Si tout le monde s’accorde à dire que le recyclage aurait du entrer dans les mœurs depuis longtemps, l’adopter aujourd’hui n’est pas chose facile. La preuve en sont les plaintes récentes des riverains sur les monticules de poubelles qui trainent devant les logements, odeurs comprises. Pas étonnant quand on sait que la communauté urbaine de Bordeaux, en charge de la collecte, tenait avant l’arrivée du tri à domicile, le rythme de six collectes par semaine.

- Le Comité Citoyen de Propreté présidé pour sa première réunion par Alain Juppé, et à sa droite, Jean-Louis David, adjoint à la propreté de la ville de Bordeaux
- PHOTO BORDEAUX ACTU - JONATHAN BENETEAU
Vendredi 12 juin, la ville de Bordeaux et son maire viennent d’amorcer une réponse à cette problématique actuelle. Aux côtés de Jean-Louis David, adjoint en charge de la propreté de Bordeaux, Alain Juppé a inauguré la première réunion du Comité Citoyen de Propreté, autour d’une trentaine d’acteurs sollicités pour le dossier. « J’ai confié à Jean-Louis David le soin de rendre la ville aussi propre que possible. L’année dernière [pendant la campagne des municipales], je me suis fait vivement interpellé par les habitants des quartiers. » C’est pour répondre aux colères et attentes des riverains que les élus ont rassemblé les présidents d’associations de riverains, de commerçants ou de militants, particuliers et professionnels autour du même sujet : le gestion des déchets.
Présentations faîtes, chacun a pu raconter sa propre expérience de quartier, et proposer des idées d’amélioration. S’y sont illustrés par exemple le président de l’association des riverains de Bordeaux, Stéphane Pusateri, qui se surnomme lui-même de « troublion d’Alain Juppé » pour les nombreux points de désaccord entre les deux hommes, Micheline Favreau Cerrato, présidente de l’association des commerçants de Bordeaux centre ville ou Stéphane Psomiadis, vice-président de la Ronde des Quartiers. Poubelles trop lourdes pour les personnes âgées, immeubles inadaptés pour loger en toute hygiène et esthétisme deux bacs par appartement, heures de ramassage dérangeantes, trottoirs envahis ou baisse de la fréquence de collecte impossible à suivre, les arguments parlent d’eux-mêmes.
Alain Juppé rétorque qu’il a obtenu un sursis de la communauté urbaine pour augmenter la fréquence de collecte à 4 fois par semaine. Le bac de tri à domicile est aussi passé de 35 à 50 litres.
Malgré la volonté des pouvoirs publics du tout recyclable, Alain Juppé constate que beaucoup de citoyens ne suivent pas les règles éthiques du tri des déchets. « Pour ceux qui peuvent mais ne veulent pas rentrer leurs poubelles alors qu’ils ont un garage, on va passer au stade de la répression. » dit le maire. Et pour les déchets dits professionnels, que les commerçants produisent, l’idée d’imposer un abonnement à la charge de l’entreprise pour nettoyer les déchets volumineux n’est pas exclue.
Au final, toute est question de civisme. Une habitante du groupe de réflexion s’exprime à ce sujet : « je trie depuis 20 ans. Résultat : je ne produis qu’un sac de 50 litres par mois pour les ordures non recyclables ».
Avant d’annoncer les prochaines réunions plénières du 2 juillet, 3 septembre et 6 octobre du Comité Citoyen de Propreté , Alain Juppé ne cache pas l’avenir vers lequel se dirige les collectivités : « on paiera probablement en fonction du nombre de kilos de déchets que l’on produit ». Profitons des forfaits, la taxe au kilo arrive.















