Bordeaux Actu pub
fontsizeup fontsizedown Enregistrer au format PDF Impression Envoyer l'article par mail Suivre la vie du site syndiquer le forum 0 réaction
par Stéphan Foltier le mercredi 22 juillet 2009

HUITRES | BASSIN D’ARCACHON | Olivier Laban, président des ostréiculteurs Arcachon Aquitaine démissionne, suite à la nouvelle interdiction de consommation des moules et des huitres

Les tests biologiques effectués ce jour par le réseau de surveillance sanitaire de l’IFREMER à partir de prélèvements de moules et d’huîtres réalisés le 20 juillet 2009 dans les zones de production du Bassin d’Arcachon se sont révélés positifs avant la fin du délai réglementaire (24 heures). Une alerte sanitaire qui vient d’enflammer à nouveau la profession sur le bassin d’Arcachon, Olivier Laban en tête. Le président est excédé et a décidé de démissionner.

En application des protocoles nationaux et européens, et après en avoir informé les professionnels de la filière et la mission interservices de sécurité sanitaire des aliments, le préfet de la Gironde a décidé d’interdire à compter d’aujourd’hui la pêche, le ramassage, le transport, le stockage, l’expédition, la vente et la consommation des moules et des huîtres en provenance de l’ensemble du Bassin d’Arcachon.

Mais Olivier Laban, président de la section régionale de la conchilicuture Arcachon Aquitaine (SRCAA) est excédé : « Cela fait la cinquième saison que le test de la souris entraîne l’interdiction de la vente des huîtres du Bassin d’Arcachon. Les souris meurent après la torture d’une injection dans le péritoine, alors que les rats qui se nourrissent normalement ne manifestent aucun trouble. Cela fait cinq saisons qu’il est demandé la raison de la mort des souris et que « l’aréopage de scientifiques français » ne donne aucune réponse, et plus grave encore, ne pratique même pas les démarches de base (autopsies et toxicologies). » Il dénonce la situation périlleuse pour l’avenir de la profession : « Dans le même temps, l’application de ce test, digne du moyen âge, a généré la disparition de nos entreprises et de leurs emplois, sans parler de la détresse et du désespoir de l’ensemble des professionnels et, en particulier, des jeunes qui viennent de s’installer. »

Et dénonce du coup les engagements non tenus : « Cela fait trois Ministres, trois Préfets, trois sous Préfets qui se sont engagés sur la recherche et l’évolution de tests de substitution à ce test archaïque, soit disant imposé par la réglementation européenne mais que ni les Allemands, ni les Hollandais n’utilisent parce qu’ils le considèrent comme « pas fiable ». Ainsi que les aberrations du système : » Depuis cinq saisons, la « présumée toxicité » des huîtres remonte à 11 jours avant son annonce. Pendant onze jours nos clients consomment des huîtres « présumées toxiques » sans qu’il n’y ait eu un seul souci de santé publique. De plus, des milliers de pêcheurs occasionnels continuent de pêcher et de consommer des huîtres et des moules, toujours sans aucun effet. « Malgré les engagements des politiques et de la haute administration, il n’y a pas eu un iota d’évolution ». Et même un paradoxe politique, une procédure peu fiable échangée contre des crédits de recherche de la part de l’Etat : « L’AFSSA(1) fait appliquer un principe de précaution sur des peurs sans aucun fondement épidémiologique et des théories fumeuses sur des « toxines émergentes que l‘on ne connaîtrait pas mais qui pourraient exister ». Dans le même temps, l’AFSSA profite de ces crises pour obtenir des subventions pour la recherche (2 millions d’euros en 2006) sans aucun résultat à ce jour. »

Toujours lucide, le président défenseur de sa profession résume cette situation politiquement bloquée ainsi : « Ce cocktail de précaution Olivier Laban présente sa démission au préfet de Régionterrorise les politiques qui ne veulent pas se donner la peine d’arbitrer alors que c’est leur mission première, phagocyte l’administration centrale, qui elle, arbitre les budgets entre ses divers établissements (AFSSA / IFREMER). Mais la barque prend l’eau aujourd’hui, Olivier Laban jette l’éponge : » Il y a un an, lorsque j’ai pris la Présidence de la SRC, je pensais sincèrement que les choses allaient évoluer. Aujourd’hui, si je restais à ce poste, j’aurais vraiment la sensation d’être le complice d’une escroquerie et d’une mascarade qui va conduire à la disparition de l’ostréiculture et des ostréiculteurs du Bassin d’Arcachon. Le mensonge, la lâcheté, la compromission et l’incompétence semblent être des vertus nécessaires pour durer dans les cercles de décisions, je n’en suis pas suffisamment pourvu et à ce titre je présente ce jour au Préfet de région ma démission de l’organisme professionnel SRC Arcachon Aquitaine."

Un double coup dur pour la profession, qui se voit aujourd’hui interdite de vente d’huitres et de moules du bassin d’Arcachon, et désormais sans président régional. Que cela soit une tentative de créer une prise de conscience ou un réel abandon, les autorités politiques et sanitaires doivent réagir rapidement, car la haute saison gastronomique pour l’huitre rime avec haute saison touristique.

(1) : l’AFSSA, l’agence française de sécurité des aliments

Portfolio

Dans la même rubrique

Document sans titre ...


Accueil - Actualités - Economie - Commerce - Tourisme - Vin - Cinéma - Spectacles - Soirées - Sorties - Blogs des communes de Gironde
Hi! Video 8 VHS bobines de films sur DVD à BordeauTransfert numérisation vidéo en dvd

BORDEAUX ACTU : Responsables et Contacts / Mentions légales / Crédits | Nos liens et partenaires | Publicité

Bordeaux Actu