La polémique des effets secondaires du vaccin contre la grippe A n’en finit plus. Et les interrogations augmentent d’autant que les cas avérés en France s’amoncellent.
La multiplication des indicateurs, des méthodes de calcul, des disputes entre officiels, médias et établissements scolaires pour savoir si le virus est arrivé avant le vaccin (prévu pour la mi-octobre) génère en tout cas une grande confusion.
Techniquement, le seul d’épidémie - qui concerne n’importe quel virus - vient d’être franchi en France. Ce seuil épidémique est déterminé en comparant le nombre de cas observés pour une semaine donnée, avec les mêmes semaines, sur les 20 dernières années. Selon l’Inserm, pour la semaine du 7 au 13 septembre, il y a eu plus de 160 cas pour 100 000 habitants, pour un seuil épidémique fixé à 84 pour 100 000.
Mais attention : l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) relève tous les cas de grippe, pas seulement ceux de grippe A. Un autre organisme, Sentinelles, qui comptabilise le nombre de grippes sur le territoire national, « ne prend pas en compte les cas de fièvre en-dessous de 39° ».
Plusieurs spécialistes lancent un appel pour éviter les confusions : « Les deux vaccins n’ont aucun rapport, mais protègent chacun de deux virus différents. Cette année, le H1N1 dominera. Mais celui de la grippe saisonnière sera actif, lui aussi ». Pour ceux qui veulent se faire vacciner, deux piqures différentes protégeant contre deux virus différents seront nécessaires.
Les Américains, eux, disposent déjà du vaccin car les tests dans leurs pays ont débuté plus tôt. On ne peut guère reprocher à nos laboratoires européens de vouloir boucler leurs propres tests, même s’ils ont débuté plus tard.
Faudra-t-il ou non se faire vacciner contre la grippe A ?
Le climat de méfiance dans la population fait voir à beaucoup d’un mauvais œil la course qu’ont engagé les laboratoires pour avoir un vaccin viable. Les Français craignent, comme cela avait été le cas pour l’hépatite, que le vaccin soit mis sur le marché sans aucun test sur le moyen-long terme.
Jean-François Delfraissy, directeur de l’Institut des maladies infectieuses au Kremlin-Bicêtre et coordinateur des recherches menées à l’Inserm sur le virus H1N1, interrogé par l’Express.fr, « compte se faire vacciner contre la grippe A dès que possible », et juge « le temps de réaction pour fabriquer le vaccin plus court, compte tenu de l’urgence, mais pas moins contraignant ». Il met en avant « l’expérience des labos, habitués à concevoir des vaccins anti-grippes qui se conçoivent exactement de la même manière que le vaccin anti-grippe A ».
Quant aux effets secondaires, « comme pour n’importe quel médicament - bien que le vaccin n’en soit pas un, des effets restent possibles. Surtout à cette échelle de vaccination, et notamment chez les porteurs de maladies auto-immunes ». Le directeur d’institut estime que « de tels risques concernent une personne vaccinée sur 1 million ».
Force industriels - tel que Michel-Édouard Leclerc, pouvoirs publics - hommes politiques, Roselyne Bachelot en tête, maires de communes - ont en tout cas communiqué sans retenue sur « leur » gestion du H1N1. Chacun montre une radicalité censée rassurer par rapport au laxisme général.
... Ce qui rend encore plus ardu la publication de consignes officielles, ce en attendant que les vaccins arrivent sur le marché.
A ce moment, on en saura peut-être plus sur les personnes à vacciner prioritairement. Si les membres du gouvernement en font partie, les doutes concernant ce vaccin diminueront sûrement !
Vous pouvez retrouver les consignes du CHU Bordeaux pour tout ce qui concerne le H1N1 en cliquant ici.















