Au hasard des coups de pelle
« Mon père jardinait beaucoup, ce qui m’a vite donné la détestation de tout ça au début ». Cette constatation de Jean-Paul Collaert en étonnerait plus d’un. En effet, s’il y a bien aujourd’hui un personnage du paysage bordelais qui ne se lasse pas du travail de la terre, c’est Jean-Paul Collaert. Ecrivain et « membre très actif » de l’association Les Jardins d’Aujourd’hui, notre invité du jour se livre à un petit exercice mental quelques années en arrière : « Le premier qui m’a transmis le goût du jardinage s’appelait Persenpion. Un papi qui savait jardiner simplement. De fil en aiguille, je m’y suis mis. J’ai d’abord cru qu’il fallait faire gros, je me trompais » commente modestement Jean-Paul Collaert. « J’ai ensuite créé une exploitation maraîchère en Dordogne avec des copains, et je suis monté à Paris travailler à la boutique Vilmorin ».

- Jean-Paul Collaert, écrivain, formateur atypique et passionné du jardin
- Photo Bordeaux Actu - Jonathan Beneteau
A cet époque, le futur spécialiste de la culture saine et simple se nourrissait des expériences des anciens. C’est d’ailleurs ce qui l’a amené au journalisme pour « L’Ami des Jardins » et à l’écriture pour une série de livres dits anticonformistes, ce qui explique la création de sa maison d’édition plus récemment.
Hors des sentiers battus
« Je pense être plus attiré par l’acte même de jardiner que par le résultat, même si, comme tout le monde, je suis bien content d’avoir mon kilo de tomates à la fin » explique Jean-Paul Collaert. Le papi Persenpion y est sûrement pour quelque chose, comme s’il relayait le talent d’un ancien. Aujourd’hui, Jean-Paul Collaert a abandonné son poste de président de l’association des Jardins d’Aujourd’hui, un jardin de quartier passionnant dans l’espace du jardin botanique de Bordeaux Bastide. Mais il ne reste pas pour autant impliqué dans le fonctionnement de l’association, à l’image des 25 journées qu’il a dédiées à la formation des guides composteurs. « A propos, si l’on pouvait éviter d’enseigner le jardinage à l’école, ça éviterait de faire des élèves des gens dégoutés du jardin comme on l’est pour les maths ou le français » pense Jean-Paul Collaert. L’apprentissage du jardinage, pour notre invité, passe, on l’a bien compris, par d’autres méthodes que l’enseignement classique. « Eymeric, aux Jardins d’Aujourd’hui, fait faire des choses simples aux gens, ce qui les encourage à les reproduire chez eux » constate-t-il.
Un fervent composteur
« Des personnes commencent à installer un composteur entre amis ou entre voisins, au pied de chez eux, presque spontanément » relate notre invité. « Dans un même temps, les collectivités font quelque chose ». Ce qui semble être à leur avantage si elles veulent limiter le coût de gestion des déchets. Ainsi, si l’on en croit le spécialiste en la matière, en agissant comme cela, un peu dans tous les sens, « à la française », on fait avancer les choses. En Gironde, 334 guides composteurs sont désormais formés. C’est extrêmement positif pour Jean-Paul Collaert. « Des actions de terrain commencent à se faire, et le compost est bien vu de tous ». AU printemps prochain, Jean-Paul Collaert sortira un nouveau livre « antoconformiste » : Les plantations en lasagne, aux éditions Edisud. De quoi jubiler de plaisir avec ce qu’on a (presque) tous : un morceau de terre.















