Le soleil est de retour et les bordelais retrouvent le chemin de l’océan ou celui du Bassin, c’est selon. Lacanau ou Pyla, Andernos ou Gujan, heureux pays qui peut s’offrir d’hésiter entre de telles destinations.
Le Cap-Ferret est un peu plus éloigné. Cela a son importance en ces temps de carburant onéreux. A ses attraits traditionnels, il s’en est ajouté un, il y a quelques mois. Pascal Bataille, l’animateur de télévision bien connu, célèbre parce que « Ya que la vérité qui compte » y a créé« Coté Sable », un hôtel de charme. Il n’y dit plus « Ya pas photo » car justement photos il y a. L’hôtel devient, hors Bordeaux, un point de ralliement des amateurs d’art photographique.
En phase d’installation, l’hôtel a fait appel, l’été dernier, à la Galerie Wanted Paris pour la programmation. Passée la pose hivernale, il présente, coup sur coup, deux artistes originaux choisis par le maître des lieux.
Gilles d’Auzac : abstraction de sable. L’exposition en cours fait découvrir une nouvelle face du talent de Gilles d’Auzac. Installé sur le Bassin, l’artiste s’intéresse à celui-ci depuis ses premières œuvres, cela nous a valu un fort beau « Bassin d’Arcachon, mer fertile », puis il s’est plu dans l’univers du vin, photographe attitré de « In Vino Veritas », excellente revue belge, en même temps que pédagogue, chantre des gestes maitrisés, apôtre des arômes et senteurs, dans un livre réalisé en collaboration avec Jean-Claude Berrouet, oenologue combien charismatique du Château Petrus.
Le Maroc a été, semble-t-il, un tournant. Certes, il s’agit d’abord d’une moisson de photos de voyages, telles que les recherchent National Geographic ou Géo, mais à y regarder de prés, on trouve une photo derrière la photo. Cette seconde lecture perçoit une œuvre plus préoccupée de recherche graphique que d’exotisme. La scène de rue s’estompe derrière la juxtaposition de surfaces dont les couleurs dialoguent entre elles.
L’exposition de l’hôtel Coté Sable poursuit cette évolution et le « Langage des Sables » relève, dans sa partie la plus intéressante, de l’abstraction lyrique. La trentaine d’œuvres exposées se repartit équitablement entre noir et blanc et couleur. Les premières semblent de facture plus ancienne, certaines rappellent des formes et le grain du sable – dans ses deux sens – joue un rôle essentiel, mis en valeur par les subtiles nuances du gris.
Tel n’est plus le cas des photos couleur, mise à part – choix pas nécessairement heureux - celle utilisée pour l’affiche.
Le lecteur perd ses repères. Le sable, l’eau et la lumière se confondent en une chaude harmonie. L’oeil s’enchante et l’esprit vagabonde. Un rêve en bord de mer.
Christian Braut : initiation au Panoramique. Quelques semaines avant, l’exposition de Christian Braut nous avait permis de voir, à propos du Bassin d’Arcachon, ce que sont des œuvres « panoramique 360° ». Un prochain article présentera cette technique qui fait largement appel à l’informatique pour reconstituer une image sphérique puis pour la remettre à plat au prix d’une déformation des pourtours.

L’artiste lui même, fort éclectique puisque musicien et informaticien, créateur de site web et concepteur d’instruments de musique, auteur-compositeur-interprète en même temps que photographe panoramiste, doit se plaire dans cette haute technicité artistique, d’autant qu’il avoue la corriger parfois de quelques aléas personnels.
Le résultat est passionnant, du fait de la beauté des photos – c’est bien le moins – dont il faut souligner la qualité des lumières que celles-ci soient intenses ou crépusculaires, mais surtout en raison des deux manières dont on peut approcher les œuvres, soit reconstituer l’environnement du photographe avec, au centre de la photo, ce qu’il pouvait voir et, sur les bords, apparaissant déformés, ce qu’il ne pouvait pas voir puisque situé dans son dos, soit se laisser emporter par la déformation qui s’introduit progressivement depuis un centre parfaitement réaliste jusqu’aux extrémités démesurément allongées.
La photo ci-contre illustre la chose : prise lors du vernissage, derrière l’artiste – toujours chapeauté, autre originalité - on voit une de ses œuvres. Il faut imaginer le photographe sur l’escalier de la cabane, regardant celle-ci. Elle est en centre de photo tandis que que fuyant sur la droite on retrouve le début d’escalier qui, dans la réalité, se trouvait derrière le photographe.
Un Pôle photo.
D’autres expositions suivront, Pascal Bataille juge que le Bassin est encore mal doté en lieux où des photographes talentueux peuvent faire connaître leurs œuvres et rencontrer leur public, parmi lequel – pourquoi le cacher – des acheteurs qui se feront plaisir tout en contribuant à l’éclosion des talents. L’hôtel Coté Sable remplira, on l’espère, cette fonction.
Si vous êtes photographe au talent déjà reconnu mais par un public que vous jugez trop restreint, c’est le moment de vous faire connaître. Pourquoi ne seriez vous pas d’une prochaine exposition Coté Sable ?
Afrika Salsa boulevard en fête.
Salsa Africa anime Pessac ce samedi 2 mai dans le but de recueillir des fonds en solidarité avec le village s de Dekhole Taredji, au Sénégal. La fête se poursuit, dimanche 3 après midi au Cap Ferret, sans lien direct avec la photo ni avec l’hôtel mais devant celui-ci, boulevard de la Plage. L’occasion, pour qui ne craint pas les embouteillages de retour, de concilier plage, danse et art.


















