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le vendredi 5 juin 2009

DEVELOPPEMENT DURABLE | MERIGNAC | Le Gaz Naturel pour Véhicules a de l’avenir à Mérignac

Le Gaz Naturel pour Véhicules, connu sous l’acronyme GNV a le vent en poupe en Gironde. Ce vendredi 5 juin, à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, la ville de Mérignac a inauguré une station de gaz et 11 véhicules roulant au Gaz Naturel pour Véhicules.

Parmi les carburants alternatifs, le GNV fait bonne figure. D’abord, pour sa simplicité : composé à 97% de méthane - ce fameux gaz naturel que produisent la plupart des êtres vivants - a une structure moléculaire simple, un atome de carbone et quatres atomes d’hydrogène (CH4). Conséquence : point de particules, très peu de protoxydes d’azote et 24% d’émission de CO2 en moins. C’est mieux pour la planète et notre santé. En fait, il ne s’agit ni plus ni moins que du gaz de ville utilisé pour la cuisine et le chauffage des particuliers.

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M. Chapoulie, responsable du service technique de Mérignac, inaugure le premier plein au GNV
PHOTO BORDEAUX ACTU - KARLA ARIAS

Depuis la découverte du gisement de Lacq, dans les Pyrénées Atlantiques, l’Aquitaine a développé cette énergie pour les bus ( il y en aurait plus de 2000 en France aujourd’hui) et les BOM, les bennes à ordure ménagères (au nombre de 750). Mérignac va plus loin aujourd’hui, puisqu’elle vient d’inaugurer un station de compression au GNV pour les véhicules type utilitaire, dans laquelle pourront se fournir onze de ses élus et de ses agents. En pratique, l’utilisateur équipé d’un véhicule à bicarburation essence-GNV devra faire le plein au Centre Technique de la ville, 6 avenue de la Grange Noire, à l’aide d’un pistolet ressemblant à s’y méprendre à celui d’une pompe à essence. Livré par Gaz de Bordeaux, le gaz naturel est compressé à 200 bars avant la distribution, ce qui permet un remplissage du réservoir de la voiture en 2 minutes chrono. L’essence joue aussi un rôle dans l’allumage et le gaz prend le relai. Et c’est parti pour 300km, sans contrainte de chargement par rapport à l’électrique. « Si l’on prend le bilan carbone du GNV dans sa totalité, on est gagnant » explique Pierre Girard, l’élu de Mérignac en charge des énergies renouvelables. « Contrairement aux autres produits pétroliers, ce gaz, puisé pour la France en Algérie, Russie ou Mer du Nord, ne subit pas de raffinage ». Gérard Mazeau, ingénieur au Gaz de Bordeaux va plus loin dans l’argumentation : « Les méthaniers d’ailleurs démarrent au fuel et enclenchent le gaz une fois lancés ».

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De gauche à droite, Eric Manzeno, Gérard Mazeau et Michel Hosteins, respectivement directeur général, ingénieur et chargé des relations avec les collectivités au Gaz de Bordeaux
PHOTO BORDEAUX ACTU - KARLA ARIAS

Au final, pour les élus de la ville de Mérignac et les responsables de Gaz de Bordeaux réunis ce matin, le GNV se place en tête des énergies de demain alternatives au pétrole. « St Aubin et St Laurent de Médoc sont déjà équipées de petits compresseurs alimentant 4 ou 5 véhicules » explique Michel Hosteins, chargé des relations avec les collectivités au Gaz de Bordeaux. « Sur la C.U.B., Bruges et Le Bouscat sont en cours d’acquisition, Bordeaux y réfléchit, et la rive droite - à savoir Lormont, Cenon et Floirac - attendent l’installation d’une station Quais de la Souille en octobre ». Autant dire que 2009 est l’année du GNV pour les municipalités. Pour le public, il existe bien une station sous le pont d’Aquitaine. « On y voit allemands et hollandais se fournir » avoue Michel Hosteins. C’est un bon plan pour les voyageurs équipés de la cartographie des stations ( disponible sur le site de l’Association Française du Gaz Naturel pour Véhicules ). A ce propos, Gérard Mazeau connait la réponse de l’Etat français à la question du lancement des voitures grand public au GNV : « La France ne veut pas lancer leur commercialisation parce qu’il n’y a pas assez de points de ravitaillement. Pourtant en Aquitaine, on pourrait rouler au gaz, avec les stations de Bordeaux, Bayonne, Aire-sur-adour et Agen ». Et quand on demande à l’ingénieur comment il voit l’avenir : « Les réserves de gaz s’épuiseraient dans 80 ans, même si d’autres ressources sont soupçonnées. D’une part les biogaz pourraient prendre le relai - les gaz formées par la décomposition de nos déchets végétaux, d’autres part d’autres énergies sont viables quand elles sont combinées au gaz naturel - l’électrique, le solaire et les biocarburants en tête ». Rendez-vous dans quelques années, quand le GNV sera disponible en pile à combustible.

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