Georges Wilson, le père de Lambert, géant parmi les grands acteurs de notre époque plus ou moins décadente, méritait plus que quelques minutes d’antenne à la radio ou à la télévision, la presse écrite ayant été davantage à la hauteur de l’hommage légitime que devait avoir ce monsieur, comédien dans l’âme.
Une stature hors du commun, un visage taillé à la serpe, une voix quelque peu éraillée remplie de cette sensibilité perceptible lorsqu’il interprètait des rôles si délicats qui nécessitent tant d’énergie, de travail, de métier.
A l’école de ceux formés par les Dullin et Jouvet, Georges Wilson a su, à son tour, lors de ses très nombreuses mises en scène, diriger en maître, les plus grands acteurs et actrices de son siècle : de Madeleine Renaud, Edwige Feuillière à Suzanne Flon, d’un Jacques Dufhilo à François Périer ou Claude Rich toujours très présent sur les tréteaux.
Que retiendrons-nous de cette carrière consacrée toute entière au métier d’acteur, de metteur en scène, de directeur de théâtres dont le T. N. P (théâtre national populaire) après le grand Jean Vilar côtoyé au festival d’Avignon auquel il participa si souvent et si magnifiquement.
Tous les personnages des grands auteurs classiques ou contemporains ont été incarnés par ce comédien hors pair et les pièces mises en scène l’ont été avec brio, intelligence, un savoir-faire inégalable.
Interprète dans de nombreux films et productions télévisées, Georges Wilson lègue un héritage pour les générations à venir et demeurera une référence immuable.
Souhaitons que des actrices, des acteurs actuels et futurs puissent s’inspirer de sa carrière, de sa rigueur et de la dimension de son répertoire.
Immense talent, géant de sa génération, exigeant, généreux, ce grand monsieur du théâtre laissera des traces indélébiles au firmament des étoiles qui brillent davantage lorsqu’elles se sont éteintes.
Salut l’artiste, la France perd un de ses monstres sacrés. L’hommage n’a pas éte à la hauteur que l’on aurait pu espérer pour cette acteur qui a marqué pendant plus de 60 ans son temps et plusieurs générations, en s’identifiant au théâtre qui fut sa raison d’être pendant toute sa vie.
A l’image de Georges Wilson, Beaumarchais disait :
" Le théâtre est un géant qui blesse à mort tout ce qu’il frappe".














