« D’ici la fin de l’année, nous comptons ouvrir deux débats. L’un sur la possibilité, pour l’Union européenne, d’emprunter en son nom des fonds sur les marchés et de prêter aux pays membres. L’article 122 du Traité de Lisbonne lui en donne le droit. L’autre vise à créer un impôt communautaire : la solidarité européenne ne peut se renforcer que s’il on augmente le budget communautaire ». Invité du Club de la presse de Bordeaux, le député européen Alain Lamassoure n’a pas caché la difficulté de la tâche : « le débat sur le montant du budget européen et de son financement a été fermé en 2005 par les principaux pays contributeurs, notamment la France et l’Allemagne, lesquels ont exigé à l’époque que leur contribution au financement de l’Union ne dépasse pas 1% de leur PIB (produit intérieur brut). Et aujourd’hui, le budget européen n’est plus communautaire, il est national ! »
« Stupéfiant »
Un choix que les pays membres de l’Union sont sans doute en train de payer aujourd’hui. L’accouchement, au combien douloureux, d’un plan d’aide de 110 milliards d’euros à la Grèce, dont 80 milliards financés par les pays membres (la contribution française serait d’environ 16 milliards) a révélé l’impréparation des pays de l’Union à la gestion d’une telle crise. Une gestion très vivement critiquée par Alain Lamassoure.

- Au centre, Françoise Castex, Alain Lamassoure et Catherine Grèze étaient interviewés par Claudia Courtois, du Monde, et Stéphane Moreale, de Bordeaux Actu
- Photo Bordeaux Actu
« Je trouve stupéfiant qu’il ait fallu deux mois pour aboutir à un plan somme toute modeste : 30 milliards d’euros la première année, alors qu’il y a dix-huit mois les gouvernements européens se sont mis d’accord sur un plan de 1700 milliards d’euros pour le sauvetage des banques ! »
Le débat sur l’instauration d’une gouvernance européenne va donc ressurgir, sans doute dès le sommet des chefs d’État et de gouvernement le 7 mai prochain. La nouveauté est que les députés européens, quelle que soit la sensibilité politique, semblent d’accord pour promouvoir un renforcement de l’Union. Les députées Catherine Grèze, pour le Groupe Vert/ALE, et Françoise Castex, membre (Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen) de la Commission des affaires juridiques, invitées aux côtés d’Alain Lamassoure par le Club de la Presse de Bordeaux, ne disent pas autre chose. « Nous affirmons notre volonté de plus d’Europe, d’une harmonisation des politiques européennes, assure Catherine Grèze. Nous ne pouvons faire l’impasse sur la nécessité de constituer des fonds propres européens par la création d’un impôt spécifique ».














