1/ Bordeaux Actu : Quelle est votre réaction au lendemain de la diffusion de l’émission « Les Infiltrés » où on entend notamment un enseignant de l’école catholique traditionaliste hors-contrat qualifier le Général de Gaulle de « déserteur » tout en soulignant que « le maréchal Pétain a fait beaucoup pour la France » ?
Jean-Louis Nembrini : Ces propos sont en contradiction avec les valeurs de notre République. Ce qui est ici en cause, ce sont les valeurs de l’école, de l’instruction.

- Le recteur Jean-Louis Nembrini : la procédure règlementaire est en cours
- Photo Bordeaux Actu - Bernard Lamarque
L’inscription à une école n’est pas obligatoire, ce qui l’est c’est la qualité de l’instruction : il s’agit de donner aux enfants un socle commun de connaissances. Dans le cas de l’école Saint-Projet, on est dans des propos inadmissibles, pénalement répréhensibles.
2/ Bordeaux Actu : L’école a-t-elle fait l’objet d’un contrôle ?
Jean-Louis Nembrini : L’école a été contrôlée fin mars. Un rapport a été remis. Un nouveau contrôle sera effectué, conformément à la procédure. Un établissement hors contrat est placé sous un contrôle différent de celui des établissements sous contrat. Il s’agit d’aller voir si les enfants sont en situation d’acquérir les connaissances et compétences définies dans les programmes : maîtriser la langue française et les langues étrangères, les mathématiques et les sciences, ainsi que des connaissances concernant l’instruction civique, les droits de l’Homme, le principe de laïcité, les valeurs de la République.
3/ Bordeaux Actu : Quelles sont les conclusions du rapport ? Confirme-t-il les éléments du reportage de France 2 ?
Jean-Louis Nembrini : Ce reportage est court. L’Éducation nationale ne peut s’appuyer dessus pour se prononcer. Il faut être froid et raison garder. Ceux qui ont ouvert cette école avait le droit de le faire. Le rapport a été remis à la directrice de l’école. Je ne peux entrer dans les détails, mais le rapport mentionne quelques insuffisances (erratum : de graves manques ou insuffisances) dans l’enseignement de l’Histoire et des sciences. Les propos tenus par l’enseignant dans le reportage ne se retrouvent pas cependant dans les cahiers scolaires des élèves.
4/ Bordeaux Actu : L’école Saint-Projet pourrait-elle fermer ?
Jean-Louis Nembrini : Nous sommes au début d’une procédure. Certes, nous sommes sous le coup de ce reportage, profondément choqués. Mais laissons la procédure suivre son cours. Les responsables de l’école vont devoir répondre aux remarques formulées dans le rapport. Il ont un certain délai pour le faire. Puis il y aura un deuxième contrôle. Si tout n’est pas alors rentré dans l’ordre, le dossier pourra être transmis au procureur, et les parents tenus d’inscrire leurs enfants dans un autre établissement.















