Début février, une grande partie du monde économique régional s’était penchée sur la nécessité d’équiper l’Aquitaine, et plus localement Bordeaux, de meilleures infrastructures.
Pierre Goguet, président du MEDEF (1) Gironde, en guise de piqûre de rappel, dénonce le mutisme des politiques devant ces problèmes quotidiens que sont les transports dans et autour de Bordeaux. « Une grande partie des chefs d’entreprise ont renoncé à prendre l’avion à Mérignac, au risque de le louper » affirme Pierre Goguet, en précisant que le train devenait plus rapide. Bordeaux intra-muros et sa rocade entraînent des complications 6h45 par jour. Aujourd’hui, la simple rocade génère 79 000 à 140 000 véhicules par jour, le seuil de saturation étant atteint dès 110 000 voitures (source : débat public grand contournement). Les flux vont s’intensifier quoiqu’il arrive, en raison d’une population chaque année de plus en plus nombreuse, et de la réalisation désormais en bonne voie de la Ligne à Grande Vitesse Sud Atlantique Europe (20 millions de voyageurs à l’horizon 2020). Une directive récente ouvre même la concurrence pour les trajets grandes distances aux bus comme aux Etats-Unis, augmentant de ce fait à terme le trafic sur les routes. Tous les secteurs d’activités confondus et leurs représentants montent au créneau pour alerter les élus locaux et nationaux, de l’urgence du dossier. Trois projets doivent, selon eux, voir le jour :

- Loïc Geslin, président de l’Union NAtionale des Professions Libérales
- Photo Bordeaux Actu - Bernard Lamarque
La mise à 2 x 3 voies de l’ensemble de la rocade bordelaise
Le grand contournement routier de Bordeaux
La connexion directe entre l’aéroport de Mérignac et la gare Saint Jean
Aujourd’hui, plus que jamais, les professionnels témoignent des problèmes liés au transport :
Loïc Geslin : « Si on ne résout pas ce problème, on va dans la thrombose totale ». Le président de l’UNAPL, l’Union NAtionale des Professions Libérales parle d’un calvaire au quotidien dans les transports. Lui-même expert comptable, Loïc Geslin prend sur sa vie familiale pour terminer ses journées, à cause de retard accumulé dans les transports. Et quand il s’agit de garer sa voiture en centre-ville, stress et énervement n’amènent rien de positif à la qualité d’exercer une profession de médecin, géomètre ou architecte.
Antoinette Paris : « Pour franchir Garonne et Dordogne, il n’y a pas d’autre choix que le Grand Contournement ». L’association DURRABLE (Défense des Usagers du Réseau Routier de l’Agglomération Bordelaise et les Localités Environnantes), que préside Antoinette Paris, lutte avec passion pour améliorer la circulation en Gironde. D’ici 2020, la Direction Régionale de l’Equipement prévoit 21 000 véhicules par jour en plus sur la rocade bordelaise, et 110 000 tonnes de CO2 rejetés par an (contre 46 000 tonnes aujourd’hui). Cela a donc un coût écologique, et économique, pour les professionnels qui « perdent leur temps » dans les transports. « Les méga-camions auraient pu diminuer le trafic » dit Antoinette Paris, insistant sur la prochaine asphyxie par les poids lourds du réseau.

- Jacques Maillet, co-président de l’Union Maritime et Portuaire de Bordeaux
- Photo Bordeaux Actu - Bernard Lamarque
Jacques Mallet : « l’agglomération, totalement engluée par les trafics urbains, n’est pas adaptée au ’merroutage’, les autoroutes de la mer ». Le Port de Bordeaux, qui réunit le Port de la Lune, et ceux d’Ambès, Bassens, Blaye, Le Verdon et Pauillac, ne vit que grâce à la terre, et en l’occurrence ses infrastructures. « En ce moment », affirme le co-président de l’Union Maritime et Portuaire de Bordeaux, « Bassens reçoit le trafic des bois de tempête. Les temps d’attente sont extrêmement longs pour les transporteurs, et par conséquence pour les manutentionnaires et les armateurs, à quai depuis trop longtemps ». C’est clairement un problème de compétitivité que soulève Jacques Maillet, d’autant plus que la France est attendu sur un autre terrain : le gaz naturel, avec le Port Méthanier du Verdon. Encore faut-il améliorer l’accès à la pointe médocaine.

- Yves Ratel, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Libourne
- Photo Bordeaux Actu - Bernard Lamarque
Yves Ratel : « Jusqu’à quel niveau de blocage nos responsables sont-ils prêts à aller ? » A l’heure des possibles réformes de CCI, les Chambres de Commerce et d’Industrie, le président de la Chambre de Libourne maintient son soutien (depuis 2003) au grand contournement de Bordeaux. Yves Ratel ne dément pas. Ce nouvel accès profitera au trafic voulant gagner l’Espagne, encore obligé aujourd’hui de se jeter sur la rocade bordelaise. Dans une moindre mesure, la rocade est serait allégée de quelques milliers de véhicules par jour, et les connexions inter-girondines seraient renforcées si un barreau autoroutier était construit entre l’A10 (direction Saint André de Cubzac) et l’A89 (direction Libourne).
PS : (1) MEDEF : Mouvement des Entreprises de France
















