Bordeaux Gironde Actu : Tu viens d’Amérique et tu es mannequin à Bordeaux. Expliques nous comment tu es passée de Saint-Domingue à Bordeaux et comment tu es devenue mannequin.
Suany : Je suis née en République Dominicaine et j’ai vécu entre Saint-Domingue et les États-Unis. Je suis venue en France pour des raisons familiales, mon mari étant nommé à Bordeaux... et oui, il y a des mannequins mariées et même ayant des enfants, la presse people en parle à l’occasion.
L’activité de mannequin
J’ai commencé le mannequinat parce que Robert Flores, un créateur de mode très célèbre à Saint Dominique m’a remarqué et m’a demandé de travailler avec lui. J’avais déjà une expérience des défilés dans les élections de reine de beauté.
Bordeaux Gironde Actu : Qui s’adresse à toi comme mannequin et comment te connaissent-ils ?
Suany : Je travaille avec presque toutes les grandes marques habituées aux manifestations de prestige à Bordeaux. Le mannequinat de qualité, finalement, est un petit milieu où celles qui sont sérieuses et travaillent bien sont vite connues. La plupart de mes clients m’ont contactée par le biais des agences de mannequins. C’est principalement Bossa models qui me présente. C’est une agence du Grand Sud-ouest. Elle fait partie d’un groupement plus ou moins informel d’agences de Paris et de Province. Ce qui me conduit à être présentée dans toute la France.
Bordeaux Gironde Actu : Est ce une activité qui te prend beaucoup de temps ?
Suany : Oui, c’est un travail qui me prend beaucoup de temps mais qui me donne également la possibilité d’organiser mon temps. C’est ce qui me permet d’être simultanément artiste maquilleuse.
Bordeaux Gironde Actu : Tu es ce que, dans le métier, on appelle une black. Est-ce un handicap ?
Suany : Je ne le ressens pas. Tout comme il y a des blondes, rousses, brunes, et métisses... il faut différents types de mannequins...
Bordeaux Gironde Actu : Quel est ton meilleur souvenir de mannequin ?
Suany : C’est un défilé de mode pour un peintre espagnol. Son idée était très sympa. Nous étions vêtues de robes blanches. Il les a peintes devant le public. Je me suis retrouvée telle une Å“uvre d’art vivante.
Bordeaux Gironde Actu : Quels conseils pour une jeune bordelaise qui souhaite être mannequin ?
Suany : Il faut avoir une grande personnalité, ne pas être influençable, savoir qui l’on est encore plus que ce que l’on veut, être disciplinée, se respecter et respecter son image. Il faut aussi, parfois, savoir être modeste, respecter ceux avec qui on travaille et connaitre leurs contraintes.
Bordeaux Gironde Actu : Quels sont les photographes avec qui tu aimes particulièrement travailler pour la mode ?
Suany : A Bordeaux, Modaliza. Une très talentueuse photographe.
Le maquillage d’art
Bordeaux Gironde Actu : Les carrières de mannequin sont brèves. Tu prépares ta reconversion. Pourquoi avoir choisi le maquillage ?
Suany : Le make-up a toujours été ma passion. Je viens d’un pays où les femmes sont très charmantes. Nous aimons le maquillage et prendre soin de notre peau. Travailler dans ce milieu m’a aussi amenée à développer mon côté artistique. A travailler les harmonies et l’imagination raisonnée.
Bordeaux Gironde Actu : Envisagerais-tu d’autres activités artistiques, peintre ou plasticienne ?
Suany : Plus tard, pourquoi pas ? Pour l’instant je n’ai pas encore fait le tour de toutes les possibilités du maquillage d’art.
Bordeaux Gironde Actu : Comment t’es-tu formée ? comment exerces-tu ?
Suany : J’ai d’abord obtenu le diplôme de l’école d’esthétique Cécile Briat à Bordeaux. Puis j’ai suivi la formation de maquillage professionnel d’Annie Lay Bardon, chef maquilleuse à l’Opéra National de Bordeaux et directrice artistique de Soling make up school Moscou.
J’ai commencé par une activité avec les particuliers (mariages, anniversaires, événements, cours d’auto-maquillage). J’ai une bonne base de formation et les contacts nécessaires pour progresser dans le milieu professionnel. Cette semaine, j’ai signé mon premier contrat comme artiste maquilleur officiel d’une grande marque, Decathlon.
Bordeaux Gironde Actu : Comment vois-tu ta carrière future ?
Suany : J’ai confiance. J’ai l’expérience d’avoir travaillé avec des professionnels dans le milieu de la mode.
Reine de beauté en Amérique latine
Bordeaux Gironde Actu : Avant d’être mannequin à Bordeaux, tu as été reine de beauté en Amérique Latine. Qu’est-ce être Reine de Beauté là -bas ?
Suany : J’ai gagné plusieurs titres. Le plus important, Miss République Dominicaine Earth, m’a permis de participer à Miss Earth International, en 2003 a Manille (Philippines). Cela m’a fait voyager et rencontrer beaucoup de gens. Après, j’ai organisé des défilés pour des organismes qui collectent des fonds destinés aux orphelinats de la République Dominicaine.
Une Reine de beauté reçoit de multiples récompenses lors de son élection, en cadeaux et en prix, mais surtout suite à l’élection. C’est un vrai travail qui procure une rémunération. C’est aussi, en Amérique latine, la possibilité d’œuvrer pour améliorer la société, dans l’humanitaire ou dans l’environnement. Les reines de beauté sont des ambassadrices des causes qu’elles défendent.
En venant en France, j’ai du arrêter les activités caritatives et ça me manque. Ici, j’aide à la Croix rouge mais j’aimerais susciter, depuis Bordeaux, une action pour aider les enfants dans mon pays. J’espère le faire bientôt si d’autres personnes s’y intéressent.
Bordeaux Gironde Actu : Dans l’organisation et dans le prestige qui en découle, est-ce l’équivalent de nos miss ? Mieux ?
Suany : Les deux n’ont rien à voir. Une reine de beauté est mieux vue d’où je viens qu’ici. Nous avons une « Maison de reines » très structurée pour l’organisation des élections et l’appui à la carrière de celles qui sont élues, une grande équipe d’organisation, de multiples voyages culturels, c’est un vrai travail.
Nous nous engageons dans des partenariats à but caritatif. Etre reine aide beaucoup, car le titre ouvre de nombreuses possibilités pour des bourses d’études, pour trouver un bon emploi. Les reines sont des célébrités dans mon pays.






















