Les 18 et 19 mars, se tient à Bordeaux, dans les locaux de l’hôtel Régent, la Convention Invest-in-photonics. C’est la seconde après celle de fin 2008. Elle arrive avec quelques mois de retard sur le calendrier prévu et, entre les deux, il y a eu « La Crise ». Alors, suite de l’aventure ou renaissance ?
Nous avons souhaité donner une dimension plus internationale/européenne à Invest in Photonics. Pour ce faire, un Comité de programme constitué de 20 représentants de pays impliqués dans la photonique et de représentants du monde du capital-investissement a été créé. Mobiliser tant de responsables de haut niveau prend du temps et a nécessité près de 15 mois de travail.
Dans le solaire-photovoltaïque, la période récente a été faste pour Bordeaux et l’Aquitaine. Ces investissements ne sont pas nécessairement à mettre au crédit de la première convention. L’Aquitaine a-t-elle bénéficié d’autres opérations qui découlent plus directement de la convention 2008 ?
Associer Bordeaux et une technologie innovante comme la photonique et en parler au niveau mondial, c’est très bon pour attirer des investissements futurs dans la Région.

Parmi les entreprises présentes en 2008, quelles sont les réussites permises par la Convention ? Dans l’ensemble, que sont devenues les participantes ?
La recherche d’investissements en capitaux pour des jeunes entreprises technologiques prend en moyenne 1 an et demi. Certains participants de la précédente édition d’Invest in Photonics ont bouclé leur recherche d’investissements, d’autres sont encore dans le processus et d’autres enfin ont réussi à nouer des partenariats technologiques avec des centres de recherche américains de la Silicon Valley.
La convention 2010 sera l’occasion de présenter les réalisations les plus récentes dans tous les domaines de la photonique et les innovations qui pourraient arriver prochainement. En quoi ces progrès acquis ou espérés vont-ils modifier notre manière de vivre ?

La photonique est devenue partie intégrante de notre vie et accroît de jour en jour sa présence dans nos faits et gestes quotidiens. Ainsi, les niveaux actuels d’intégration des circuits intégrés ou la taille réduite et l’intelligence de nos téléphones portables par exemple ne seraient pas réalisables sans la contribution des technologies photoniques. Les technologies liées aux économies d’énergie (éclairage intelligent), liées à la production d’énergie propre (le photovoltaïque), liées à la sécurité des personnes (la vision de nuit pour l’automobile) ou celles liées à la puissance des réseaux de transmission de données (cf. article du Monde sur Cisco le 09/03) sont autant d’exemples.
Il y aura aussi une sorte de « parade », cela se dit « elevator pitch », au cours de laquelle une douzaine d’entreprises soucieuses de financement essaieront de convaincre des investisseurs. La Chambre de commerce a même recruté des « coachs » pour préparer ces entreprises à l’exercice. Est ce raisonnable que la vie d’une entreprise dépende de 10 minutes de spectacle ?

Rencontrer un investisseur en capital pour un chef d’entreprise technologique est une opération de recherche de partenaire pour aider à développer son projet. Il doit le séduire, puis le convaincre d’investir. C’est la même problématique pour un particulier qui souhaite ouvrir un restaurant ou qui a un projet à financer et qui va voir son banquier.
Les investisseurs en capital sont là pour analyser le plan d’affaires de la jeune entreprise. Investir de l’argent dans un projet risqué demande un retour sur investissement à la hauteur des risques pris. C’est le cas des entreprises qui se positionnent sur des technologies de rupture et qui peuvent soit réussir (ce qui est souhaitable pour les deux parties), soit échouer (ce qui est moins souhaitable pour les deux parties).
Au vu des risques pris par le chef d’entreprise et l’investisseur en capital, ce n’est bien sûr pas 15 minutes qui vont suffire. Mais l’exercice proposé est intéressant pour les chefs d’entreprise et un des moyens de « capter » de beaux projets technologiques pour les investisseurs.
Certains considèrent que les retombées de Mégajoule sont faibles en matière d’entreprises innovantes induites. Invest-in-photonics est-il pour le CEA un moyen commode de se dédouaner ?
Invest in Photonics n’a aucun rapport avec le Laser Megajoule.
La convention a-t-elle vraiment la résonance que l’on dit ? Son audience est-elle grande dans le monde de la photonique ?
Invest in photonics est une manifestation originale, un lieu de convergence sans équivalent. Ce n’est pas un congrès scientifique comme il s’en tient régulièrement dans le milieu de la recherche. Ce n’est pas, non plus, un salon commercial où les fabricants présentent leurs nouveaux produits comme ils le font à Photonics West, le plus important du genre, en Californie, ou, pour l’Europe, au Laser world of photonics de Munich. Et ce n’est pas seulement une cession pour financiers à la recherche d’opportunités. Mais c’est un peu de tout cela et aussi un lieu de rencontre par lequel se diffuse l’information entre des acteurs, scientifiques, financiers et industriels, mus par des préoccupations fort différentes.
C’est pour cela que, en 2007, lors des études préalables à la première convention, le projet, dès que présenté, a reçu un accueil enthousiaste de l’Union Européenne et de tous les acteurs de la photonique.
Le Comité d’organisation d’Invest in Photonics, du fait de cette dimension européenne de la Convention, a conclu des partenariats avec les grands acteurs de la photonique européenne comme les associations d’entreprises européennes (EPIC), la plate-forme Photonics 21 et les associations nationales des pôles de compétence/compétitivité pour la France.


















