Bordeaux est dans la lumière ... et s’y plaît. Toute la semaine, en Aquitaine, on parle laser, on fête l’invention et, les 18 et 19, le second « Invest in photonics » place Bordeaux au cœur des circuits décisionnels pour ce secteur industriel, essentiel dans le monde actuel et, beaucoup plus encore, dans celui de demain.
Toujours en pleine croissance, le cinquantenaire
Spectaculaire, Bordeaux s’en souvient, la pose, toute virtuelle, de la première pierre du futur pont levant, en décembre dernier. Elle était illustrée par un jeu de lasers visualisant dans l’espace les fameux piliers ainsi que le tablier à venir.
Peu d’inventions marquent nos vies par des usages aussi multiples et essentiels que les lasers. Pas besoin d’une énumération fastidieuse, chacun a les exemples en tête. D’autant moins besoin que pour un panorama exhaustif, le site de la Semaine du laser en Aquitaine s’impose.
Ce sont les 50 ans du laser que l’on commémore. Seulement 50 ans mais combien d’applications, innombrables. L’idée a presque un siècle mais que de travaux, que de recherches, avant qu’elle se matérialise. C’est donc le 16 mai 1960 que le physicien américain Théodore Maiman obtient pour la première fois une émission laser au moyen d’un cristal de rubis. Le principe en avait été décrit dès 1917 par Albert Einstein et sa concrétisation doit beaucoup aux travaux d’Alfred Kastler.
Un secteur porteur pour l’Aquitaine
Naturellement, en Aquitaine, nous savons que nous sommes, un peu plus que les autres, concernés par les lasers.
Mégajoule, batterie de lasers ultrapuissants et substitut des centres d’expérimentation nucléaire, est une source d’activité considérable pour les entreprises, pas seulement de Btp, qui construisent cet équipement.
A ses cotés, mais avec peut-être moins d’interrelations qu’on l’imagine parfois, ALPhA- Route des lasers suscite, selon la pratique des clusters, les synergies entre recherche et industrie. Labellisée Pôle de Compétitivité depuis 2004, la structure associe 70 entreprises en majorité Pme (normal puisqu’il s’agit souvent d’industrialiser des fruits de la recherche), 14 centres de recherche et 11 centres de formation. Cet acteur a de quoi susciter progressivement une dynamique entrepreneuriale dotant la région d’un nouveau secteur industriel.
L’excellence de la recherche
Ce que l’on connaît moins, c’est l’excellence de la recherche aquitaine. Dès l’entre deux guerres, les physiciens bordelais spécialistes de l’optique jouissaient d’une grande réputation, Pierre Dauré ou Auguste Rousset, sans oublier, élève du premier et mentor du second, Alfred Kastler, titulaire de la chaire de physique générale de 1938 à 1941, qui posa à Bordeaux les fondements de son œuvre scientifique. Elle lui vaudra le Prix Nobel de Physique en 1966
Les successeurs font honneur aux anciens au sein de nos laboratoires, ainsi le Celia (Centre lasers intenses et applications) et le Cpmoh (Centre de Physique Moléculaire Optique et Hertzienne).
Juste une citation pour faire le pont entre ces deux époques : Les travaux coécrits à la fin des années 1970 par André Ducasse et Bernard Couillaud. André Ducasse, professeur à Bordeauxn, directeur général de SupOptique au tournant du siècle, est maintenant président de l’Association ALPhA, structure de gouvernance du Pôle de compétitivité Route des lasers, tandis que Bernard Couillaud, parti aux Etats-Unis et dans l’industrie après avoir été professeur à Bordeaux, longtemps haut responsable chez Coherent, leader mondial pour la fabrication de lasers, est maintenant président d’Oclaro, un des leaders pour les innovations technologiques dans les industries de la photonique. Il assume la présidence du Comité d’organisation d’Invest in Photonics.




















