Le public ensuite pouvait les déguster ...dire « ensuite » traduit imparfaitement la réalité, « pendant » serait aussi exact. Il y a un véritable échange entre la curiosité (et la gourmandise) des visiteurs et les chefs présentant, en expliquant, des préparations, souvent simples, pour des mets savoureux.
En outre, vers 16h, c’était le moment des enfants avec des préparations spécialement choisies à leur intention. Le goût pour la qualité doit être stimulé dès le plus jeune âge.

Bordeaux Actu : Ces chefs opérant sur le stand, c’est le fameux « commando de 15 chefs » dont on a tant parlé ?
Pierre Cambar :
Oui, il faut ajouter que, tous les quinze, réunis autour d’Alain Rousset, le Président de région, ils ont animé une réception de prestige, alignant trois magnifiques et grands plateaux qui réunissaient l’ensemble des produits d’Aquitaine et des préparations mis à l’honneur pendant le salon.
A cette occasion, Alain Rousset les a fait (avec encore plus d’amitié que de solennité), « Ambassadeurs des produits d’Aquitaine » en leur remettant, à chacun, un trophée, conçu spécialement, que l’on devrait retrouver à l’honneur dans chaque établissement. Ce sera le symbole de leur volonté de « utiliser, valoriser et promouvoir les produits d’Aquitaine ».

Bordeaux Actu : Toutefois certains chefs emblématiques manquent à l’appel, Jean Marie Amat par exemple ou Pascal Nibaudeau, moins connu mais à la tête du seul palace girondin.
Pierre Cambar :
C’est affaire d’agenda. Eux et d’autres aussi célèbres, Michel Guérad et Thierry Marx, devraient rapidement rejoindre les « Ambassadeurs » en apportant leur créativité et leur renommée à des réunions de "Quais des Saveurs", notre vitrine de prestige sur Bordeaux.

Bordeaux Actu : Et le troisième objectif, l’appui aux entreprises ?
Pierre Cambar :
Changeons de hall. Nous sommes maintenant sur notre second pôle, dans le hall 7. Ce hall regroupe des exposants venus au salon pour vendre. Cette année, 70 entreprises accompagnaient la région. Elles ont fait au salon une part significative de leur activité soit par ventes directes, soit par prises de commandes, soit par ventes différées après envoi de catalogues.

Bordeaux Actu : Mais vendre à qui ?
Pierre Cambar :
Il faut avoir à l’esprit que le salon de l’Agriculture est un salon grand public. On n’y

JPEG - 67.1 ko
Pierre Cambar entouré d’élèves de l’ISEG à l’occasion de la présentation de l’événement « Victoire Art’Table »
PHOTO BORDEAUX ACTU - BERNARD LAMARQUE

participe pas pour rencontrer le directeur des achats d’Auchan ni pour se faire connaître d’un importateur étranger. C’est une vente directe aux visiteurs.

Bordeaux Actu : A l’heure de l’internet, n’est ce pas désuet ?
Pierre Cambar :
L’un n’empêche pas l’autre. De nombreuses entreprises de qualité restent fidèles à ces manifestations qui permettent un contact personnalisé avec les clients, anciens et fidèles ou futurs. Chaque contact est l’occasion de dégustation, et chaque dégustation, accompagnée de commentaires et d’explications est, en soi, une leçon de formation du goût. Ainsi, pour ne pas parler seulement vins, foies gras et autre préparations de prestige, un des meilleurs glaciers de France est une pme -importante -, à la limite entre Landes et Gironde, qui ne commercialise que sur les foires et salons.

Bordeaux Actu : S’il s’agit de commerce et de ventes directe que vient faire la région ?
Pierre Cambar :
Il y a deux raisons. L’une remonte aux origines du salon. Il est structuré par région. Seules les régions peuvent réserver des espaces à l’intérieur du salon, à charge pour elles de les rétrocéder à des exposants, commerçants ou autres collectivités, qu’elle associe. L’autre est question d’image, les visiteurs aiment retrouver la dimension géographique derrière les entreprises qu’ils visitent. Ce n’est pas pour rien que le hall est appelé des « Provinces de France ». Réciproquement la présence de fournisseurs de qualité - nous y veillons - renforce notre message sur les produits.

Bordeaux Actu : Justement, concernant la dimension géographique, on a une impression de désordre, des stands de départements côtoyant - pour ne pas dire ignorant - le stand de la région à laquelle ils appartiennent.
Pierre Cambar :
Faut-il aller jusqu’à critiquer le « principe de non subordination des collectivités territoriale » ? Pour l’Aquitaine, en tout cas, même si chacun tient à sa propre visibilité, l’essentiel est fait en harmonie.

Bordeaux Actu : Soixante dix entreprises dynamiques, c’est déjà un bel échantillon de l’agro-alimentaire aquitain ? Y a-t-il cependant des domaines qui auraient pu être plus présents.
Pierre Cambar :
Dans l’ensemble non, encore que l’on soit désireux de faire connaître toujours plus d’entreprises au public du salon. Cependant,les producteurs bio auraient pu être plus nombreux. Il avait été envisagé de faire un stand spécialement pour eux, on y a renoncé faute de participants en nombre suffisant. Il est vrai que ces producteurs sont sollicités par nombre de salons plus spécialisés mais ils ont peut-être tort de négliger un vaste public qui ne fera pas spontanément une démarche bio mais qui ne demande qu’à se laisser convaincre d’essayer.

Bordeaux Actu : A-t-on une idée du coût du salon pour l’Aquitaine ?
Pierre Cambar :
Il est difficile de donner un chiffre d’ensemble. Les flux identifiés, tous partenaires confondus, sont de l’ordre de 650 000 euros, auxquels il convient d’ajouter les frais de séjours et déplacements des entreprises. On doit donc tourner autour du million d’euros, sur lequel 150 000 impactent directement le budget de la région.

Bordeaux Actu : Ce qui finalement est peu, compte tenu de l’écho qu’a la manifestation, tant auprès du public parisien que chez nous, en Aquitaine car l’écho dans nos médias régionaux a été énorme. Est ce un compliment pour l’efficacité de l’AAPrA ?
Pierre Cambar :
Oui, mais c’est aussi mais une interrogation : faut-il sortir d’Aquitaine pour intéresser les gens d’Aquitaine ? C’est le fameux « ils sont montés à Paris » mais ce n’est qu’un aspect de nos préoccupations, nous sommes tout autant attentifs à agir en Aquitaine, à l’intention des gens d’Aquitaine et de nos nombreux visiteurs.

Dans la même rubrique

Document sans titre ...


Accueil - Actualités - Economie - Commerce - Tourisme - Vin - Cinéma - Spectacles - Soirées - Sorties - Blogs des communes de Gironde
Hi! Video 8 VHS bobines de films sur DVD à BordeauTransfert numérisation vidéo en dvd

BORDEAUX ACTU : Responsables et Contacts / Mentions légales / Crédits | Nos liens et partenaires | Publicité

Bordeaux Actu