« Autant quand on nous demande de dessiner une maison, on va représenter un carré avec un toit pointu, autant j’ai l’impression que de plus en plus on est amené à trouver le confort ailleurs ». C’est l’avis de Cédric Martineaud, le scénographe des conteneurs, chargé de créer la structure globale du projet. Dessinés cet été, et réalisés par les étudiants en seulement trois semaines – ils étaient 53 sur le montage et 30 de plus en renfort les deux derniers jours – les 14 conteneurs du Hall 1 de Conforexpo ont la vedette de ce début de salon. Déclinée en quatre styles et abordant quatre thématiques– urbain-écolo, ralentir pour mieux vivre, retour à la ferme, et maison ouverte et familiale, la maison familiale reprend l’idée d’un module individuel, où l’on dort, où l’on s’isole et d’un espace central et collectif, que l’on partage avec la famille, et les résidents des conteneurs voisins. Ikea, qui se veut exemplaire en matière de propreté, a financé les 12 000€ de meubles – ceux-ci seront d’ailleurs offerts à la Banque Alimentaire et sa Maison du Partage après le salon, et Cendrine Dominguez, a apporté les tendances de demain aux étudiants. L’animatrice croit en l’intérêt énorme de changer la configuration de notre habitat dans les années à venir. « C’est l’idée que l’on pourrait vivre dans un logement recyclé, écologique, et égologique, c’est-à -dire, en pensant à l’être humain en collectivité avant tout ».

- Olivier Brochet, architecte, et Thierry Oblet, sociologue commentent le projet des conteneurs
- Photo Bordeaux Actu - Jonathan Beneteau
Selon Thierry Oblet, sociologue et maître de conférence à l’université Bordeaux 2, « les sociétés humaines n’ont pas toujours souhaité vivre autrement ». Ce qui apparait comme un des temps forts de cette édition de Conforexpo serait donc apparu en même temps que la modernité. Vivre autrement, c’est pour les gens de notre société, accéder à un certain confort, et plus on avance dans le temps, plus nous tenons à personnaliser ce confort. Thierry Oblet parle à ce sujet des nouvelles manières de consommer. Effectivement, la consommation a permis à certains individus d’envisager un peu d’exister, en revanche ce mode de vie s’est fait selon un certain modèle dicté par les industriels.
Allons dans ce sens, Olivier Brochet , éminent architecte bordelais était là pour commenter l’avis du sociologue sur la société de consommation actuelle : « Aujourd’hui, personne n’arrive véritablement à décider des règles et normes de son habitat. On hérite de ce qu’ont imposé les règles collectives de confort ». Et pour l’architecte, les générations futures ne veulent plus de cela. « Il est tout à fait possible d’annuler les règles que nous dictent les constructeurs d’aujourd’hui ». Pour Olivier Brochet, le grand enjeu, c’est de faire en sorte que les gens vivent ensemble, dans des espaces non confinés collectifs – par exemple la cuisine ou la buanderie avec à leur disposition des cellules individuelles, comme la chambre et les sanitaires. « Finalement, c’est vieux comme le monde, cette répartition ! »

- Cendrine Dominguez, la conseillère tendances du projet « Vivons autrement »
- Photo Bordeaux Actu - Jonathan Beneteau
Pour Carine Obertan, architecte intérieure d’Ikea France, « Vivre autrement pour changer, changer pour changer, sans but précis, ça ne mène pas très loin ». En revanche, si l’on doit « vivre autrement, au sens d’aménager autrement, parce qu’il y a une vraie problématique donnée », l’enjeu est de taille à changer ses habitudes. Tout changement entraînant des concessions, comment ne pas en souffrir ? C’est tout le travail de l’architecte, qui réfléchit à l’agencement d’une pièce, l’ergonomie de l’espace. Mais changer d’habitudes profondes, comme le type de logement et son intérieur, ne devrait pas être aisé de si tôt...
Les conteneurs sont à découvrir à Conforexpo. Hall 1, Allée D7, jusqu’au 15 novembre 2009
















