A coté du Salon du prêt à porter, complémentaire et quelque peu rival, le salon Who’s Next est la composante « branchée » de la Semaine de la Mode à Paris. Initialement centré streetwear, il accueille maintenant toutes les audaces, même celle - minoritaire - de faire classique. Il attire en nombre toujours croissant de jeunes entreprises
créatives et un peu décalées (parmi lesquelles, malheureusement, bien peu de girondines). Il est aussi célèbre par ses animations, souvent sans rapport immédiat avec son objet premier de mettre en relation fabricants et revendeurs de vêtements. C’est sa manière de sauvegarder l’esprit festif de ses débuts et de maintenir une tension, source de créativité.
Tension et créativité étaient à leur comble cette année quand Groovata a investi l’espace défilé. Le programme indiquait : Groovata sound est un nouveau concept « sound system » alliant Dj et danse. Venant du Sud-ouest ces 4 artistes nous envoûtent par leur complicité, leur rythme, leur joie de vivre et leurs techniques. « Venant du Sud-ouest », il fallait aller voir. On l’a fait. On n’a pas été déçu... même s’il faut un peu de temps pour
digérer - on synthétise - cette formalisation collective d’expressions individuelles spontanées mixant toutes les formes de danses qui se sont épanouies depuis une quinzaine d’années dans nos discothèques les plus animées, pour ne pas dire les plus bruyantes.... Voyons dans le détail.
Une belle histoire. Il était deux copains qui gagnaient leur vie en vendant sur les marchés des vêtements fabriqués par d’autres. A la longue, ils ont trouvé ces vêtements tristes, aussi ils ont peint des petites fleurs et des soleils dessus ... ça a plu. Ils ont continué avec toujours plus d’idées mais ils pensaient plus vite (et mieux) qu’ils dessinaient. Des stylistes ont voulu les aider mais ils n’avaient pas les mêmes pensées qu’eux. A la longue cependant, il s’en est trouvé une qui savait dessiner exactement ce qu’ils imaginaient : La
marque « C comme ça » était née. Elle s’épanouit maintenant dans cinq magasins de la côte aquitaine, en Lorraine aussi, et - n’en doutez pas - elle part vers des conquêtes bien au-delà .
Dans le même temps, il était une danseuse qui a eu l’idée de créer un centre d’art alternatif dans une charmante station landaise, à Seignosse, et d’y attirer beaucoup d’élèves venus pratiquer des danses qu’ils inventent eux-mêmes au gré de leur fantaisie et de leur plaisir, pas tout à fait Steppin’, mais un peu... Elle a aussi été suffisamment passionnée pour retenir dans cette charmante station deux condisciples, Ophélie Bayeuil et Charlotte Duprat, et Tucker, un immense disc-jockey : La troupe Groovata était née.
Alors la marque s’est dit " ce serait bien si la troupe dansait dans les tenues que je crée et me donnait plus de
visibilité « et la troupe s’est dit » ce serait bien si la marque m’amenait à la rencontre du public qui pratique les danses dont je m’inspire ". Depuis, elles travaillent ensemble.
Le groove de Sophie. Sophie Nyss est à l’origine de l’aventure. Danseuse et chorégraphe, elle est spécialisée dans les danses actuelles et afro-américaines : hip-hop old school et new style, dancehall, reggaeton et l’electro-groove. Elle se dit autodidacte mais c’est plutôt qu’elle a butiné dans de multiples écoles plutôt que de se rattacher à une seule. Elle développe maintenant ses propres techniques et pédagogies. Rapidité, technicité, groove et sensualité sont les maîtres mots du centre d’arts alternatifs Planete Groovaton, qu’elle a créé dans les Landes et où se retrouvent danseurs, musiciens et autres artistes que « le moule dérange, que le groove démange et qui veulent du nouveau et du fun ». Sa troupe, dans ses démonstrations, stylise et synthétise les innombrables facettes de la streetdance, un débordement de vitalité, avec un engagement physique de sportifs de haut niveau et des prises de risques notables.
Chaque danseuse invente sa propre gestuelle, ce qui est le principe de base de la streetdance, mais avec l’appui du Dj, le groove s’installe, l’ensemble devient cohérent et même les torrents de violence apparaissent harmonieux.
Souhaitons que cette troupe qui est encore à ses débuts, reçoive dans la région et au-delà , un accueil à la mesure de son implication et de son énergie, que le public aquitain, à l’occasion des festivals de l’été, puisse apprécier son talent... et, pourquoi pas, qu’on les applaudisse, cet automne, à Evento. Ce nouvel événement, pendant plus d’une semaine, célébrera la ville au travers de créations urbaines inédites. Didier Faustino, le créateur franco-portugais choisi comme directeur artistique de cette première édition, pourrait penser à Groovatasound, d’autant que Luanda, capitale d’un Angola en pleine mutation mais phare des danses énergétiques, sera ville invitée.





















