Roberto Rosetti, Howard Webb, Massimo Busacca, Peter Fröjdfledt, Manuel Mejuto... ces noms ne vous disent surement rien. Ils font partie de l’élite mondiale des arbitres de football. Et après avoir vu Kill the Referee (mollement traduit chez nous par Les Arbitres), vous risquez sûrement d’y réfléchir à deux fois avant d’invectiver l’homme en noir. Que vous soyez au stade... ou devant votre télé.
Distribué pour l’instant uniquement en France et en Allemagne, ce documentaire a été tourné durant l’Euro 2008, qui a vu la victoire finale de l’Espagne.

- Grégory Sertic (à droite), le jeune international espoirs des Marine-et-Blanc, est venu au Gaumont Talence découvrir ce film atypique sur les arbitres avec son amie
- photo Bordeaux Actu - Jérôme Perrot
Pierluigi Collina, le plus populaire des arbitres de football qui ait jamais exercé, ne s’y trompe pas en évoquant ce film : « C’est quelque chose que vous n’avez jamais vu auparavant. Lorsque vous le regardez, vous comprenez réellement ce qu’il se passe de l’autre côté ».
On ressent, pour sûr, la tension de ces hommes de loi du jeu, dans de courtes séquences au dialogue acéré et à la caméra embarquée. C’est, à dire vrai, le seul intérêt de ce documentaire, tout entier réalisé dans l’unique but pédagogique d’humaniser les arbitres, et de servir la cause de Michel Platini, ancien joueur et président de l’union européenne de football.
Pour preuve, les passages complaisants dans le documentaire où l’ancien capitaine de l’équipe de France y déroule sa thèse, se faisant passer pour le seul joueur de football qui comprenait les arbitres.
On est bien loin des polémiques qui secouent actuellement le monde de l’arbitrage footballistique français, notamment après la parution du livre de l’ancien arbitre Bruno Derrien.
Grégory Sertic : « surpris de m’être reconnu dans le film ! »
Mais quelle cause au juste défend Michel Platini ? L’arbitrage de football, qui doit « rester humain » et ne pas passer à la vidéo. « Un avis partagé par Laurent Blanc », expliquait ce matin le jeune milieu de terrain offensif des Girondins de Bordeaux Grégory Sertic : « L’arbitrage vidéo ne fait pas partie des sujets qu’on aborde entre joueurs. Personnellement, je ne suis pas trop pour. Par contre, à la fin de chaque match, quand il y a besoin, notre capitaine Alou Diarra va voir l’arbitre pour lui expliquer les fautes qu’il n’a pas vues... mais gentiment hein ! ». Le rugby lui, est un sport dont les instances paraissent plus réactives : ils s’aident déjà de la vidéo pour améliorer leur arbitrage.
Mais force est de reconnaître que Les Arbitres a le mérite de parler du rôle unique que joue l’arbitre sur le terrain, comme même les sportifs ne pouvaient le percevoir.

- Ici, un extrait du film. Howard Webb (à droite), arbitre international anglais, a reçu des menaces de mort après avoir sifflé un penalty controversé, lors du match de l’Euro 2008 Autriche-Pologne
- photo officielle Kill the referee
D’évoquer la compétition interne entre les hommes en noir, et l’aspect vie familiale et émotive de chacun. Grégory Sertic a été « surpris de se reconnaître dans le film, dans la peau du héros suivi depuis tout petit par son père, ce qui est mon cas. Je pense que je verrai les arbitres différemment maintenant », a expliqué le footballeur, dont le club rêvé n’est autre que le Real Madrid.















